30.11.10

La Pop-Pouffe de novembre





Salut les zoulous, c'est encore moi, au bord du précipice temporel qui me mettrait en retard pour la Pop-Pouffe de novembre. Comme d'hab', car on peut le dire maintenant, cette rubrique s'est progressivement décalée de "autour du 15" vers "le 30, voir le 31 du mois" (je vais être emmerdé en février).




Mais, tel Lara Fabian, j'y crois encore, je me tiens droit dans mes bottes et, certes pile dans les temps mais dans les temps quand même, je te livre la dinde de Thanksgiving.





Pink, donc. Ouais, je sais, j'ai déjà causé de Pink il y a deux ans. C'est à ce genre de détails que je me demande si je n'ai pas fait le tour des Pop-Pouffes, en fait. Le cercle des morues peroxydées qui meuglent de la pop pour radios FM en mal de mélodies faciles est finalement assez restreint. La bonne nouvelle, c'est que je réussis malgré tout à ne pas caser la même dinde trois fois par an. Mais alors, c'est vraiment parce que la rubrique est mensuelle, hein.



Pfff, je me perds encore en conjectures. Disciplinons-nous, causons du sujet : Alecia Moore, Pink, la peroxydée en chef (je voudrais pas être son cuir chevelu).


P!nk / Pink sort son best of Greatest Hits... So Far et en profite pour nous balancer un inédit. Comme bien souvent dans le cas d'un greatest hits, c'est une sinegueule mineur, plutôt destiné à créer une vague actu diffusable en radio histoire de promouvoir le disque, et aussi à faire acheter le greatest hits à des fans décérébrés qui ont déjà tous les albums.




Vu d'aujourd'hui, où on télécharge (légalement ou pas) tout ce qu'on veut et où on n'est pas obligés de se fader tout un album sur son iPud si on veut n'y mettre que les deux ou trois titres qu'on apprécie vraiment, la démarche paraît presque anachronique. Franchement, si je suis fan de P!nk, il est probable que je n'aie besoin de télécharger/acheter que le titre Raise Your Glass, et pas tout le best of. Tu me diras, c'est toujours mieux que rien, en termes de royalties, pour la chanteuse.






Bon, et le sinegueule, dans tout ça ? Bah j'ai envie de dire bof (je dis souvent bof) (je suis un modèle d'élégance et d'expressivité). Au début, ça sent effectivement un peu le titre inédit collé là pour meubler et pour servir de chair à radios. Puis, progressivement, on s'habitue à la mélodie et on se surprend à se la repasser dans la tête (comme on est une douzaine là-haut, tout le monde n'est pas ravi de cette invasion musicale d'un goût douteux, mais on s'habitue). Du mécanisme Pop-Pouffe de base, quoi.




Je suis en revanche un peu circonspect devant l'aspect un peu opportuniste qui transparaît de tout ça. Du clip, déjà, avec ces vagues provocations épate-bourgeois à base de sexe et de religion, menées avec une conviction de cocker dépressif. Du contenu, ensuite, puisqu'après nous avoir bassiné pendant dix ans avec son féminisme de cour de récré et ses revendications contre la vilaine gent masculine, P!nk semble se positionner subtilement sur le créneau Gaga. Ses "Little Freaks" sonnent un peu comme des "Little Monsters", et même si on ne doute pas de sa sincérité, devenir tout à coup porte-étendard affirmé des freaks, des gros, des moches, des pédés et de tout ce qui est supposé subir des brimades dans les teen movies, ça donne une vague impression de surf sur la vague. Il semble devenu "fréquentable", désormais, de se mettre du côté des minorités opprimées et d'assumer à mort son ouverture d'esprit. Sauf que c'est un peu facile, pour ne pas dire carrément hypocrite, de fraterniser par clip avec les losers du lycée, les pédés, les gouines, les wesh, les pas assez beaux, les complexés, les binoclards, les rebelles, les gens qui ne trouvent pas l'amour et les filles opprimées par les mecs. Si tu additionnes tous ces gens, pas sûr que cela constitue une minorité de la population occidentale.




Certes, P!nk a toujours été un peu perchée et atypique dans le paysage des Pop-Pouffes, mais bon, ce n'est pas non plus à proprement parler une épave ou une anarchiste en rupture totale avec les codes de la société patriarcale qu'elle dénonce.




Bref, je n'ai rien contre Raise Your Glass, sinegueule qui ne sert jamais que de prétexte à promouvoir un best of et à regarder Madame Carey Hart faire le pitre dans un clip trop golri comme d'hab', mais je trouve juste que c'est un peu facile.





Next month, on sera déjà en décembre 2010 (EN DECEMBRE 2010, BORDEL), et on aura envie de fêter la fin de l'année tous ensemble : festoyons, élisons la Pop-Pouffe de l'année dans une grande communion, et ensuite on dansera nus autour du feu pour invoquer l'esprit de la grande musique. Je suggère donc que tu commences à réfléchir, mes pastèques, à ton futur vote : après avoir exposé la Pop-Pouffe de décembre, je te proposerai en effet de voter pour ta favorite de 2010. Un peu comme Miss France. Sauf que la lauréate ne pleurera pas sur la scène du Zénith de Caen et qu'elle ne sera jamais au courant de sa victoire (quel dommage).




Allez, bonne réflexion, et n'oublie pas d'acheter ton calendrier de l'Avent, mon dindon.

24.11.10

Psychose et goûts de chiottes





Salut les Moldus. Aujourd'hui, dans l'absence de ligne éditoriale de ces lieux, des trucs de ouf. Un peu de stimulant pour testostérone avec le lipdub des mannequins Victoria's Secret (nues), pour commencer ?




Nan ?





J'ai bien du mal à cibler l'audience, ici, tu sais.





Je ne sais pas trop de quoi causer aujourd'hui. C'est fou comme l'inspiration peut souvent me manquer, et paraître s'écouler de ma cervelle comme des miasmes purulents dès que je touche le clavier (nu) (pas moi, hein, le clavier) (je suis fatigué).






Dans l'actualité très intéressante du jour, on a Michael Brea (qui ?), un vague comédien qui aurait joué dans Ugly Betty (mais on sait pas trop quand), et qui aurait apparemment tué sa brave génitrice en la décapitant au sabre de samouraï. Ce qui est finalement une super idée pour faire le buzz, nan ? J'ai été super déçu quand j'ai cliqué sur le tout premier lien Touitteur qui m'informait qu'un "acteur" de la série Ugly Betty avait décapité sa mère. Je me suis demandé si Eric Mabius avait viré psychopathe, en m'attendant à une déception du genre "mais non, c'était une blague, en fait il joue juste un psychopathe qui décapite sa mère dans son nouveau film". C'est qu'on ne me la fait pas, à moi, je suis totally fluent en ouèbe buzzing language, on ne me fait pas prendre des vessies pour des lanternes ! 





De toute façon je sais pas trop à quoi ressemble une vessie. A un sac de saindoux transparent, peut-être ?





Bon, et donc, c'est quoi, ce faux article, y'a rien d'autre à dire sur des gens psychopathes ? Bah j'ai un peu envie de te dire que j'attends un nouvel épisode de Qui veut épouser mon fils ? pour me relancer dans ce sujet épineux. Arrivé à ce stade de l'émission feuilletonesque de qualité de TF1, je commence d'ailleurs à me demander si les psychopathes, ce ne seraient pas les candidates qui ne se sont pas encore barrées en courant. J'ose à peine imaginer le travail de modération des commentaires qu'il doit y avoir sur le mur Fessebouc d'Alban le DJ qui n'a rien trouvé de mieux pour faire sa promo que de passer pour le plus grand connard de l'univers à la télévision, coiffant au poteau l'intégralité des candidats de l'Île de la Tentation (y compris le désormais oublié de tous Ben, de "Ben et Fiona") ("Ben et Fionfion" pour les intimes).




Pendant ce temps-là à Vera Cruz, le nouveau Harry Potter est sorti, me donnant l'occasion d'aller me faire piétiner par une foule en furie dès ce soir, Susan Boyle s'avère avoir un point commun avec les Beatles (et ce n'est pas la nationalité), l'intégrale de Playboy est en vente sur disque dur (amis pervers, voici une caution intello geek de luxe pour masturbation industrielle), et Cheryl Cole a pété sur le plateau de X-Factor. Bref, il s'en passe de belles dans ce monde de barges. 








Je dirais même qu'on est carrément cerné par la folaïe, ouais. J'en viens à m'inquiéter pour ma santé mentale. Toute cette exposition au ouèbe et aux cochoncetés médiatiques de ce siècle de la blase ne peut pas rester sans conséquences. Rien qu'hier soir, j'ai cru que la Grande Moe avait Christine Boutin (nue) comme fond d'écran sur son Bl*ckberry. Après que je lui aie fait remarqué que la perversion avait tout de même ses limites, elle m'a signalé que c'était un tableau romantique ne représentant pas du tout la dame sus-citée, mais m'a promis de changer de fond d'écran, puisque je venais de marquer cette malheureuse œuvre picturale du sceau de l'ignominie pour les siècles des siècles. Parce qu'en plus de toute cette folaïe, on fait dans le lyrisme. 




Je vais finir avec la carrière et le dossier psychiatrique de Gérard de Nerval, à ce train là. Ou alors, je vais  juste finir par me barrer vite fait dans une yourte dans le Larzac, et là, hein, le ouèbe sera bien niqué, NANMAISOH, tu vas voir si je vais me laisser faire.





...





Oh, et puis si, tiens, je laisse faire.

22.11.10

Gayest Thing Ever




Ysa Ferrer.

Perez Hilton en "featuring" (même si on se demande quelle est sa contribution à la chose, à part une demi-seconde d'apparition).


De la chanson d'auteur ("C'est pas bien mais c'est pas grave").


Des couleurs criardes et un clip sans scénario, vraisemblablement tourné en deux heures devant un fond vert.


Du son eurodance qui fleure bon Corona.


Cinq truelles de maquillage.


Je crois que ça se passe de commentaire, non ?

18.11.10

Que nous cache Taio Cruz ?





Mes gougères au gouda, aujourd'hui sur ce bloug, de l'investigation culturelle poussée et de la musique de qualité médiocre (comment ça, "comme d'hab'" ?) : cela fait maintenant quelques mois (en fait, plus d'un an si on compte l'époque où Break Your Heart était n°1 des charts en Angleterre) (mais bon, la traversée de la Manche, tout ça) qu'on se fade Taio Cruz sur nos ondes, avec plus ou moins de beauferie estampillée Macumba et assumée jusqu'au bout du jean taille basse à strass. Ah nan, pas toi ?




Certes, ce mec n'est pas la révélation du siècle et ne connaîtra probablement que deux ou trois ans de succès maximum, à la façon d'un Billy Crawford (c'est le genre de recette pop-dance-RnPouffe qui s'épuise assez vite, laissant à la postérité trois vagues tubes qui peuvent éventuellement faire remuer le derrière du chaland en mode nostalgie, quelques années après en boîte). Mais il aura su s'imposer dans une année 2010 finalement pas si riche en grosses nouveautés.




Profitant de la ponte de son pourtant très oubliable duo avec Kylie Minogue (encore une cochonnerie produite par Guetta, qui bouffe décidément à tous les râteliers), qui me donne une occasion d'en remettre une couche sur mon penchant contre-nature pour la mini-bimbo quadra australienne, je pose une question que personne n'a l'air de se poser. C'est pourtant une question aussi cruciale que celle qui, en 2001, était sur toute les lèvres (à savoir : Pourquoi Craig David met-il toujours des bonnets ?) (la réponse étant : ses cheveux gras ses dizaines de mini-chignons sur le crâne, qui le démarquaient à l'époque de la concurrence, tenaient rarement plus d'une journée avant de ne plus ressembler à rien) (l'investigation capillaire, c'est passionnant) : aujourd'hui, on est en droit de se demander ce que peut donc bien nous cacher Taio Cruz ?



Nan, pas sa pédésessoualité.



(Quoique)



C'est plutôt dans la dimension superficielle (mon élément naturel) que se situe la question.




D'abord, ses lunettes de soleil toujours vissées sur la tronche même quand il danse dans un hangar mal famé la nuit. Il louche, ou il a juste honte de ses poches sous les yeux ?




On aperçoit de temps en temps son regard de braise lorsqu'il retire ses Ray-Ban avec une moue trop stylée-t'as-vu, et c'est vrai qu'il aurait été encore meilleur que Matthew Fox pour faire la pub L'Oréul pour le roll-on bille correcteur de vieilles pochasses sous les yeux, mais bon, ça donne un petit charme façon parrain de la mafia, au final. Pas de quoi faire des cachotteries, en somme.



L'autre point suspect, c'est la manière dont le Taio est filmé. J'ai l'impression qu'on essaye de nous cacher : 1/ qu'il mesure 1m10 les bras levés, et 2/ qu'il n'est pas sportif pour deux sous (pas d'abdos saillants ni de talent de danseur chevronné mis en avant dans ses clips, ce qui est bizarre quand on officie dans son secteur musical en s'entourant de figurantes-pouffes énamourées).




Je veux dire, c'est quoi ces ticheurtes noirs, bleu marine et gris foncé qu'il porte tout le temps, flottant au-dessus de son bide ? Il nous cache des vergetures ou bien ?




C'est l'une des dérives inévitables du ouèbe et des recherches Go*gle à tout-va : plus moyen pour une star (ou blaireau assimilé) de péter tranquille sans finir en Une de TMZ. T'as qu'à demander aux malheureux Eva Longorai et Tony Parker. Limite on serait nostalgiques de l'ORTF. Elle est loin l'époque où on ne pouvait pas voir Anastacia sans ses lunettes et où personne ne trouvait de photos compromettantes en se baladant un minimum sur le ouèbe.




Mais là, même en tapant "Taio Cruz ex gros", je trouve rien. J'ai peut-être pris des vessies pour des lampadaires, qui sait. Mais si quelqu'un sait quelque chose sur le taux de masse graisseuse de Taio Cruz, ça m'intéresse, tu sais.



Donc, Taio (Taio ! Taio !) (mouarf, je ricane bêtement de ma blague toute pourrite), si tu veux durer dans le métier, deux conseils : enlève les lunettes, et enlève le haut. Enlève tout, en fait.



C'est fou la profondeur des questionnements philosophiques, sur ce bloug... Je te jure, je me donne des vertiges.

16.11.10

Dear Lilly

Mes tartes Tatin, l'autre jour, dans un commentaire, POC me demandait ce que la série Cold Case pouvait bien avoir de critiquable. Ah, mais plein de choses, amie téléphage, mais plein de choses. Et pas seulement le combo maigreur-pâleur arboré par Lilly Rush dans des proportions de plus en plus extrêmes au fur et à mesure des saisons (cette fille n'a apparemment rien bouffé depuis 2007).



Ah ouais, elle est carrément grosse, quoi.



Cette série, à la base, j'y suis accro, parce que j'aime le concept : réouvrir une enquête classée à la suite d'un nouvel élément de preuve, réhabiliter un innocent accusé à tort, rendre justice à une victime oubliée, reconstituer les derniers jours / semaines / mois d'une vie il y a plusieurs années voire décennies... Bref, le côté humain relativement exacerbé par la série, du fait que, contrairement aux autres franchises du genre, le crime ne date pas d'aujourd'hui, l'assassin n'est pas en fuite ou sur le point de récidiver... en gros, le fait qu'il n'y a pas d'urgence ni d'ébranlement d'une machine judiciaire rapide, efficace et impeccablement huilée dans le moindre de ses rouages. Et aussi, l'idée de réparer un passé hanté, car le passé n'est jamais que cette espèce de merdouille qu'on se trimballe tous et que, sur certains points, on aimerait corriger (même si on fait le malin en affirmant que tel Mylène Farmer Edith Piaf, on ne regrette rien). La série fait forcément un peu écho chez les âmes de midinettes, et ne table pas (ou peu) sur le côté gore ou spectaculaire pour capter l'audience, ce qui n'est pas si courant. Restent la distribution et les personnages, somme toute classiques : des flics à la criminelle qui ont une vie privée de merde, la plupart du temps à cause de leur boulot mais aussi parce qu'il faut (forcément, sinon c'est pas très catchy) une personnalité un peu borderline pour faire un boulot pareil.



Non, je n'ai pas mis la perruque de Bonnie Tyler sur une poupée Corolle (vilain)




Les reconstitutions d'époque sont souvent assez réussies, quoique renvoyant parfois à une idée un peu fantasmée du passé. J'aimerais bien savoir comment les pauvres des années 20, qu'ils soient ouvriers ou immigrants, affichaient une forme aussi impeccable. Sans chercher à faire dans le misérabilisme, imaginer des reconstitutions des milieux modestes dans les années 20 ou 40 sans croiser un seul estropié de guerre ou même quelqu'un qui aurait simplement les dents un peu pourries, c'est un peu bizarre. En tout cas, dans Cold Case, même les figurants des reconstitutions de 1932 ont un brushing nickel, des fringues de bal costumé et un teint de pêche (certes en sépia, mais de pêche quand même).





Cet "arrangement" visuel avec la mémoire en appelle un autre : lorsque les inspecteurs interrogent un témoin, tout roule un peu trop bien à mon goût.




D'abord, le témoin ne ment jamais. Même quand il est coupable, il raconte, dans un premier temps, une anecdote vraie, avec généralement un élément compromettant pour un autre protagoniste de l'histoire. La plupart du temps, il omet de signaler un détail (ZE détail qui l'accusera plus tard) qui lui reviendra inévitablement dans la gueule, puisque d'interrogatoire en interrogatoire, les inspecteurs vont découvrir ce petit mensonge et remonter jusqu'à lui. C'est toujours un peu la même mécanique, en fait.





Un autre point qui me gène, c'est la propension des témoins à ne témoigner QUE maintenant. La plupart du temps, cela s'explique par des conditions sociales qui ont changé (la plupart des affaires de Cold Case étaient restées irrésolues à leur époque grâce à des inventions aussi glorieuses que la ségrégation, l'homophobie ou la misogynie). Mais parfois, non. Hier, par exemple, la deuxième affaire de la soirée datait d'un an. Or, un camarade de classe de la victime lui avait prêté son téléphone portable moins d'une heure avant sa disparition, et ne l'avait jamais signalé à la police à l'époque des faits. Le gamin était innocent, ne subissait aucune pression du coupable, n'avait globalement rien à se reprocher et était, hormis l'assassin, la dernière personne à avoir vu la victime vivante, et pas une seconde en un an il n'a songé à signaler que son pote lui avait emprunté son portable juste avant de disparaître. Bon, ce n'est jamais bon d'être la dernière personne à avoir vu la victime vivante, mais quand on est innocent et que le mec a simplement disparu (à sa disparition, la police avait d'abord cru à une fugue), c'est un peu débile, non ?



Enfin, et c'est ce qui pêche le plus une fois qu'on l'a repéré, le non-sens narratif des reconstitutions saute aux yeux : elles nous sont présentées comme si les inspecteurs chargés de l'interrogatoire avaient réellement assisté aux faits, à la scène, remarquant le moindre détail dans une expression, un mot employé, un objet présent dans le décor... Les souvenirs des témoins sont si précis qu'ils se souviennent du moindre détail débile (détail débile dont l'assassin avait justement parlé un peu plus tôt dans l'épisode alors que ce n'était absolument pas nécessaire à son histoire). Une fois que ce biais a été capté, on ne voit plus que ça, et on s'en sert même pour dénicher le meurtrier avant cette gourde de Lilly Rush.





Un exemple ? Roberta a assassiné sa sœur Micheline, probablement parce que Micheline était une grosse conne, ou alors parce qu'elle était jalouse, on sait plus trop. Elle a occis la malheureuse d'un coup de poêle, ou de couteau, enfin un truc qui traînait dans la cuisine, qui comme chacun le sait était la place des femmes dans à peu près n'importe quel époque située entre hier midi et 1900. Quand l'enquête est réouverte, elle raconte un peu sa laïfe aux inspecteurs Rush et Valens, en omettant évidemment de raconter à quel point elle était jalouse de sa sœur. Au passage, elle leur raconte que justement, ce jour-là elle venait de se faire voler son manteau jaune fluo (ouais, elle a un manteau qu'on est obligés de repérer, ce sera plus pratique ensuite pour la confondre), ce qui n'a rien à voir mais bon. Trente minutes plus tard dans l'épisode, Albator, le mari de Micheline qui est maintenant veuf, vieux et aigri, raconte comment il s'est disputé avec Micheline dix minutes avant qu'elle ne se fasse trucider... et il se souvient par miracle d'avoir entraperçu un manteau jaune fluo pendu à la patère de l'entrée. "Comment ?", s'exclame alors Lilly Rush. "Mais Roberta nous avait dit qu'on lui avait volé son manteau une semaine avant ! Elle a donc menti ! Mais pourquoi donc ??". S'ensuit un interrogatoire de deux minutes chrono lors duquel Roberta craque et ressort du grenier son vieux manteau désormais jaune pisse et couvert du sang de sa brave sœur (ouais, elle a gardé cette preuve accablante dans son grenier pendant 30 ans, un problème ?) (elle était bien aussi conne que sa sœur, Roberta, en fait).



Que ce soit la mémoire du coupable ou celle des simples témoins, tout le monde a une mémoire purement cinématographique. A se demander pourquoi ils ne bossent pas dans la police, tous ces braves gens.


Hier, dans le genre "souvenir précis", on a eu le témoin qui raconte si bien son histoire qu'il se souvient que, vingt ans plus tôt, un de ses employés est passé une demi-seconde dans le couloir devant son bureau pendant qu'il discutait avec la victime, apparaissant ainsi dans l'embrasure de la porte en passant. Évidemment, cela a lieu dix minutes avant le meurtre et il n'a jamais fait le rapprochement. Ou encore, dans le deuxième épisode, le tout premier témoin interrogé se souvient, comme par hasard, d'une dispute qui n'a rien à voir avec le reste de l'affaire, lors de laquelle il a aperçu sur un gars un tatouage qui, ça tombe drôlement bien dis donc, est le nouvel élément de preuve de l'enquête. Tatouage dont aucun inspecteur ne lui avait parlé et qu'il a juste aperçu une demi-seconde un an avant.




Bref, au pays de Lilly, tout roule un peu trop bien. L'époque actuelle semble tellement douce, tellement apaisée des tensions sociales du passé, et on peut enfin retrouver les gens qui tuaient impunément des noirs parce qu'ils étaient noirs ou des femmes parce qu'elles étaient des femmes. Un peu trop facile, dans un paysage de séries US qui rivalisent aujourd'hui de qualités scénaristiques et visuelles. La recette peinant à se renouveler d'un épisode à l'autre (découverte d'un nouvel élément de preuve / réouverture de l'enquête / souvenirs nostalgiques de ceux qui aimaient la victime / révélations sur la vie de la victime dans les mois précédant sa mort / interrogatoire montrant que la victime avait poussé au moins cinq personnes à vouloir la tuer ce jour là [pas de bol] / résolution / arrestation du coupable, musique d'époque en fond sonore [un des grands atouts de la série], images émouvantes des gens qui ont repris leur vie, fantôme de la victime, fin), pas étonnant que la série ait fini par rendre l'antenne après sept saisons de bons et loyaux services.




Reste que depuis, Kathryn Morris a tenté de passer dans la phase peoplisation, et aurait réussi à déclencher la jalousie et donc l'ire d'Angelina Jolie en se rapprochant de Brave Bite Brad Pitt sur le tournage de leur dernier film. Chaudasse, la maigrichonne ?

9.11.10

Sébastien Chabal partout

Mes cocktails de crevettes, as-tu remarqué ce fléau ? Ces derniers-temps, une espèce de grande chose barbue nommée Sébastien Chabal, qui doit 95% de son "charisme" à son stylisme capillaire hirsute so atypique et au fait qu'il pratique le sport popularisé auprès du public lambda par le Calendrier des mecs à poil Dieux du Stade, a décidé d'envahir nos écrans publicitaires avec la voracité d'une colonie de poux. C'est carrément insupportable.

Dans un excès très Zidanesque, on retrouve donc le Chabal en porte-étendard d'une mutuelle inconnue au bataillon (spot dans lequel il est absolument navrant).





En joueur bluffeur pour un site de Poker en Ligne.





En ambassadeur d'une marque de bagnoles.

Aperçu vidéo




Le voila bientôt plus bardé de logos qu'un poulet fermier AOC. Alors certes, je veux bien que ce mec, à la base, il soit tourneur-fraiseur dans le rectum de la Drôme et que tout ce talent pour le rugby, toute cette popularité et tous ces contrats publicitaires, ce soit inespéré et qu'il ait envie de les exploiter à donf' pour mettre sa petite famille à l'abri du besoin...




Mais franchement, du côté des marques, il faudrait peut-être se demander si on ne frise pas la surdose. Perso, je ne suis pas du tout le rugby : je m'en fiche un peu, j'aime pas les sports collectifs de mecs, je ne suis pas dupe du phénomène "Calendrier des Dieux du Stade", je comprends pas les règles et en plus il n'y a même pas de caméras cachées dans les douches. Ce sport n'a donc, dans les faits, aucun intérêt à mes yeux. Du coup, en tant que non-aficionado pas submergé par les informations sur la Coupe du monde de rugby (ce truc de 2007, là, seul moment, ces dernières années, où il était vraiment impossible d'y échapper au quotidien) (et encore, c'est parce que la France était pays hôte), et bah pour moi, Sébastien Chabal, ça fait juste 3 ans qu'il n'a rien fait d'intéressant ou de marquant.



Que fait donc ce has-been dans des pubs, 3 ans après la Chabal-mania ??



Bon, je reconnais qu'en me renseignant un minimum sur le palmarès du monsieur, j'ai pu constater qu'il en avait encore dans les jambes et qu'il n'était pas exactement un has been. Mais 1) est-ce que le téléspectateur moyen qui ignore que Sébastien Chabal est encore en activité hors équipe nationale prend le temps d'aller se délester de ses doutes sur Wikipediu, et 2) est-ce que cette omniprésence n'est pas, de toute façon, vaguement irritante et antipathique, quand bien même Chabal n'est pas has been et a le charisme deus ex sportiva de Zinédine Zidane (un autre à avoir un peu trop tiré sur la corde publicitaire, à sa grande époque) (un peu comme Jo-Wilfried Tsonga ou Sébastien Loeb, d'autres têtes de gondoles un peu surexploitées également) ?



Maintenant qu'il fait la pute le porte-parole pour trois marques, je me demande qui sera le prochain pilou qui utilisera Sébastien Chabal pour vendre sa came. Une marqué de pâtes qui donnent des sucres lents pour tenir tout l'après-midi sur le terrain de rugby ? De shampooing pour soigner sa crinière emblématique dans les vestiaires ? De céréales pour être en forme toute la journée et que même que s'il n'avait pas mangé ces céréales-là depuis la petite enfance il serait jamais devenu sportif de haut niveau ? Dans tous les cas, je serais bien curieux de savoir si le Chabal joue vraiment au Poker en ligne, s'il conduit vraiment une Seat et s'il était à la SMATIS avant d'en faire la pub...

8.11.10

Toute honte bue



Retour de ouikène, mes citrons confits, et une subite envie de réparer un manquement grave à la cohérence des contenus de ces lieux : c'est vrai, je ne t'ai toujours pas parlé de l'épique Qui veut épouser mon fils ?, la nouvelle émission de TF1 mixant Bachelor et Date My Mum. Il faut dire, pour ma défense, que je live-twitte en direct de l'émission, ce qui est autrement plus amusant (et me permet de contribuer, pour une fois dans ma laïfe, à booster un hashtag au sommet des Trend Topics mondiaux de Toutitteur) (on a les motifs de gloire qu'on peut, mais cette sensation de participer à une émergence médiatique dans la mouvance ouèbesque d'un grand tout avec le reste du monde, n'est-ce pas grisant, mes crackers ?) (oh si, ça l'est).




(je vais m'acheter une vie et je reviens)



Je ne peux que tomber d'accord avec POC, qui se dit très mal à l'aise devant le niveau de trashitude de cette nouvelle déclinaison du concept de dating. Cela fait maintenant quelques années que la télévision se propose généreusement de mettre en contact des personnes anonymes, qui ne se seraient vraisemblablement jamais rencontrées dans la vraie vie, pour les aider à forcer la chance et à former de beaux couples unis et prêts à résister au temps qui passe.


Dommage, toutefois, que le suivi de ces couples (qui n'ont pas vocation à rester célèbres, et donc à zoner dans les dossiers spéciaux "Has-beens de la télé-réalité : que sont-ils devenus ?" des magazines d'investigation de qualité) ne soit pas assuré, et qu'on ne sache donc pas si ça vaut le coup, en cas de célibat désespéré, de tenter sa chance à la télé. L'amour est dans le pré a bien tenté un bilan, cet été, en nous disant combien de mariages et de gamins avaient à ce jour été engendrés par le programme (d'après mes souvenirs, pas beaucoup). Mais globalement, on ne sait pas exactement si Micheline a bien fait de tromper son mari sur l'Île de la tentation avec un tentateur qui lui avait promis la lune et le mariage une fois rentrés chez eux en banlieue niçoise, ni si Jean-René est finalement resté avec Vanessa qu'il avait rencontrée sur un terrain de karting (parce qu'il "aime les filles aventureuses et les gros seins, alors si tu es une intello coincée à petits seins, ce sera NEXT") et sous les caméras inquisitrices de Next Made in France.




Le pessimisme, qui est une philosophie de vie chez moi, me porte à croire que non, que Micheline a repris son mari de départ avec qui elle mène désormais une vie sordide et rongée par l'aigreur, tandis Jean-René a peut-être tronché Vanessa une fois avant de ne jamais la rappeler (et encore).




Tout ça pour dire quoi ? Mais j'y viens, mes caramels au sel de Guérande, j'y viens. En fait, ces émissions sont condamnées à ne pas (ou alors, très difficilement) engendrer de couples viables : tout le monde, même les téléspectateurs les plus décérébrés (dont je suis, sinon je ne regarderais pas #qvemf, en 2010 soit an +9 après Loft Story), a fini par remarquer que la mise en scène était de mise et que l'ambiance générale faussait complètement la possibilité de la naissance d'une véritable histoire dans ces émissions.


Sans déc', un mec sapé en prince charmant, des suites de luxe dans les hôtels des villes les plus classes de la planète (enfin, pour peu qu'on considère que Miami c'est la classe, hein), de l'alcool à volonté off camera (pour favoriser les clashes mais aussi la baise), des robes de soirée, des caméras qui t'incitent inconsciemment à "créer de l'action" en disant ou faisant des trucs dont tu te serais probablement abstenue en temps normal, des ballades en yacht ou en hélicoptère ou en limousine (mais alors, bizarrement, jamais en taxi conduit par un malien en situation irrégulière, hein)... Tu m'étonnes qu'au bout de deux semaines de tournage, tu te crois mariée avec Antonio Sabato Jr Brad Pitt, ma fille !




La réalité, on s'en doute, c'est qu'en rentrant à Nogent-le-Rotrou et en retrouvant une vie quotidienne à base de boulot, de supermarché et de un dîner par mois au Campanile du coin, ton Bachelor, il te paraît bien loin. Pas étonnant, donc, qu'on n'entende pas nos chères chaînes de TV se vanter d'avoir sauvé l'institution du mariage à grands coups de bilans matrimoniaux des saisons précédentes de leurs programmes à la sauce Meetic.




Il est alors logique que ces programmes, au bout de quelques années, ne brassent plus que 1) des benêts (je soupçonne même le concept de L'amour est dans le pré de découler directement du raisonnement que je viens de faire), et 2) des gens vulgaires et un peu bêtes prêts à se griller à tout jamais en passant, au mieux pour des idiots, au pire pour l'ennemi télévisuel n°1 qui aura besoin de plusieurs années de thérapie pour se remettre des vidéos virales, des vannes inspirées de son seul nom, des gifles gratuites et des verres de kir en pleine face (qui font du bien) distribués par des inconnus dans les lieux publics, etc.




Avec de telles données, paradoxalement, les casteurs cartonnent, disposant d'une matière à filmer de plus en plus télégénique, de plus en plus trash, de plus en plus artificielle... et du coup de plus en plus hypnotique. Qu'importe, au fond, que les bachelorettes et les bachelors de 2010 n'aient pas la sincérité ni la naïveté de leurs équivalents de 2001, et qu'ils ne soient là que pour se construire une modeste et éphémère notoriété qui leur offrira, au mieux, un CDD de six mois pour faire le chroniqueur ou le guignol dans un obscur programme de la TNT (ou plus simplement pour se retrouver à poil dans Entrevue). Ce qui importe, désormais, c'est d'être un personnage. Peu importe que ce soit un personnage fake, too much ou juste inconcevable dans une société où, en principe, son existence semble impossible. L'important, c'est que ça s'inscrive dans un stéréotype bien identifiable, mais dans une version pas encore vue. Pour les hommes, c'est du Moundir, du Mickael Vendetta, du blaireau de compétition. Pour les filles, c'est juste de la bonnasse vulgaire (et, dans le cas de #qvemf, traitée comme une sous-merde).




Et c'est donc là qu'on en arrive enfin (au bout de 60 lignes, avoue que je te tue) à Qui veut épouser mon fils ?




Mais oui, qui veut ? La vérité, jusqu'à présent personne. Car bien au-delà du syndrome Tanguy que nous (sur)vend la Une, ce sont surtout des névrosés option glauque que le programme a décidé de mettre sur le marché du copulage de la rencontre.





Commençons évidemment par l'emblématique (et déjà célèbre) (mais pour combien de temps) Giuseppe, roi des connards, et son effrayante maman Marie-France. Sorte de mélange entre Jean-Claude Van Damme (pour les convictions personnelles sur le sens de la vie, autoproclamées à coups de phrases toutes faites) et Moundir (pour le côté fort en gueule évidemment exacerbé par la présence des caméras), il est tellement too much que plein de gens se demandent si c'est un fake : dans la vraie vie, quel boulot, quelles petites amies, quelles interactions avec des êtres humains normaux ce gars-là pourrait-il avoir sans s'être déjà depuis longtemps pris un coup de pelle derrière la tête ? J'ai bien peur que le personnage ne soit pas si retouché que ça. Sa mère, un modèle de beauté au naturel, ne fait que l'enfoncer dans ses délires misogynes, convaincue qu'elle est qu'elle l'a bien élevé, qu'une femme doit "rester à sa place" et que tenir tête à son fils est un tort (affronter la vraie vie doit décidément être très compliqué pour Giuseppe, tu m'étonnes qu'il ne décolle pas de chez sa maman à 39 ans bien tapés). Évidemment, ces deux-là ont été castés (ou alors, trouvés par hasard et préférés à d'autres candidats) (mais j'en doute) pour passer au Zapping et faire parler de l'émission, apportant au programme l'outrance et les phrases cultes nécessaires pour retenir le téléspectateur pendant huit semaines (car le téléspectateur en a vu d'autres, et a besoin de vraie vulgarité, de vraie connerie bien crasse pour être indigné et accroché). Comme tout le monde, je ne supporte pas ce pauvre type, mais je pense qu'il a bien plus à perdre qu'à gagner de son passage dans cette émission. Plus dure sera donc, pour lui, la chute.





Benjamin, le candidat gay, désormais le genre de quota qui fait bien dans les concepts de dating télévisuel, a l'air à peu près équilibré. Mais on peut en douter quand même, du simple fait qu'il participe à cette mascarade. Je me demande s'il a croisé les autres candidats sur le tournage, et notamment Giuseppe, dont je donnerais cher pour entendre ce qu'il a à dire de l'homosexualité. Outre son handicap social le plus évident (bosser dans la mode en BOURGOGNE), ce qui frappe chez ce sympathique garçon qu'est Benjamin, c'est que sa mère Odile, bien que compréhensive et méga open au sujet de la sexualité de son fils (ce qui ne l'empêche pas de se bercer d'illusions, du genre que son fils est trop chaste pour pécho du gossbô au bout de dix minutes de parlotte en soirée) (elle est bien naïve), est un boulet. Collée à ses basques, capable de l'appeler dix fois et de lui laisser cinq messages sur son répondeur alors qu'elle le sait en rendez-vous, Odile a franchi un pas dans le trip sordido-incestueux vendredi dernier en faisant des exercices de bouche à bouche avec les prétendants gays de son fils, qui devaient accessoirement lui faire des massages cardiaques avec vue plongeante sur son décolleté fripé. Je pense surtout que cette pauvre femme est un peu à la ramasse et a peur de se retrouver seule chez elle, ce qui jusqu'à présent arrangeait son fils, trop fainéant pour faire ses lessives (comme je le comprends). Mais bon, elle ne lui fait pas de chantage affectif et leur relation n'est pas trop tordue.







Tordue, la relation de Florent avec sa mère Corinne l'est. Le garçon est probablement un peu trop bête (et aime probablement un peu trop sa mère) pour le voir, mais avoir une mère qui te tripote sans cesse, qui n'arrête pas de te dire que tu es le plus beau gosse de la Terre, qui te prend un peu pour Ken et cherche activement à te caser avec une Barbie dont elle décrètera arbitrairement si elle est ou non assez jolie (pas sympa, pas intelligente, pas aimante, nan, juste jolie) pour prendre SA place à tes côtés (se prenant donc pour ta meuf), c'est over-flippant. Vendredi prochain, Corinne recevra à contrecœur les dernières prétendantes de son fils dans son antre de l'amour incestueux sa maison, et les logera à quatre dans un camping-car de 10 mètres carrés au fond du jardin. TF1 compte évidemment sur nous pour être choqués par les agissements indélicats voire puérils de cette psychopathe. Et nous le serons probablement.




Restent Alban, le mufle qui a traité une de ses prétendantes (Cindy, la strip-teaseuse pas très jolie) de travelo après l'avoir inexplicablement couverte d'attentions et de regards amoureux en affirmant mordicus qu'elle était l'une des plus belles filles qu'il avait vu de sa laïfe, et Alexandre, qui expérimente avec sa mère Aline une sous-branche du concept de l'émission : Qui veut dépuceler mon fils ?




Aucun de ces messieurs ne sortira vraisemblablement grandi de l'aventure, et il serait intéressant, ne serait-ce que le lendemain de la diffusion du dernier épisode, de savoir si l'un des "couples" formés par cette boule puante est encore uni. Attention, par l'utilisation du terme "boule puante", je ne me pose pas en censeur outré s'opposant à la bassesse de ce programme, mais plutôt en gamin mi-amusé mi écœuré par ce nouveau jouet un peu immature, trivial, qui ne vole pas bien haut mais n'en demeure pas moins source de rigolade (la preuve que je n'ai pas d'âme : je regrette l'absence du pourtant prometteur Jérôme, sorte de Cyprien qui cherchait une blonde plantureuse, vendu par la bande-annonce du programme début octobre mais pas dans l'émission) (il est peut-être mort entretemps et sa famille s'est opposée à la diffusion ? Ou alors sa mère a eu trop honte de la bande-annonce et a remué ciel et terre pour s'opposer à la diffusion et ainsi protéger son fils ?) (c'est beau). Même si, une fois la télé éteinte et la Timeline Twitter tarie, on a un peu honte d'avoir cédé à ses bas instincts et à la facilité d'un tel divertissement.

6.11.10

Photoshop a TUER l'industrie du disque

Mes gnocchis à poêler, aujourd'hui, c'est un vrai dilemme culturel qui me déchire les entrailles. Et se laisser perturber par la culture, habituellement source de joie tu en conviendras, c'est moche (c'est d'ailleurs le cas de le dire).

Vraiment, je suis un homme déchiré, écartelé, dilemmisé, c'est horrible.


Car j'hésite vraiment.


Je ne sais pas quelle pochette est la plus laide.



Celle de Bleu Noir, futur album de Mylèèèèèèèèèène Farmer made in Photoshop pour les Nuls ?






Ou bien celle bien creepy de Michael, l'album posthume de Michael Jackson nu, dont on tentera de pomper jusqu'à la dernière goutte de sang de son cadavre artistique encore tiède ?






Nan mais vraiment les gars, je veux bien qu'arrivés à l'heure du tout numérisé, où le CD est mortifère et où la musique se consomme gratos et se jette au fur et à mesure, on s'en foute de la pochette. D'ailleurs, le buzz grotesque de Kanye West autour de sa pochette "censurée" (qu'au final tout le monde a vu, et qui a dû être l'un des JPEG les plus téléchargés du mois d'octobre) montre bien que, de toute façon, le CD et sa pochette, on s'en fout. On est là pour la came, qu'elle soit sous forme de vidéo virale, de prestation scénique ou de mp3 lické par "accident", bordel.



Mais bon, on a aussi évolué, en matière d'imagerie, de codes visuels et d'élégance, depuis 1987. C'était pas plus simple de prendre un bon photographe et de faire quelque chose de chiadé, vite fait bien fait, ma bonne Mylène, au lieu de (vraisemblablement) confier le boulot à ta nièce ? T'as des soucis d'argent ou bien ? Quand à l'effet "House of Wax / statue de cire du musée de Madame Tussaud" pour l'album d'un mec mort dans des circonstances douteuses et qui a passé les dernières années de sa vie à être perçu comme un monstre de foire, y'a que moi que ça met mal à l'aise de le voir sur une espèce d'affiche de cirque datant de 1963 ?



Vous voulez sauver l'industrie du disque ? Commencez déjà par valoriser la tronche du disque. Valoriser un truc matériel qui ne se vend pas parce qu'il est concurrencé par son équivalent immatériel, ça devrait déjà commencer par valoriser ce "truc" en tant qu'objet. Qu'il soit beau, statutaire, qu'on soit fier de le posséder, quoi. Déjà que ça coûte trop cher au point que c'est presque devenu un mode "luxe" de la consommation de musique, que ça aie au moins l'excuse d'être beau...


Je te jure, je ne comprends rien à l'art. C'est sûrement pour ça que je suis blogueur. C'est quand même beaucoup plus confortable pour puter à boulets rouges sur tout ce qui sort. La vie n'est-elle pas bien faite ?