31.10.10

La Pop-Pouffe d'octobre




Bon, je sais, c'est honteux, je triche en post-datant un article au 31 octobre alors qu'on est à la louche aux alentours du 5 novembre, genre ni vu ni connu en loucedé, histoire de te faire prendre des vessies pour des lampions du 14 juillet. Que de dates dans cette phrase, mes loukoums. Mais ne nous éloignons pas du sujet : quel scandale, surtout ! C'est désormais clair : je n'ai aucune morale éditoriale. Un jour je finirai bien par faire carrière dans l'écriture, avec une telle droiture. Tout cela est très bon signe, en somme, et je t'invite à te réjouir avec moi de ma future gloire éditoriale internationale. Je songe à prendre des cours d'écriture, comme Betty Suarez, histoire de donner l'élan nécessaire à cette réussite balbutiante.


...


Je suis vanné, je crois. C'est peut-être hormonal, je vais appeler mon gynéco.



La Pop-Pouffe d'octobre, donc.


Cheryl Cole, la it-girl british de l'année, c'est un peu l'équivalent de Louisy Joseph chez nous (enfin, si Louisy Joseph  avait vendu des disques, quoi) : découverte dans l'émission Popstars, membre de l'un des premiers groupes formés par l'émission (Girls Aloud), elle est alors toute joufflue dans les clips de ce girls band new age bizarrement durable (leur dernier album date de 2008, et elles ont encore gagné un Brit Award en 2009) (pour comparaison, les L5 sont officiellement has been depuis 2003). Chez nous, Girls Aloud ne fit qu'un vague tube, leur premier sinegueule Sound of the Underground, marketé par leur maison de disques comme si elles étaient les L5, histoire de surfer sur le succès encore tiède de Toutes les Femmes de ta vie (alors qu'en fait, rien à voir)...





La charismatique Cheryl ayant épousé un footballeur en vue qui va bien avec sa tronche d'actrice de Melrose Place (dont elle vient de divorcer, by the way), elle devient une icône pour tabloïds en mal de petites fiancées de l'Angleterre. Logique, du coup, de la voir tenter sa chance en solo. Il y a un an, Fight for this love marque l'entrée de Cheryl Tweedy / Cole dans la cour des popstars solo qui comptent. Du moins au pays d'Elisabeth II, hein, parce que chez nous, comme d'hab', la sauce prend un peu mais pas trop quand même.





Ce sera peut-être enfin le cas avec Promise This, cette nouvelle galette issue de son (déjà) deuxième album Messy Little Raindrops. Un refrain efficace oscillant judicieusement entre rythme saccadé et mélancolie sucrée, des costumes valorisant harmonieusement le combo bonnasse + fashion qu'on dirait Shania Twain (nue), et une place de n°1 des charts en Angleterre, une semaine après la sortie du sinegueule... Bref, sur le papier, la recette idéale pour envahir l'Europe.



Mais j'ai comme un doute qui persiste... Encore un coup de la malédiction Albion, peut-être.

24.10.10

Le tube d'il y a 10 ans : Le chant du cygne du Girl Power

En octobre 2000, il s'en passait de belles, et l'aube de la décennie frissonnait d'impatience, avant de nous livrer les déchets trashitudes d'un début de siècle placé sous le signe de la perte de l'innocence : du come-back de Kylie aux turpitudes virginales de Britney Spears en passant par le 11 septembre, l'avènement de la télé-réalité, la fin de Friends, le téléchargement illégal, la paranoïa du ouèbe 2.0 où tu laisses des traces partout, ou l'émergence du rock gothique commercial, les 2000's allaient nous offrir un climat étrange, nostalgique et anxiogène, où tout ce que nous avions cru savoir sur la culture et les médias de masse allait devenir faux. Ou au moins dépassé.


L'année 2000, c'est un peu la fin de tout ça. La fin du monde tel que nous le connaissons. La fin des 90's, quoi. Et donc la mort, en grandes pompes, de ce qui semblait régner jusqu'alors sur une industrie musicale pas encore trop ruinée par ces salauds de jeunes anti-Hadopi (chhhhhhut!!) : le pas-si-solide Girl Power.





Le cas des Spice Girls est particulier : en trois conneries marketing un peu trop voyantes et en deux albums où leur apport artistique et vocal était, disons, marginal, elles ont réussi à passer pour de grosses bouffonnes un peu grasses et sans talent qui surfaient sur la bêtise du jeune public pour vendre des tubes à ressort. Franchement, en 2000, entre le flop du film Spice World, le départ de Geri Halliwell et l'overdose de pubs Pepsi, écouter les Spice Girls, c'est carrément devenu la teu-hon. Mel C, la seule du lot à avoir une voix (et donc à ne pas être là uniquement pour remplir un quota "couleur de cheveux / couleur de peau / style vestimentaire"), a déjà plus ou moins pris ses distances en sortant un album solo, les autres aussi, d'ailleurs, avec plus ou moins de réussite hors d'Angleterre, leur fief où de toute façon elles sont tellement populaires qu'elles pourraient aussi bien roter leurs chansons dans un micro et sortir un album intitulé "Spice Burp : The Legend continues" qui deviendrait multiplatine. Enfin, en 2000, hein, pas aujourd'hui. 


Mais globalement, elles le savent, nous le savons, cet album, sobrement intitulé Forever, sent les adieux, après cinq pauvres années de succès mondial puis de replongée presque aussi rapide dans les abîmes de la ringardise. Holler, pourtant, marchera très bien en radio. Mais c'est à peu près tout, et le come-back un peu raté de 2007 se chargera de confirmer que les Spice Girls, c'est (tristement) un peu comme Corona ou Ace of Base : c'est désormais une autre époque.






L'agonie des All Saints, elle, était moins prévisible sur le papier. Vendues au départ comme une sorte de girls band / réponse plus rock et moins délurée aux âneries colorées de leurs cousines épicées, ces filles-là avaient tout de même quelques arguments supplémentaires pour durer : productions plus subtiles, sinegueules putassiers mais pas non plus à classer dans le même bac que l'Eurodance (autre tendance mourante en 2000, mais bizarrement sur le retour aujourd'hui) (comme quoi...), looks de modasses (pour l'époque), et surtout... sex-appeal.


Car contrairement aux pauvres Spice Girls enfermées dans leurs caricatures de role models à la féminité surinterprétée dans des codes aussi grossiers que "la fillette", "la vamp effrayante" ou "la bourge", et dans leur discours militant à peu près aussi profond qu'une soucoupe pour tasse à café, les All Saints, c'était avant tout ça : des filles sexy qui chantent, des fans filles qui les trouvent belles à défaut de les trouver rigolotes, des fans garçons qui se les taperaient bien, et des fans garçons sensibles qui... euh, bah eux ils s'en foutent tant que c'est de la musique de pouffe, en fait.


Du coup, et après avoir elles aussi tenté l'aventure cinématographique (avec un film que personne n'a vu, Honest) et sorti l'un des gros succès de l'année avec Pure Shores, issu de la B.O The new Leoooooo Movie Beach, les mannequins-qui-chantent étaient loin d'être des grosses has been, et on était assez loin d'imaginer, en octobre 2000, que ce Black Coffee (titre inspiré d'une pièce pas géniale d'Agatha Christie) serait leur dernier succès international à peu près notable. Le sinegueule suivant, All Hooked Up, n'arrivera jamais vraiment chez nous, et ensuite ces espèces de dindes se sont séparées pour aller faire des fours en solo et sombrer dans l'oubli. Connes. Elles aussi auteures d'une tentative de come-back en 2006, les All Saints semblent bien parties pour hanter les futures soirées Nostalgie 90's...



A moins d'un vrai petit miracle, donc, le Girl Power semble bien avoir agonisé et passé l'arme à gauche, sous nos yeux inconscients, en octobre 2000. La vraie fin d'une époque, quoi...

20.10.10

Scream 4. Seriously ?






Mes ananas au mascarpone, je ne sais pas si tu kiffes les films d'horreur ou bien, mais je m'en va te conter une nouvelle anecdote de ma prime jeunesse, à défaut de pouvoir te causer à nouveau de Secret Story. C'est qu'en plus, le lectorat est exigeant et ne commente même plus en pilotage automatique, maintenant. Vous êtes décidément bien ingrats, mes suppositoires à l'eucalyptus (gné ?).




Quand j'étais minot, j'avais un peu peur de tout. C'est le syndrome "fils à maman", que dès que tu es contrarié ou que t'as pas envie de faire un truc, ta mamounette t'en préserve aussitôt. Résultat des courses : à 10 ans, t'es totally une fiotte, pas capable de te contraindre plus de trente secondes à quelque chose qui n'est ni sucré, ni doux, ni moelleux, ni d'une température raisonnablement chaude... Bref, tu es la princesse au petit pois alors que le monde entier (aka les mecs de la cour de récré) t'enjoint à devenir un "vrai" mec.



En résumé, tu es un faux mec. Une équation à haute teneur existentielle qui, si tu as le malheur de devenir pédé par la suite, ne va pas se résoudre tout de suite, mon pauvre petit pimousse.



Et donc, tout cela nous mène où, à la fin ? On ne va jamais réussir à pondre un post synthétique, ici, bordel ! Eh bien cela nous mène aux slasher movies. Tu sais, ces films avec plein d'ados joués par des acteurs de 30 ans, qui se font massacrer un par un par un tueur en série psychopathe (sauf l'héroïne, hein) (et, si elle a du bol, un ou deux de ses camarades de jeu), généralement à cause d'une faute originelle commise involontairement (quand ce n'est pas carrément à leur insu), et qui fleurissaient dans nos multiplexes dans les années 90. Cela portait de doux noms poétiques, du genre Cut, ou Urban Legend, ou I know what you did last summer et sa traduction tout pourrie. Mais tout cela n'est survenu que grâce au succès d'un premier film, qui relança le genre jusqu'alors supposé moribond : Scream, sorti en 1996 sous la férule du pourtant pas novice Wes Craven.






Et Scream, c'est devenu une trilogie lucrative, avec un deuxième volet sorti en 1998 puis un troisième sorti en 2000 (il y a seulement 10 ans ? La vache, on dirait que ça fait un demi-siècle). Comme pour beaucoup de slashers, ça pullulait d'acteurs plus ou moins connus ou de vedettes de séries télé qui testaient leur notoriété sur grand écran.



Et notamment la pauvre Sarah Michelle Gellar / Buffy, injustement massacrée au bout de vingt minutes du deuxième volet. Aujourd'hui, on peut dire que cette épreuve morale a forgé mon caractère et m'a permis de sortir de ma zone de confort filmesque. Parce que sur le coup, et bah je peux te dire que je faisais pas mon malin, moi, dans la salle obscure. Mes comédies romantiques et mes épisodes de Tintin enregistrés sur la 3 me manquaient soudain terriblement... Bon, à ma décharge, la scène introductive de Scream 2, quand on est dans un ciné bondé, elle fait réfléchir deux minutes, hein. Je dis juste ça à ma décharge. Et pis ma cousine s'est amusée à se planquer dans les placards et à en surgir en hurlant pendant une semaine, après, aussi. Alors que, concrètement, vu d'aujourd'hui (et après avoir revu le film plein de fois), ça me paraît bien risible.



Car ces slasher movies ne faisaient pas vraiment dans le gore (revoir le survendu The Faculty, présenté comme un film d'horreur à l'époque, donne une idée du niveau d'arnaque), et l'interdiction aux moins de 16 ans du premier Scream fait désormais doucement rigoler. Les boyaux de Drew Barrymore avaient vraiment fait leur petit effet auprès de ces messieurs les censeurs. Mais bon, au final, Scream, c'était juste des greluches qui se faisaient courser trois minutes avant qu'on voit un couteau s'abattre en contre-plongée. Soit, en 2010, un épisode ordinaire de série policière un peu sordide. Scream = New York Unité Spéciale chez les ploucs, point barre. Certes, il y avait une certaine ambiance, un suspense, et du sang, mais globalement, peu de sévices / massacres visibles. Ce sont surtout le côté parodique (les films dans le film, etc.) et les différents niveaux de lecture, qui faisaient l'intérêt de Scream. Un intérêt finalement tout relatif, et un peu surexploité (avec des restes aujourd'hui, puisque la franchise de parodies pas très finaudes Scary Movie semble increvable). 




Alors POURQUOI faire un Scream 4, dix ans après, apparemment prélude à une nouvelle trilogie ? Pour le blé ma brave dame. Et pour tester, à nouveau, le genre du slasher après des années 2000 plutôt marquées, côté horreur, par l'émergence des asiatiques mystiques et par celle, plus radicale, des survival movies, souvent de vieux remakes des 70's adaptés à la sauce "uncensored 2000" (The Texas Chainsaw Massacre, Saw, The Hills Have Eyes, House of Wax, ou encore l'un des films les plus insoutenables des 2000's, Wolf Creek...). Franchement, c'est mal parti, vu les extraits qui filtrent. On dirait un peu de l'auto-plagiat avec des acteurs de seconde zone, un peu comme les derniers films de certaines franchises usées jusqu'à l'os (j'ai vu Urban Legend 3 : Bloody Mary à la télé il n'y a pas longtemps, j'ai beaucoup rigolé). Mais bon, en souvenir, on va laisser sa chance au produit.



Est-ce que la parodie et le petit jeu de cache-cache mortel entre ados va réussir à ré-émerger comme genre cinématographique à succès ? Neve Campbell fera-t-elle enfin carrière ? Courtney Cox et David Arquette surmonteront-ils leur divorce sur le tournage de la franchise qui les fit se rencontrer il y a quatorze ans ? Est-ce qu'ils vont zigouiller Hayden Panettiere ?? Et Save the cheerleader, save the world, alors ??



Autant de questions turlupinantes à laquelle des réponses seront apportées en 2011. Souviens-toi, l'été prochain.

15.10.10

Déchéance / renaissance

Tu sais, mon ravioli pur bœuf, je l'ai déjà évoqué, mais bordel, c'est peu de dire que je suis dégoûté de voir Robbie Williams retourner dans la case boys band. Son côté rebelle de cour de recré, ses mauvaises relations avec ses ex-collègues, sa carrière solo qui lui a apporté bien plus de fric et de renommée que Take That ne l'avait jamais fait... Tout cela participait au mythe de ce personnage bien à part de la pop britannique (qu'on l'aime ou qu'on le déteste).






Et là, le voir jouer les boyscouts avec Gary Barlow, les clins d'oeil virils à l'amitié retrouvée, le brushing d'ex-jeune beau gosse, les plans larges où on voit les cinq mecs au ralenti, assis dans une pièce en silence et très absorbés par les tourments de leur coeur tendre (parce que faut pas croire, hein, les filles, c'est pas parce qu'on est un boys band qu'on est stupides) (on est RO-MAN-TIQUES avant tout), tout ce premier degré dans les attitudes façon "artistes pop qui font des choses sérieuses", les visages marqués par les ans et par un ou deux coups de bistouri... eh bien ça me fait bien mal. 



(VENDU !! REMBOURSEZ LE REBELLE !! RENDEZ-NOUS LORENZO LAMAS !!)



Il faut savoir (oui, il FAUT le savoir) que je déteste les boys bands, leurs clichés éculés, leur musique trop orientée "héros hétéros romantiques pour crétines prépubères en mal de modèle de mâle dominant depuis qu'elles se sont rendues compte qu'elle ne pourraient pas épouser papa", leurs concerts avec fans hystéros et air très touchés (du genre "ouais, les filles, tout cet amour, ça nous retourne le cœur et ça nous fait des choses... bon on est tous mariés et pères de trois gosses mais continuez à rêver de nous comme si on était de vrais chevalier servants, hein").



Alors, clairement, voir Robbie Williams s'en retourner vers ces vertes contrées musicales, c'est pour moi une régression à peine supportable. Surtout quand on voit le mal qu'il s'était donné à casser tout cela à coups de toxicomanie, de fréquentations douteuses et de clins d'oeil subtils à son passé de popstar préfabriquée et prémâchée.




C'est d'autant plus triste que The Flood aurait constitué un sinegueule tout à fait correct s'il l'avait fait en solo; preuve, s'il en fallait une, que depuis quelques années, sa carrière perso semblait battre un peu de l'aile. Je me suis procuré le nouveau best of du sieur Robbie (normal, j'ai encore quelques réflexes pavloviens), et je n'y ai rien trouvé de bien intéressant pour mon iPud (qui contient de toute façon d'anciens albums et le best of de 2004 où le plus intéressant de sa carrière figure déjà).



Lueur d'espoir, malgré tout : chez nos amis britanniques, les Take That ont rarement été aussi populaires que depuis leur comeback de 2006, et leurs quelques sinegueules bien sentis (The Flood va cartonner in England, je te l'annonce). Peut-être de quoi redonner le goût de la mélodie efficace et des foules en délire à Robbie Williams avant qu'il ne repasse en mode dépression (vite, Ayda, fais-lui un moutard). En espérant qu'il en ressortira plus fort, plus inspiré et plus solo que jamais, hein, mais quand même, du fond de mon moi post-adolescent en pleine maturité, j'suis dégoûté de la laïfe.

12.10.10

Morfle, Ken ! Morfle !

Mes babas au whisky, aujourd'hui, causons tendance, et profitons-en pour mettre de l'homme dénudé sur ce bloug. 



Je sais pas si tu as remarqué, mais il y a une légère récurrence qui se dessine, dans le cinéma d'action US de ces derniers mois : se livrer au sympathique exercice de la torture sur des gravures de mode. Probablement un retour de bâton mérité pour ces salauds de gens beaux qui ont la vie trop facile. Mais du coup, je me demande si on ne tient pas là un créneau. Finalement, l'un des vrais morceaux de bravoure de La Maison de Cire, en 2005, ne consistait-il pas à voir Paris Hilton y passer en bonne et due forme (et pas comme dans sa sex tape, j'entends, hein) ? Et les tourments subis par Patrick Wilson dans Hard Candy, n'était-ce pas du pur sucre pour fans de glauque ? Faut-il se mettre à torturer les mannequins, poupées gonflables de tabloïds et autres fashionistas pour divertir l'audience de plus en plus demandeuse de sensations radicales ? Bientôt, un film avec Jennifer Lopez sous le joug d'un tueur à la tronçonneuse sadique ? Ou bien Ashton Kutcher (nu) torturé par le psychopathe de Saw ? Que de questions, de suspense et d'angoisses, mes juliennes de poireaux ! On peut imaginer plein de choses à base de gégène et de mannequins YSL, pour des films de  sous-genre action / thriller / épouvante-horreur habituellement qualifiés de séries B voire de séries Z, et  en principe peuplés d'acteurs inconnus au bataillon.




Dans quelques jours sortira en effet dans nos salles Buried, de Rodrigo Cortés, avec Ryan Reynolds à l'affiche.


Ryan Reynolds, pour mémoire, c'est ça :



Ouais, c'est Ken. Et il est marié avec Scarlett Johansson, comme ça tombe bien, dis donc. Ryan est un peu un acteur de seconde zone, et ses plus notables succès à ce jour sont un remake un peu raté d'Amityville en 2005, La Proposition avec Sandra Bullock en 2009 et X-Men Origins : Wolverine la même année. Pas l'acteur du siècle, quoi, mais un mannequin tout à fait convenable pour Hugo Boss, avec sa bonne bouille d'américain moyen et ses abdos un peu grotesques à la Antonio Sabato Jr. Et pour couronner ce succès abdominal/pectoral, il sera bientôt le héros de Green Lantern, et rejoint donc la famille fermée des acteurs qui ont eu leur film de superhéros à gros budget. Chouette.



Dans Buried, Ryan Reynolds subit l'un des cauchemars les plus courants de tout névrotique pur jus : il se retrouve enterré vivant. Une idée comme une autre de la torture, la configuration cercueil ne permettant guère de plans de pied pour admirer la plastique avantageuse du gossbô. Le film ayant obtenu le prix de la Critique Internationale et un joli score à l'applaudimètre du dernier festival de Deauville (ce qui ne garantit jamais rien, mais bon), je pense que j'aurai la curiosité d'aller le voir à sa sortie en salle.




Dans la même veine, Danny "Slumdog Millionnaire" Boyle (dont les producteurs ont oublié Trainspotting et La Plage depuis son triomphe sauce indienne il y a deux ans) (dans la même veine, on a Ridley "Gladiator" Scott ou James "Titanic" Cameron) va revenir en début d'année 2011 avec 127 hours, petite séance de torture du malheureux et pourtant très gay-friendly James Franco.


James Franco, c'est ça :



Bon, et c'est aussi ça, parce que décidément, c'est un garçon qui n'a pas froid aux yeux :





Bon, et le James Franco (Spider Man, Milk, Mange Prie Aime), lui aussi mannequin à ses heures (Gucci), et bah lui aussi, il morfle sa race dans ce film, puisqu'il y incarne Aron Ralston, alpiniste américain devenu célèbre en 2003 parce que... euh, je te laisse découvrir. En tout cas, ça va être rigolo.




Est-ce que tout cela relève d'une tendance naissante et durable ? D'une vaine et éphémère course aux Oscars en espérant réitérer l'exploit d'une Charlize Theron ? 



Et toi, tu torturerais qui ? Matt Damon (nu) ? Javier Bardem (nu) ? Josh Hartnett (nu) ? Jude Law (nu) ?



(Tu relèveras que j'essaye de rentabiliser au mieux les requêtes Go*gle, même en 2010 ça peut encore marcher).



Perso, je ne dirais pas non à film mettant en scène un petit dézingage en règle de l'omniprésent Bradley Cooper, mais bon, je ne veux pas non plus que tu te fasses des idées sur moi, hein.

6.10.10

La traversée de la Manche



Aujourd'hui, mes babybels au chèvre, parlons peu mais parlons bien : je te propose une petite prise de tête culturelle, sans queue ni tête et surtout sans argument scientifique à la clé, parce qu'on est pas dilettante pour rien, en ces modestes pages ouèbe.


Tu le sais, en France, on est à la méga-bourre de la tendance sinegueulistique internationale, à plébisciter des trucs du genre Waka Waka de Shakira alors que la Coupe du Monde avait lieu en juin dernier (et qu'en plus on a perdu en phase de poule) (et qu'en plus de plus de plus le clip commence par le but italien de 2006 qui devait faire perdre la précieuse Coupe de ce sport de beaufs à notre belle patrie) (quel dommage).



Si l'on devait traduire ça en termes jeunes, on serait la lanterne rouge de la caravane du Tour de France de la musique de qualité, en somme. Pas glop. Et pourtant, à l'heure où l'Internet, Youteub, iThunes et le téléchargement permettent de surfer sur la tendance culturelle à l'heure anglo-saxonne à volonté (par exemple en n'attendant pas - même si c'est honteux - la diffusion de tes séries préférées deux ans et demi plus tard sur les chaînes hertziennes - qui, cela dit, nous gratifient bien souvent d'une V.F encore plus honteuse que le principe même de vol téléchargement pas-tout-à-fait-légal), on aurait pu croire le jeune béotien consommateur de junk-culture apte à se tuyauter sur les tendances sinegueulistiques du Far West, nan ?



Mais dans les faits, que dalle. La réactivité du marché du sinegueule en CD 2 titres (moribond) est quasiment nulle, laissant René La Taupe scotché à la place de n°1 depuis des siècles. Bon, je sais bien que vu l'état du marché, être n°1 des sinegueules en CD ne veut plus dire grand chose, puisqu'il suffit presque, désormais, que 300 personnes (sur une population de 65 millions) achètent un CD 2 titres pour qu'il soit dans les 15 meilleures ventes du pays. N'importe quoi, donc.




Le marché du sinegueule digital (sur iThunes notamment) est plus réactif, mais ne part pas forcément dans la même direction que son équivalent anglais ou americain. Un signe de l'exception française, bien sûr, car c'est bien connu, on a nos goûts bien à nous (genre Billy Crawford, dont personne ne voulait à part la France) (et Lorie) et nos artistes bien de chez nous (ah, Mylène) qui nous permettent de ne pas céder à l'appel de la standardisation culturelle de la vilaine mondialisation.



Euh, oui, certes, mais tout de même... Certains artistes qui cartonnent de manière régulière outre-Manche et outre-Atlantique peinent à ne serait-ce que placer un sinegueule chez nous, et cela, je me l'explique difficilement en termes de musique commerciale. Sans affirmer que c'est de la grande musique, comment une Taylor Swift peut-elle enchaîner les sinegueules et les albums avec succès chez nos amis amerloques, sans que sa maison de disque ne fasse un peu de push chez nous ? On voit bien que certains "produits" sont tellement pensés pour le marché américain qu'ils ne tiennent pas beaucoup la distance en France (par exemple la malheureuse Kelly Clarkson, aussi célèbre que Britney aux USA, mais aussi célèbre que Dizzee Rascal chez nous) (pas trop, quoi) (idem pour Miley Cyrus, pas encore vraiment perçue comme worldwide, trop estampillée "pur produit US"), mais au moins, leurs maisons de disques et producteurs font un minimum de push en Europe pour voir si la sauce prend.



Or, à regarder les sinegueules de l'année écoulée qui ont atteint la première place du Billboard Hot 100 aux Etats-Unis, et surtout ceux qui ont atteint la première place du UK Singles Chart, on voit bien que peu d'entre eux traversent la Manche : sérieusement, tu connais Joe McElderry, Scouting For Girls, Diana Vickers, Roll Deep, Olly Murs, Alexandra Burke... ?


Ou, tiens, le dernier en date, Tinie Tempah (qui n'en est pas à son coup d'essai) ?


Leur point commun : ils ont tous été n°1 en Angleterre avec un, voire deux sinegueules cette année... et on ne les a jamais entendus en radio ni en TV de ce côté-ci de la Manche.




A la limite tu as vu passer leur nom quelque part sur le ouèbe, et si tu es un peu curieux tu as poussé le vice jusqu'à aller essayer d'écouter leur sinegueule sur Dix-Heures ou sur Youteub (si c'est le cas, manifeste-toi et deviens mon ami). Mais pas plus.



Tinie Tempah, actuellement n°1 chez les grands-bretons avec cette chanson "Written in the Stars", est une sorte de révélation hip-hop 2010 made in England, qui fait suite à une longue lignée de rappeurs plus ou moins formatés FM qui n'ont jamais vraiment débarqué au pays des fromages qui puent. Il a toutefois une chance de rompre le mauvais sort en 2011 avec son futur sinegueule "Invincible", en duo avec Kelly Rowland (qui bouffe à tous les râteliers). Mais le fait est que le hip hop rosbeef fait rarement des étincelles en France. Pour un Craig David (qui est à peu près autant rappeur que je suis carrossier), combien de ces Dizzee Rascal, Yungun, N-Dubz, Chipmunk, qui cartonnent chez eux mais ne s'imposent jamais dans les charts mainstream  de notre glorieuse patrie d'Ilona Mitrecey ?



Du coup, je m'interroge : est-ce que la France est le dernier bastion de la résistance anti-culture impérialiste anglo-saxonne (puisque certains des artistes cités plus haut ont du succès ailleurs en Europe - Allemagne, Espagne, Suède, Autriche, Belgique, etc.), ou bien est-ce que les maisons de disques ont tellement d'artistes pop à promouvoir qu'ils ne tentent même pas de reproduire chez nous le succès d'un sinegueule qui a été n°1 des ventes pendant un mois chez nos amis anglophones ?




Sérieusement, mes potatoes, je m'interroge. Cette difficile traversée musicale de la Manche me laisse perplexe.

5.10.10

Du rêve








oO



Hum, mes nougats, je ne sais quoi rajouter. Si ce n'est que je suis impatient comme rarement. Le risque étant grand, évidemment, de tomber au final sur une grosse déception comme L'amour est aveugle. Mais reconnais-le en choeur avec moi, c'est déjà culte : glamour, chic, quelque part entre la poissonnière, la mère maquerelle, la mère juive abusive et Sabine Azéma dans Tanguy, le genre de petite annonce qu'Elie Semoun aurait à peine osé, et qui me permet de me dire, comme c'est souvent le cas avec les deuxièmes parties de soirées de la Une, que finalement j'aime bien ma vie, tiens.





La pomme Elsa Fayer, à la présentation de la chose, est tombée bien loin de l'arbre Ruquier, apparemment. On verra bien si c'est juste une variation française sur Date my Mum avec un seul épisode par "cas", ou une vraie émission de casting de qualité façon Bachelor (a priori, c'est plutôt ce deuxième format qui sera proposé). Ce qui est sûr, c'est que TF1 lorgne du côté de L'amour est dans le pré, avec le d'ores et déjà rustique et impatient d'être déniaisé Jérôme, dont le casting de candidates s'annonce cynique, cruel et propre à te donner honte de regarder ça.


A moins que...


Bon, allez les filles, y'en a pas une qui se dévoue ? Moe ? Princesse ?...

4.10.10

Le tube d'il y a 10 ans : U2 - Beautiful Day




Ah, U2. L'un de ces mastodontes de l'industrie musicale qui, depuis longtemps, n'a plus besoin de faire de tubes, ni même d'album exceptionnel, pour vendre des tickets de concerts (le seul truc qui soit encore susceptible de rapporter, dans la musique, aujourd'hui) par remorques entières. Un mystère de longévité, tout de même, à force.


Parce que bon, cite moi le dernier vrai gros tube de U2 en date ? Get on your Boots, en 2009 ? Lol. Vertigo, en 2004 ? Re-lol. Electrical Storm sur leur deuxième best of en 2002 ? Bon, arrête de plaisanter deux minutes, je ne te parle pas de chair à radios FM diffusée pendant deux mois à la sortie de l'album "parce que c'est U2" et oubliée de tout le monde trois mois plus tard, je te parle de tube. Tu sais, le truc qui marque l'année musicale, dont tu te souviens distinctement dix ans après, pas parce que tu as continué à l'écouter, mais parce que c'était un minimum marquant. Cherche pas, dans le cas de U2, ça remonte à 10 ans et ça s'appelle Beautiful Day. Les sinegueules suivants de l'album All that you can't leave behind ("Stuck in a moment you can't get out of", "Walk On", "Elevation"), malgré un retentissement certain et même un Grammy Award (Record of The Year 2002 pour Walk On), on les a un peu oubliés.




Et depuis dix ans maintenant, U2 n'a plus fait de tube "générationnel" de la trempe des With or Without You ou One, qui en firent le plus grand groupe du monde, aptes à traverser la décennie tranquilou et à régulièrement revenir nous titiller le tiroir à souvenirs. Il faut croire qu'ils ont cédé le flambeau à Chris Martin et à Coldplay. Pas sûr qu'on ait gagné au change quand on voit que leur plus gros tube est cette soupe insupportable de Viva la Vida.



Bref, dix ans après cette ballade rock lyrique clippée avec amour dans l'enceinte du pas forcément sexy aéroport de Roissy - Charles De Gaulle (nu au Fort de Brégançon), U2 reste certes l'une des références sur scène, un pilier de l'industrie musicale, tout ça tout ça, mais ne fait plus grand'chose, apparemment, pour conquérir les cœurs à grands coups de ballade imparable.



Ce qui est dommage quand on est l'un des plus gros vendeurs de disques du monde, qu'on porte pratiquement sa maison de disques à bouts de bras et qu'on a l'aura peace and love d'un Bono pour se préserver une popularité béton. A fortiori quand on se colore les cheveux avec du cirage à chaussures.