31.1.11

La Pop-Pouffe de janvier




Tu sais, mes cornichons, je me demande comment ce bloug va survivre à cette décennie, si je continue à poster de l'article au rythme de tous les 36 du mois. Je continue à m'auto-flageller tous les matins, tu penses bien, mais rien n'y fait : je gère mon emploi du temps comme une merde, et je ne me consacre au bloug que tous les quand je peux. C'est à dire jamais.


Comment le vis-tu, toi ?


C'est que ça fait un bail que je n'ai plus eu de mails de plaintes, de commentaires désabusés ou de SMS de menaces. Je commence à m'inquiéter. Faute d'actions violentes pour me faire revenir ici, je vais donc m'en tenir à la ligne éditoriale minimale, en profitant de ce dernier soir du mois pour pondre, en urgence, la Pop-Pouffe de janvier.

23.1.11

Les César 2011, pour se consoler des NRJ Music Awards

Mes alambics, c'est avec le cœur serré que je poursuis mon exploration vertigineuse des cérémonies de récompenses pompeuses, avec le succès que l'on sait (y'a qu'à voir comment tu as rien commenté sur les NRJ Music Awards) (je te comprends). Aujourd'hui, et un an après avoir joué le jeu des pronostics pour les César 2010, on attaque donc les César 2011, qui seront présidés par une de mes idoles (Jodie Foster) le 27 février prochain. Et pour commencer, on se surprend à remarquer l'absence dans les catégories reines des Petits Mouchoirs de Guillaume Canet, gros succès (un peu exagéré, mais bon, gros succès quand même) en salles. La goutte au nez de Marion Cotillard ne lui rapportera pas un second César de la meilleure actrice, quel dommage.




Meilleur Film



L'arnacoeur de Pascal Chaumeil
Des hommes et des dieux de Xavier Beauvois
Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar
Mammuth de Benoît Delépine et Gustave Kervern
Le nom des gens de Michel Leclerc
The Ghost-Writer de Roman Polanski
Tournée de Mathieu Amalric

Le Beauvois et le Amalric (très très apprécié du milieu professionnel, Amalric) partent avec deux ou trois longueurs d'avance sur leurs poursuivants. Je pense que ça va se jouer entre eux. Ayant personnellement été très remué par Des hommes et des dieux, je miserais sur celui-ci. Notons qu'on a décidé de starfucker Roman Polanski en souvenir du Pianiste, mais que ça nous aurait arraché la gueule de nommer Ewan McGregor ou Pierce Brosnan pour leurs compositions dans le film.


Meilleur Réalisateur



Mathieu Amalric pour Tournée
Olivier Assayas pour Carlos, le film
Xavier Beauvois pour Des hommes et des dieux
Bertrand Blier pour Le bruit des glaçons
Roman Polanski pour The Ghost Writer

Là, pour le coup, c'est indécis. On est très très contents d'avoir pécho un Golden Globe grâce à Carlos, mais on a Beauvois, Amalric et Polanski sur le feu, alors... Je pense que Mathieu Amalric a de bonnes chances. Deux César du meilleur acteur et un César du meilleur réalisateur, ça aurait de la gueule, dans le genre "Hey, les autres pays, regardez, on a un génie, chez nous !". Je regrette, comme souvent, l'absence de François Ozon, que l'Académie déteste cordialement.



Meilleur Acteur



Gérard Depardieu (Mammuth)
Romain Duris (L'arnacoeur)
Eric Elmosnino (Gainsbourg (vie héroïque))
Jacques Gamblin (Le nom des gens)
Lambert Wilson (Des hommes et des dieux)

Gérard Depardieu, dans son film intello-zarb, va-t-il nous faire une Yolande Moreau (vieille à cheveux gras comme lui, qui a eu deux César aussi, pour des films intello-zarb) ? Son dernier César remonte à 1991, ce qui commence à faire un bail quand on sait quel monument français il est supposé représenter à l'international. Je pense personnellement que ça va être pour Lambert Wilson, cette année. Eric Elmosnino peut également bénéficier de l'effet biopic, mais j'y crois très moyennement, le film n'ayant pas fait l'unanimité pressentie... Si Romain Duris obtenait le César du meilleur acteur pour L'arnacoeur après tous les films d'auteurs qu'il s'est fadé pour en arriver là, ce serait extrêmement bizarre.



Meilleur Actrice



Isabelle Carré (Les émotifs anonymes)
Catherine Deneuve (Potiche)
Sara Forestier (Le nom des gens)
Charlotte Gainsbourg (L'arbre)
Kristin Scott Thomas (Elle s'appelait Sarah)

Nouvelle tentative pour Kristin Scott-Thomas, qui se casse le cul depuis trois ans à enchaîner les rôles dans des films français en espérant probablement glaner une compression pour décorer sa cheminée. Isabelle Carré a déjà gagné, et son film sent la naphtaline. J'eus été un peu plus convaincu si elle avait été nommée pour Le Refuge, d'Ozon (quoiqu'elle avait bien 10 ans de trop pour le rôle). Restent la reine Catherine Deneuve qui, avec deux César de la meilleure actrice dont le dernier date de 1993, reste injustement loin derrière Isabelle Adjani et ses désormais cinq César, et la rafraîchissante Sara Forestier, dans le très chouette film Le nom des gens (tu l'as pas encore vu ?? Vas-y, bordel). Je prends un risque et mise sur cette dernière.




Meilleur Premier film



L'arnacoeur de Pascal Chaumeil
Gainsbourg (vie héroïque) de Joann Sfar
Simon Werner a disparu de Fabrice Gobert
Tête de turc de Pascal Elbé
Tout ce qui brille de Géraldine Nakache et Hervé Mimran

J'ai de la sympathie pour la plupart de ces films, mais je serais curieux de voir le mignon et bancal Tout ce qui brille s'imposer. Mais je ne me fais guère d'illusion. L'arnacoeur est nommé aussi pour le meilleur film, ce qui montre que l'Académie l'a remarqué, et devrait booster les votes en sa faveur. Quel que soit le vainqueur, le discours de remerciements devrait toutefois être rafraîchissant et un peu moins poussiéreux que le reste de la soirée.




Meilleur Film étranger



Les amours imaginaires de Xavier Dolan
Bright Star de Jane Campion
Dans ses yeux de Juan José Campanella
Illégal d'Oliver Masset-Depasse
Inception de Christopher Nolan
Invictus de Clint Eastwood
The Social Network de David Fincher

Il faudra m'expliquer comment Illégal, film franco-belge, se retrouve nommé dans la catégorie film étranger quand The Ghost-Writer, film franco-germano-britannique, concourt pour le prix du meilleur film français. Inception étant un beau succès en France en 2010 mais restant pour le moment un peu boudé par les cérémonies de récompenses, je verrais bien Xavier Dolan ou David Fincher l'emporter. Si Clint Eastwood gagne pour la 48ème fois, ça va commencer à devenir ridicule.




Meilleur Film d'animation



Arthur 3, la guerre des deux mondes de Luc Besson
L'homme à la Gordini de Jean-Christophe Lie
L'illusionniste de Sylvain Chomet
Logoroma de H5 (François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain)
Une vie de chat de Jean-Louis Felicioli et Alain Gagnol

Il paraît que cette catégorie a été créée exprès pour pouvoir récompenser L'illusionniste, alors... C'est, en effet, typiquement le genre de film old school que l'Académie aime récompenser (voir le précédent Triplettes de Belleville). Logorama peut remercier les Oscars.




Meilleur Acteur dans un second rôle



Niels Arestrup (L'homme qui voulait vivre sa vie)
François Damiens (L'arnacoeur)
Gilles Lelouch (Les petits mouchoirs)
Michael Lonsdale (Des hommes et des dieux)
Olivier Rabourdin (Des hommes et des dieux)


Niels Arestrup l'a déjà eu l'année dernière pour Un Prophète, et Michael Lonsdale a fait l'unanimité dans Des hommes et des dieux (en plus, il a bientôt 80 ans, il faut se dépêcher si on veut le récompenser)... Mais j'ai quand même très envie que François Damiens l'ait.



Meilleur Actrice dans un second rôle



Anne Alvaro (Le bruit des glaçons)
Valérie Bonneton (Les petits mouchoirs)
Laetitia Casta (Gainsbourg (vie héroïque))
Julie Ferrier (L'arnacoeur)
Karine Viard (Potiche)

C'est un peu la catégorie sinistrée cette année, sans vrai leader ni challenger évident. L'Académie aime beaucoup Karin Viard, mais elle n'est pas non plus renversante dans Potiche (qui plus est, un film du honni Ozon). Je miserais bien sur Valérie Bonneton, assez drôle dans Les Petits Mouchoirs, à moins que Anne Alvaro, méconnue du grand public mais déjà récompensée il y a dix ans pour Le Goût des Autres, ne vienne semer le trouble. Laetitia Casta en Brigitte Bardot, bénéficie quant à elle de la triple caution biopic + people + potiche qui fait l'actrice et qui s'avère être douée... Le pronostic est difficile, mais je vais dire Casta : c'est un peu LA chance à saisir, depuis le temps qu'elle essaye de nous prouver qu'elle est actrice.



Meilleur Espoir féminin



Leïla Bekhti (Tout ce qui brille)
Anaïs Demoustier (D'amour et d'eau fraîche)
Audrey Lamy (Tout ce qui brille)
Léa Seydoux (Belle épine)
Yahima Torrès (Venus noire)

Ici, il y a apparemment une favorite, Léa Seydoux, dont je n'ai toujours pas vu un film alors que tout le monde persiste depuis trois ans à s'extasier sur sa beauté, son charisme et son talent. Personnellement, j'aurais tendance à penser à Leïla Bekhti, touchante et plutôt drôle dans le sympathique Tout ce qui brille. En plus, obtenir le César du meilleur espoir juste après son mec, ça fait une jolie histoire. Yahima Torrès, enfin, bénéficie de l'aura de ses "aînées" Sara Forestier et Hafsia Herzi, qui avaient obtenu ce trophée, chacune dans un film d'Abdellatif Kechiche (dont la Venus Noire a bizarrement été snobée pour les catégories principales)...




Meilleur Espoir masculin



Arthur Dupont (Bus Palladium)
Grégoire Leprince-Ringuet (La princesse de Montpensier)
Pio Marmaï (D'amour et d'eau fraîche)
Raphaël Personnaz (La princesse de Montpensier)
Edgar Ramirez (Carlos, le film)


L'Académie n'a pas osé nommer François Sagat pour Homme au bain de Christophe Honoré, que personne n'a vu de toute façon (à part 35 pédés parisiens au MK2 Beaubourg). Ce sera donc probablement pour Edgar Ramirez, histoire de valider le succès de Carlos.



Et vous, mes poulpes, vous avez des pronostics, des préférés ? Ou vous vous en battez l'oeil (cas bien plus probable) ?

17.1.11

NRJ Music Awards, la blague qui dure

Bonjour mes volailles panées, je n'ai pas disparu de la circulation. Petit coucou au passage aux lecteurs d'Urbania qui ont pu tomber ici sans trop savoir à quoi s'attendre : bienvenue, et ne vous attendez à rien, c'est un peu le bordel permanent, ici.



Fin de la parenthèse "politesse québecoise". 



Tu sais, mes terrines en gelée, je suis un amateur de classements débiles et de cérémonies pompeuses. C'est probablement un exutoire pour mon côté scolaire/premier de la classe, qui peine à s'exprimer depuis qu'il a fallu commencer à se confronter à la vraie vie des grandes personnes (la plus grande arnaque que l'enfance ait tenté de nous vendre) (pire que les Cap's, qui n'étaient que des faux Pogs avec des faux Kinis) (scandaleux).




C'est pour ça que je manifeste un goût un peu pathétique pour les Grammys, les Oscars, les César, les MTV Europe Music Awards, les MTV Movie Awards, les MTV Video Music Awards (ouais, MTV truste pas mal le créneau, comme un vestige de l'époque où c'était encore une chaîne musicale) (rhooooo)... Du coup, quand vers mes 14 printemps NRJ a lancé une cérémonie qui prétendait remettre les pendules à l'heure en France, et récompenser la musique de morue honteusement snobée par les Victoires de la Musique, j'étais over emballé. Bon, les premières années, je pardonnais le côté un peu cheap des cérémonies, des invités et des palmarès en me disant que c'était après tout un début. C'est compliqué, les débuts, on sait pas trop comment récompenser de manière pertinente. Et pis faut dire qu'on laisse le public voter, aussi : du coup, le palmarès reflète souvent la mode du moment, la lubie d'un instant, et pas tellement l'artiste ou la chanson qui passera à la postérité. Le public français qui vote sur NRJ a un flair de merde, en somme. Il a rarement plus de quatorze ans, faut dire, le public français qui vote sur NRJ...


"Cette année c'est toi qui décides !" ... Pourquoi, d'habitude c'est NRJ qui décide ? Ah oui.




Mais bon, là, ça suffit : ça fait une douzaine d'années que l'évènement existe (sans discontinuer, malgré des audiences pas toujours génialissimes non plus), les organisateurs nous le vendent désormais comme une cérémonie de renommée internationale, comme un incontournable du Midem, et des artistes pas trop ridicules se produisent sur la scène cannoise qui accueille les NRJ Music Awards... Alors pourquoi les palmarès continuent-ils à être risibles ?


L'année dernière, l'artiste féminine francophone de l'année, c'était Sofia Essaïdi (qui ?) ; le groupe international de l'année, c'était Tokio Hotel (ah bon ? z'ont fait quoi en 2009 ?) ; la chanson de l'année c'était Mozart l'opéra rock (qui raflait aussi la révélation de l'année pour Florent Mothe) (qui ?)...



Le drame de cette cérémonie, c'est que les placements produit occupent la moitié de l'écran. Les deux produits en question étant TF1 et NRJ, qui s'autocongratulent de leurs productions maison, comédies musicales de Kamel Ouali, élèves de la Star Ac' et autres subtilités (han, mais nan, tu dis n'importe quoi, regarde l'année dernière y'z'ont récompensé Christophe Willem !!) (mouais)... Chanson de l'année dernière ? I Gotta Feeling, le titre diffusé douze fois par jour sur l'antenne d'NRJ en 2009, et qui sert de générique à l'émission. DJ de l'année ? Ah nan, y'avait pas de nominations, ça nous arrangeait pas, y'avait que David Guetta qu'avait sorti un album, Bob Sinclar et Martin Solveig avaient piscine... Bon, on n'a qu'à faire sauter la catégorie, hein, ça se verra pas.


Les nominations de cette année étaient fournies : c'était bombance, il y avait tellement de musique de qualité et de sinegueules trop cools qu'on a pu mettre six pré-nommés par catégorie, qui passent à quatre pour la finale (je ne vois pas trop l'intérêt de filtrer le truc en deux fois) (ah si, pardon : faire voter les fans de Mylène Farmer qui auraient peur que leur idole ne passe pas la première sélection et ne soit pas présente à l'antenne le 22 janvier). Cela nous donne donc :



Révélation francophone



Camelia Jordana (merci la Nouvelle Star en 2009, hein, parce que c'est pas grâce à ses deux sinegueules de 2010 qu'elle est nommée)
Joyce Jonathan
Ben L'Oncle Soul (super, une reprise de Seven Nation Army, trop inédit, trop frais comme concept)
Pony Pony Run Run (NRJ n'a jamais honte d'avoir un an et demi de retard sur ce genre de révélation) (voir Nelly Furtado, déclarée révélation de l'année en... 2007)




Révélation internationale




Inna (qui est probablement là uniquement pour faire nombre)
Justin Bieber (nu) (qui gagnera parce que c'est le seul vrai people star du lot)
Keisha (qui pourrait gagner mais dont les tubes datent un peu maintenant)
Taio Cruz (encore une nomination qui a un an de retard)



Artiste féminine francophone de l'année




Cœur de Pirate (tout à fait pertinent, un album sorti au printemps 2009 et aucun nouveau sinegueule extrait depuis six mois : 2010 a clairement été l'année de Béatrice Martin)
Jenifer (qui va gagner parce que c'est un produit TF1 et que la presse persiste à s'extasier sur tout ce qu'elle pond, même quand c'est un four)
Mylène Farmer (qui sera soutenue par les voix multiples de sa horde de fans hystériques)
Shy'm (euh, poisson d'avril ?)



Artiste masculin francophone de l'année




Christophe Maé (au secours) (il va évidemment l'emporter, ses ventes et ses matraquages radio parlent pour lui)
David Guetta (qui concourait l'année dernière comme artiste francophone et comme album international) (faudrait quand même choisir)
Grégoire (au secours - bis)
M Pokora (qui peut lui aussi gagner, car sa longévité est inexplicable sans l'intervention d'un fan-club acharné capable d'un lobbying particulièrement agressif)


(en fait, il n'y a que des têtes à pelles dans cette catégorie)


Artiste féminine internationale de l'année




Rihanna (qui a en sa faveur d'avoir plein d'actus et d'avoir sorti son album il y a peu)
Lady Gaga (qui va gagner car sa communauté de fans, c'est Mylène Farmer puissance 10)
Katy Perry (trois singueules de suite n°1 aux USA, mais chez nous ça se voit pas trop)
Shakira (qui se fout un peu de notre gueule en chantant désormais uniquement en onomatopées)


Artiste masculin international de l'année




Enrique Iglesias (ah bon ?)
Eminem (qui gagne souvent)
Usher (qui s'est empâté, mais pourquoi pas)
James Blunt (qui ne chante plus des ballades dépressives écrites pour des femmes mortes, ce qui devrait déstabiliser son public)



Groupe/duo/troupe francophone de l'année




Superbus (il n'y a tellement pas de groupes français diffusés sur NRJ qu'ils sont le seul "groupe" de cette catégorie) (on relèvera l'absence de Sexion d'Assaut, dont la forte rotation du premier semestre aurait a priori aisément justifié une nomination) (leur interview débile les suivra longtemps) (bien fait)
Julien Doré et Coeur de Pirate
K'naan et Féfé
Zaho et Justin Nozuka (y'en a juste un qui n'est pas francophone, mais c'est pas grave)



Groupe/duo/troupe international de l'année
Muse
Black Eyed Peas (encore ???)
Lady Gaga et Beyoncé
Eminem et Rihanna



On relèvera qu'il y a une catégorie "chanson internationale de l'année", et une catégorie "Hit de l'année", ce qui est une idée saugrenue (alors quoi, le hit de l'année, c'est pour une chanson de merde mais qu'on aime, et la chanson de l'année, c'est pour une bonne chanson ?), mais pas de catégorie "chanson francophone". Cette dernière catégorie sera probablement ouverte samedi soir, histoire d'avoir une pluie de SMS surtaxés en direct, ce qui permettra à Nikos de jouer le suspense "c'est très serré, continuez à raquer voter pour votre favori" (sauf qu'en vrai, tout le monde s'en fout si la meilleure chanson ne gagne pas) (la preuve, tout le monde avait l'air très content quand M. Pokora avait gagné avec Elle me contrôle).


Relevons aussi qu'il n'y a pas de catégories "album", parce que les albums on s'en fout, qui prend la peine de les écouter en entier, hein ? Et deux catégories disparues resurgissent miraculeusement du passé : le clip de l'année et le concert de l'année. 


Bref, globalement, les NRJ Music Awards, ça aurait pu être un truc sympa, un peu sérieux et capable de rivaliser avec une cérémonie un peu académique mais putassière comme les Brit Awards par exemple (qui n'ont jamais craché sur les trucs bien pouffe comme les Spice Girls ou les Girls Aloud), et au final ce n'est qu'une vague émission de variétoche un peu plan-plan présentée par Nikos et ses gags bof bof, une cérémonie qui continue à trimballer une image un peu amateur sans créer un vrai évènement, capable de se faire battre en audience par Patrick Sébastien.


Quand on voit la tronche du palmarès depuis dix ans (K-Maro Chanson de l'année avec Femme Like U, Cléopâtre Troupe francophone de l'année 2009 avant même que le spectacle n'ait donné sa première représentation, The Calling [qui??] Groupe International en 2003 alors que c'est à l'évidence un groupe à un tube, Les Jonas Brothers nommés Révélation Internationale alors qu'ils sont surtout des peoples dont PERSONNE en France n'écoute les chansons, Roch Voisine sorti du formol pour être désigné Artiste masculin de l'année grâce à un seul sinegueule...), on rit à gorge déployée (pour peu qu'on trouve matière à rire dans des trucs aussi insignifiants), on conchie l'électeur mineur, et finalement on peut se dire que je suis juste un vieux con et que je ne comprends rien à la tendance musicale.




Séance de rattrapage samedi soir ?

12.1.11

C'est sûr, ça change




Bonjour mes oeufs à la florentine, c'est Raymond Barre qui te cause depuis l'au-delà (frisson dans ton corps).



Le nouveau sinegueule de Ricky Martin, The best thing about me is you, a donc été dévoilé hier (enfin, le clip, quoi). Bon, soyons concrets, c'est un peu une daube. On dirait un de ces clips de Yannick Noah avec des gens en slip qui se croient dans une pub United Colors of Benetton, mais pour justifier cette bérézina auditive, il faut dire que Ricky a trouvé la paix intérieure et a décidé de diffuser partout à travers le monde un message d'amour et de tolérance. Musicalement, du coup, il se rapproche de Corneille (le chanteur, hein, pas le dramaturge) et s'éloigne de ses rivaux latinos Jennifer Lopez (toujours dans les choux, celle-là) (quelqu'un a des nouvelles de son futur album qu'on nous annonce depuis deux ans, d'ailleurs ?) ou Enrique Iglesias (nu).





Heureusement, contrairement à Enrique, Ricky est beau (rhoooo).


Il faudra quand même m'expliquer où est Joss Stone, supposée être en featuring sur ce truc. Ce qui est sûr, c'est qu'il y a dix ans, en regardant le clip de She Bangs, on aurait eu du mal à imaginer ce genre de musique et de clip philo-LGBT de la part du sex symbol portoricain. "Life is short", "Equality", "Take a chance and hope for the best"... Tout cela sent l'exorcisme de ses années pré-coming out à plein nez, et l'envie (peut-être un peu commerciale sur les bords, mais après tout, on n'a rien sans rien) de rendre à la communauté LGBT un peu du soutien moral qu'elle lui a certainement apporté il y a un peu moins d'un an lorsque, loin de s'offusquer de ses cachotteries et autres fausses conquêtes féminines, elle l'a accueilli à bras ouverts.


Si ce coming out lui permet d'aller mieux (ce dont je suis sûr), de trouver un sens à sa vie en militant pour la tolérance (ce qui me paraît probable), et de relancer sa carrière de latin lover (ce dont je suis vachement moins sûr), alors laissons-le nous vendre de la soupe tout droit sortie du songwriting de Joyce Jonathan, c'est pas bien grave.


Mais quand même, Ricky, avant de (potentiellement) partir t'emmurer à Broadway pour jouer dans le Musical Evita (rumeur persistante) et donc de nous faire un syndrome Céline-Dion-aux-oubliettes-de-Las-Vegas, essaye de nous pondre une pouffiasserie à dancefloor de la trempe de Livin' La Vida Loca, ce serait bien urbain de ta part, merci.

11.1.11

26




Bien le bonsoir mes gaufres, c'est Lauralee Bell qui te parle.


Ayé, après les 23, les 24 et les 25, qui ne m'avaient ni vraiment traumatisé ni laissé un souvenir impérissable, on y est, mes quenelles de brochet : on est le 11.1.11, la date symbole. La date où les réductions réservées aux moins de 25 ans prennent fin et où mon pouvoir d'achat va drastiquement diminuer (il en avait justement bien besoin, tiens). 26 ans c'est un peu un âge tout pourri, en fait. Fini l'éclat de la jeunesse, finie la première moitié de la vingtaine, fini le quart de siècle (bienvenue dans le deuxième quart, bitch), finis les stages, les études, les cuites en semaine dont on se relève tout frais le lendemain matin. Bref, bienvenue dans le no man's land entre les âges qui sonnent jeune (20 - 21 - 22) et l'âge qui sonne le glas (30). Un âge qui ne signifie donc pas grand-chose, qui ne définit ni la jeunesse houleuse ni le véritable vieillissement cutané (note pour plus tard : investir [enfin] dans un anti-rides, sans complexe).




Tout de même, on ne va pas se plaindre. Quand je regarde la sale impression que m'avait laissé l'année 2009 et ses très décevants 24 ans, je peux regarder les 25 ans que je laisse derrière moi avec sérénité, et même un chouïa de nostalgie. Il faut dire que ça a très mal commencé, que ça a empiré, puis empiré, puis encore empiré, avant de rebondir plus haut encore qu'avant. L'année de mes 25 ans (donc ma vingt-sixième année, si tu suis toujours) (je sais que tu DETESTES quand je fais cette précision) c'est un peu, dans la vie parisienne que je mène bon gré mal gré depuis maintenant presque trois ans (trois ans, la vache), l'équivalent du come-back de Britney Spears en 2008 : on n'y croyait plus, et pourtant, on l'a fait ! D'ailleurs, pour fêter ça, cette grue de Britney a décidé de sortir son nouveau sinegueule un peu pourrave tout pile pour la date de mon anniversaire (elle m'a envoyé un SMS hier pour me dire que c'était un pot-de-vin personnellement destiné à mon aimable face, pour que j'arrête de parler de Lady Gaga).




Tout ça pour dire que, comme chaque année, vient l'heure du bilan de l'âge (ou de l'année) qui s'en va, et de préparer le terreau psychotique psychologique de l'âge qui s'annonce. Et cette année, et bah ça va. C'était un peu les montagnes russes, mais pour l'instant, on peut dire que ça se termine comme un film Disney. Pas de bol, toutefois : comme chacun le sait, la vie ne s'arrêtera (mal)heureusement pas à cette actuelle période florissante. Mais 2010 et les 25 ans avaient tellement mal démarré et se sont finalement si bien goupillés, que 2011 et les 26 ans ne peuvent que ressembler à l'explosion musicale de Susan Boyle (nue) (tous aux abris !), non ?




C'est beau, je suis devenu optimiste ("Tu peux toujours rêver, ouais !"). Allez, pour mes 26 ans, je deviens reine de la pop, j'essaie de croiser ma concierge pour savoir la tête qu'elle a et pour pouvoir l'engueuler quand l'ampoule du couloir est cassée, et j'essaye de passer plus de deux jours d'affilée hors de Paris. On dira ce qu'on veut, mais tel Madonna et ses clubs de gym pour mexicaines cellulitées, j'ai vraiment des projets grandioses, quand j'avance en âge.




Donc, sans regret : bye-bye 25, c'était sympa, on keep in touch et on se rappelle, hein ; et ramène-toi, 26, je vais te bouffer.

10.1.11

Le tube d'il y a 10 ans : Madonna - Don't Tell Me



Bonne année mes jambons !

On est donc entrés dans la nouvelle décennie (même si, dans la vraie vie, on a envie de compter 2010 comme la première année de la décennie 2010's) (mais c'est FAUX, capiche ?), et cette rubrique du tube d'il y a 10 ans va enfin prendre tout son sens : car c'est bien à partir de 2001 que le monde a changé et que les 90's sont mortes (ou presque). En douceur, l'industrie musicale et la pop-culture s'apprêtent à traverser leur crise d'adolescence, Britney Spears à perdre sa virginité, ses cheveux et la garde de ses gosses, Napster va foutre le bordel, la télé-réalité va lancer des chanteurs à la chaîne, la blogosphère va naître, la hype va envahir la blogosphère... quelle décennie, mes fromages râpés !

L'évolution est, de toute façon, déjà amorcée.




Don't Tell Me, c'est donc le deuxième sinegueule de l'album Music, sorti quelques mois (semaines ?) plus tôt. Et franchement, qui d'autre aurait eu l'idée dans la foulée d'un album universellement plébiscité comme Ray of Light, d'aller chercher un quasi-inconnu français (Mirwais) et de tenter une espèce de foire musicale à base de pop, d'électro et de COUNTRY ?? Une des preuves, s'il en était encore besoin, qu'au bout de vingt ans de carrière, la Madoche était loin du bout du rouleau, toujours apte à produire des classiques et à créer la tendance (on ne la remercie qu'à moitié pour les chemises à carreaux et le look cow-girl, d'ailleurs)...


Y'a plus qu'à attendre de voir si 2011 va nous apporter un nouveau renouvellement complet de la Madoche.