30.9.10

La Pop-Pouffe de septembre





Bon, les gens, encore une semaine injustifiée d'absence sans mot des parents because que l'audience ouèbesque me plonge dans un spleen des plus profonds, au point que mon moral bloguesque ressemble aux abysses de la dette grecque : bordel, ça ne commente plus rien, ici, ça ne pleure plus, ça n'exige plus mon retour, ça ne menace plus de se petit-suissider si je ne poste pas, ça ne réclame pas la Pop-Pouffe. Et quand je dis "ça", au risque de te vexer, je parle de toi, audience. Le blog est mort, vive le télégramme (??). Je t'ai mal habitué, c'est ça ? Ou alors n'ai-je pas su prendre le virage du micro-blogging skybloguisé de Fessbouc et Touitteur qui, il faut bien le dire, flingue peu à peu le productivisme forcené de la blogosphère d'il y a 3 ans. Rendez-moi Alekseï Stakhanov !



Comme nous ne sommes pas non plus des chiens (parlons de moi au pluriel, car la schizophrénie, au moins, c'est une vraie ligne éditoriale), mes vacherins, penchons-nous (mais n'en profitez pas trop) sur la Pop-Pouffe de ce mois de septembre. J'ai nommé cette brave Kylie.







Je l'aime bien, moi, Kylie. Elle ne se renouvelle plus beaucoup mais elle a toujours le sens de la mélodie, ce qui est une qualité indispensable quand on bosse dans son créneau de volaillerie musicale. Et pis elle a réussi à faire oublier aux médias, qui crient de nouveau au génie, le semi-gadin de l'album X, certes bien classé à sa sortie en 2007 mais vite retombé dans les limbes des classements par la suite, malgré le matraqué sinegueule 2 Hearts et son successeur In My Arms (les sinegueules suivants n'ayant été que de la chair à promo). Ce qui prouve au moins une chose : même si on ne révolutionne pas la mayonnaise d'un album à l'autre, on peut durer dans ce difficile métier qu'est la Pop-Poufferie. Ce qui constitue un réconfort comme un autre, en ces temps de crise et de précarité. C'est pas demain que la Kylie ira faire des animations à l'hypermarché du coin, en somme. Même si, bon, concrètement, l'album a bien démarré les premières semaines pour plonger au classement aussi sec (comme d'hab, quoi).



C'est probablement grâce à sa constance, ses choix plutôt cohérents quoique peu audacieux de sinegueules, et aussi, très probablement, grâce à sa classe naturelle. Je m'explique : du haut de ses désormais quarante et quelques piges, la Kylie resplendit. Pas trop botoxée, pas trop figée du smiling, pas trop bouffie non plus : la mini-pouffe australienne assume bien mieux l'outrage du temps que ses consoeurs Meuwahia Carey (gonflée à l'hélium et sourire crispé apparemment coincé depuis 1997) ou Madonna (botoxée à mort et squelettique à force de faire cinq heures de gym par jour et de se nourrir exclusivement d'eau). Si l'on ajoute à cela qu'elle est sympathique et qu'elle joue le jeu de la promo sans trop jouer les divas (du moins en apparence), elle préserve un capital souvent négligé par les chanteuses pop : un capital sympathie.





Si tu es une fille, sois honnête : as-tu déjà été jalouse de Kylie ? L'as-tu déjà détestée, même à l'époque du célèbre mini-short de Spinning Around ? La réponse a de grandes chances d'être non. Parce que, même à sa période la plus over bonnasse, Kylie préservait et assumait les petits défauts qui font son charme (elle est trop petite, elle a tout de même quelques casseroles musicales), tout en construisant sa légende (son come-back de survivante, ses performances visuelles, son côté FAP...) et son personnage invariablement léger et souriant. Comment être jalouse d'une FAP ultime made in disco, bonnasse un peu kitsch qui n'a même pas l'air de chercher à vamper ton mec ?




Sur ce clip Get Outta My Way, Kylie fait un peu de la synthèse de ce qui fait ses clips à succès habituellement : univers très graphique, chorégraphies soignées, pas un danseur hétérosessouel à l'horizon, stylisme situé quelque part entre haute-couture et tapin, mélodie entêtante... et ces fantastiques gants / lampe-torche, je veux les mêmes à Noël.



Si tu souhaites épargner à Kylie une fin de carrière à la manière de Cher, toi aussi, public hétérosexuel, soutiens-la dans son combat pour le maintien de la dance dans nos médias mainstream. Achète son disque. Ou regarde au moins ses fesses clips. Sinon je te laisse imaginer les interminables tentatives de come-back à 60 balais sur fond de collagène, de mèches rouges et de mélodies répétitives bêlées au vocoder...

23.9.10

Il y avait longtemps qu'on n'avait pas parlé télé de qualité, ici

Tu sais, mon sorbet à la mangue, je flippe un peu, je suis pris de vertige, que dis-je, j'angoisse, tout simplement : je réalise que l'un des fondements de mon identité est en train de s'envoler.



Car oui, il faut le reconnaître, la télé me soûle un peu, désormais. Peut-être parce que le ciné, les séries et le ouèbe ont envahi ma vie, et que j'apprécie davantage leur format "self-service à la carte". Peut-être aussi parce que ma vraie vie prend de la place, et qu'après avoir éliminé tout loisir intellectuel au profit de mon addiction aux écrans, il fallait bien en éliminer un, un jour ou l'autre.


Toujours est-il que le fait est là : je ne regarde plus beaucoup la télé. Du moins, au regard de ce qu'était ma consommation quotidienne il y a encore trois ans. Ah ça, on se demande encore comment j'ai mené mes études à bien, avec ces conneries !


La preuve, je suis complètement à la rue sur l'actualité, pourtant fort intéressante et pas du tout avilissante, de Secret Story, dont le concept originel Big Brother a rarement aussi bien porté son nom. Outre le fait que, depuis la deuxième saison, je suis un peu gêné aux entournures par les manipulations stratégiques, mentales et affectives sur des candidats pas bien futes (et souvent pas bien solides non plus), dont la production se targue de plus en plus ouvertement, je suis un peu à la ramasse cette année parce que, bêtement, je n'ai pas le temps de regarder.



Car tu me connais, mon oeuf mollet, je ne suis pas bégueule quand il s'agit de télé : même si c'est pourri et que c'est la honte de suivre, ça m'empêche rarement de regarder, bravant par là-même la stigmatisation et l'opprobre générale. C'est beau. Mais bon, en rentrant du boulot à 19h, bah je n'ai droit qu'aux cinq dernières minutes des quotidiennes. Quand je pense à regarder.



Si tu veux me tenir au jus, tu es donc le bienvenu, hein.



Petite mise au point sur mes connaissances actuelles et les dernières forces en présence :







Amélie et Senna se sont mariés lors du dernier praïme. Après deux mois de romance mouvementée, enfermés sous l'oeil de caméras... Oui. Enfin, pas pour de vrai, mais d'après les sites ouèbe qui font leurs choux gras en se moquant d'eux relaient leur actualité amoureuse brûlante, ils le croient. J'ai pas vu la cérémonie made in real-TV avec Laurent le prêtre de la saison 2 et le bourgmestre de Liège, mais je ne doute pas qu'il devait s'agir d'un grand moment de gêne d'émotion. La prod' s'évertue, et ça commence à se voir, à éviter la nomination de cette poissonnière d'Amélie (qui semblerait effectivement inévitable sans ces machiavéliques manipulations). Je pense que TF1 fait un assez bon pari : en suivant cette logique, la belge insupportable peut aller en finale, et ainsi mobiliser à mort les votants, pour éviter sa victoire avoir enfin l'occasion de se prononcer sur son sort. Elle nous fera, je pense, une George-Alain-de-la-Star-Ac-2 : candidat pas très brillant ni très sympathique, mais qui a au moins le don d'animer les quotidiennes par son comportement atroce, et se retrouve donc poussé jusqu'à la fin de la saison, mais pas non plus jusqu'à la victoire parce que, comme dit l'autre, "faut pas déconner non plus".

Senna, lui, est un gossbô qui parle un peu trop lentement pour justifier la vitalité supposée par son physique avantageux (qui l'a très probablement, outre sa romance en carton-pâte, amené aussi loin dans le jeu). Dès que je l'ai entendu causer, à son entrée dans la maison des secrets, j'ai fait une embolie cérébrale.







Stéphanie, la pauvresse qui eût par le passé le goût douteux de sortir avec Senna (et celui, encore plus discutable, de sortir avec Coralie), était aux dernières nouvelles une sorte de Matthias-de-Secret-Story-2, utilisée et manipulée par la prod' pour commettre des impairs et se mettre tous les autres candidats à dos, via des missions suicidaires. C'est un bon point pour elle, si l'on songe aux précédents de Loana ou de Nolwenn, guère appréciées par leurs camarades de réclusion à leurs époques, et ainsi judicieusement victimisées et rendues sympathiques aux yeux du public.








Bastien, le mentaliste, n'est pas bien malin puisqu'il subit sa deuxième nomination pour cause de caftage de mission à Stéphanie. Étrange que la prod' n'ait pas encore cherché à mettre le boxon entre eux, ce genre de confessions intimes révélant un potentiel affectif très malléable, et donc exploitable, entre ces deux-là. J'aurais dû faire Machiavel casteur en télé-réalité, moi. Sinon, c'est un bon candidat, et pas le plus crétin du lot (en même temps, vu le niveau...). Le fait qu'il soit nominé seul cette semaine (et donc, qu'il soit à coup sûr sauvé ce vendredi) va a priori permettre à la production d'économiser une semaine et d'avoir son compte de quatre candidats pour la finale (et surtout pour la dernière semaine de jeu, qui a tendance à être un peu morne dans ce genre de programme) (au point que tout le monde a envie de se pendre).







Anne-Krystel (de Secret Story nue) accomplit un exploit dont peu de québecois ont été capables (hormis Ely de la Star Ac 5) (je me rends bien compte que je suis cinglé de me souvenir de ce nom, tu sais) : aller loin dans une real-TV hexagonale. Mais bon, heureusement qu'elle a encore son secret, aussi. Secret que personne ne trouvera jamais, parce que maintenant tout le monde a oublié Ahmed et Julie, qui partageaient son intitulé absurde "Nous sommes les complices élus de la Voix", et que dans ces conditions le seul moyen que quelqu'un trouve son secret est de se montrer un peu laxiste sur la formulation (complice, élue, accès privilégié aux infos du jeu...). Sinon, il paraît qu'elle a doublé de volume depuis le début du jeu, mais je ne vois jamais ce genre de truc.




Derniers candidats, derniers exploits : Benoît et Thomas, non pas un, mais deux gays, certes caricaturaux et cyniquement exploités par la production pour leur côté clichés sur pattes haut en couleur, mais tout de même sauvés par le public et donc populaires, portés loin dans le jeu. Je pense que l'un de ces deux-là peut l'emporter au final.



On verra bien. Ou alors, on s'en fout complètement, et on ne verra pas...

20.9.10

Les amours imaginaires, de Xavier Dolan

Bon, ça va, maintenant (ça va, Senna, hein, ça va), c'est fini la rentrée des classes, des facs et des boîtes ? Vous êtes revenus de vos wacances ?



Chouette, mes goudas, chouette.


On va en profiter pour reparler ciné, tu veux bien ?






Donc, mercredi dernier, j'étais à nouveau au cinéma. C'est que j'y passe ma vie, moi. Ce que je suis allé voir, cette fois-ci, c'est donc Les Amours Imaginaires, de Xavier Dolan. Un film qu'il est bien, et je m'en vais te conter pourquoi dans les lignes qui suivent.



Il y a un peu plus d'un an, le très commenté et très récompensé J'ai tué ma mère (la pauvre femme) avait fait pas mal de bruit, au moment de sa projection cannoise et à sa sortie. Mais je ne le vis point. C'est que j'avais un peu peur, vu le sujet, de vivre une expérience culturo-freudienne un rien traumatisante, tu vois. Ma génitrice et moi, on a un peu un background de téléfilm dramatique allemand de l'après-midi sur la six, quand on s'y met.





Donc je ne savais pas grand'chose sur le sieur Dolan, si ce n'est qu'il était drôlement jeune pour un réalisateur capable de porter un film sur ses frêles épaules et de le promouvoir partout dans le monde à grands coups de festivals (après vérification, il est né en 1989, donc il est toujours jeune) (et son compteur est désormais à deux films) (je le déteste), et aussi qu'il n'était pas très hétérosessouel, vu tout le fatras que la presse et le ouèbe gay faisaient autour de ce film. C'est probablement pour ça que je me suis retrouvé sur le listing de la projection, d'ailleurs : je ne vois pas d'autre explication.


Bon, et le film, bordel ???


Oui, voila, voila, ok ! Pas la peine de s'épiler les orteils pour des broutilles d'introductions de 50 lignes, morbleu !


Les Amours Imaginaires constituent un film assez étrange, a priori d'un genre "intello" et "d'auteur" avec tout ce que cela peut sous-entendre de rebutant : tout le monde cause de sentiments, d'interactions personnelles et de doutes sur un ton littéraire stylisé voire ampoulé, tout le monde semble se prendre dramatiquement au sérieux, tout le monde s'ennuie poliment quand il y a quelques longueurs...



Mais j'ai quand même aimé, le film étant sauvé par quelques instants de grâce et par, il faut bien l'avouer, le côté bluffant qu'il y a à se dire que Xavier Dolan est un gamin de 21 printemps, et qu'il filme déjà avec un talent de grand cinéaste. C'est assez flippant quand on y pense, d'ailleurs.




L'intrigue, assez sommaire, met en scène Marie (Monia Chokri) et Francis (Xavier Dolan), deux amis de longue date qui s'éprennent du même garçon, Nicolas (Niels Schneider), un nouveau venu dans leur ville. Le film met en scène, à travers mille détails subtils (et c'est bien à l'énoncé de ces mots, "mille détails subtils", que tu pourrais traduire par "WARNING : chiant"), les différentes étapes de ce que va être leur relation avec ce garçon. Des étapes assez classiques du schéma amoureux, mais qui vont virer au duel psychologique entre les deux amis. Le troisième larron restant au centre pour compter les points, visiblement totalement inconscient des désirs qu'il suscite et de la lutte qu'il attise à grands renforts de sourires complices et de distance policée. Le jeu du chaud et du froid, en somme, un truc qui marche à merveille d'après mes souvenirs.


Perso, je dirais que ce film met en scène un gigantesque pintading, en bonne et due forme. Ou comment une espèce de sosie blond de Louis Garrel (ou sosie de Jean Sarkozy, pour faire plus court) (mais je dis Louis Garrel parce qu'il y a un clin d'œil en ce sens) fait tourner la tête de deux personnes et les regarde compromettre leur amitié, en faisant mine de ne rien comprendre. Evidemment, tout cela ne se termine pas comme prévu, et évidemment, je vais te laisser découvrir la fin, pour peu que tu aies envie d'y aller (car je ne sais pas si je te l'ai très bien vendu, mon film d'auteur, là).

Je vais t'énumérer 10 raisons d'y aller, quand même, histoire de t'encourager un peu :

1 - Bon, ça ne se voyait pas forcément dans les interviews et les photos de lui qu'on voyait un peu partout à l'époque de J'ai tué ma mère, mais Xavier Dolan est très mignon. Ou plutôt très cute. Disons qu'il sait se filmer et se mettre en scène de manière plutôt valorisante, si on aime les minets pas trop mal foutus.


2 - Monia Chokri est une révélation : à la fois très froide, blasée de tout avant même d'être catherinette, elle est aussi romantique, triste et pleine de failles, que l'intrigue se charge de mettre à jour. Certains plans, au ralenti, montre le fabuleux travail d'expressions faciales qu'elle a fourni. Pas vraiment un canon de beauté typique, elle réussit pourtant à se sublimer par son jeu et son attitude naturelle, qu'il faut bien appeler du sex-appeal. C'est une héroïne de roman photo qui aurait rencontré Christophe Honoré et Chantal Goya. (Des fois je me relis et je me dis "n'importe quoi"...)



3 - Les séquences "documentaires". Le film est entrecoupé de séquences de type "témoignage face caméra", qu'on pourrait voir dans Confessions Intimes (ou, dans un registre moins "morue décérébrée fossilisée devant sa télé", dans Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe, sans jamais oser le demander). Elles mettent en scène de jeunes québecois qui parlent d'amour et de sexe, avec force anecdotes croustillantes, accent du coin et jargon typique. La nénette à lunettes, notamment, est hilarante. L'hommage à Woody Allen est amusant.


4 - Les costumes. Même si tu n'aimes pas le côté intello du film, tu assisteras au moins à un sympathique défilé vintage. Le film peut aussi se voir comme un tableau qui bouge : très contemplatif, poétique et porteur d'une certaine signature visuelle, il donne à réfléchir, aux détails comme à la vu globale. Et donc, parmi les détails, il y a les sapes. On sent bien que Xavier Dolan, qui a aussi pris en charge cet aspect-là de son film (il fait tout, ce garçon) (Xavier, épouse-moi), s'est fait plaisir à composer les tenues soignées de Francis et le look poli de Marie. Le résultat est d'une réelle beauté plastique, qui saute aux yeux pendant la majeure partie du film. Pas besoin de s'appeler Carrie Bradshaw et de faire du name-dropping de créateurs toutes les dix secondes pour réussir une ambiance facheune, moi je dis.



5 - Les dialogues. Il y a de la réplique frustrée et névrosée, de la langue de p*te, des confessions gênées et des assertions définitives sur l'amour. Je ne pouvais qu'aimer ça.



6 - La manière de filmer les corps. Il y a dans ce film une manière d'érotiser des séquences très pudiques, et au contraire de donner beaucoup de pudeur à la nudité. C'est assez troublant, et en même temps très confortable à regarder. 







7 - Les regards de biatches à la Bette Davis vs. Joan Crawford. Le duel qui se met en place entre Marie et Francis donne lieu à quelques échanges tout en sourires mielleux, en bises crispées et en "ma chérie" benoîts. Les deux acteurs s'en sont donnés à coeur joie, apparemment, dans ce jeu de l'aspect "imaginaire" des amours. Ils naviguent joyeusement dans le brouillard un peu grotesque de leurs fantasmes, leurs mensonges et leurs apparences polies... et cela fait plutôt plaisir à regarder.



8 - La musique (oui la musiqueuh, je le sais, sera la clé, de l'amour de l'amitié) : bon, certes, il y a du Indochine, du  The Knife, et cette espèce de perle queer/kitsch (deux notions qu'il n'est pas bien nécessaire de distinguer, de toute manière) répétée à l'envi, mais du coup, tu es bien obligé de te laisser hypnotiser.



9 - Les situations de pintading : tu te reconnaîtras forcément dans au moins l'une d'entre elles. Que ce soit le cadeau hors de prix que tu as fait à un anniversaire pour montrer que tu tenais à ton pintadeau (qui, lui, t'offrit par la suite un vieux bic mâchouillé), le flirt plus ou moins poussé de soirée arrosée qui ne débouche sur rien, la sur-interprétation du moindre petit signe d'intérêt du pintadeau ou la petite merdouille offerte pour montrer qu'on a bien écouté quels étaient ses goûts dans la laïfe, on est servis en anecdotes spéciales pintades.



10 - La sensation bizarre, et pas si courante, d'avoir vu un film drôle alors que c'est un film triste. Ou alors, c'est que c'est au moins les deux à la fois... Ou alors ce n'est peut-être qu'un film chiant, on ne sait plus. Va savoir. Voila que je me lance dans le doutage, moi aussi...




Bref, j'ai pour ma part passé un bon moment, mais je peux parfaitement comprendre qu'on trouve ce film nul, avec son maniérisme, son esthétique pop-art volontairement coolisante, son action lente et ses tensions surexploitées. Cependant, il est évident qu'on assiste à l'éclosion d'un cinéaste qui, lorsqu'il aura trouvé toutes ses marques et les bons sujets à développer, proposera de très belles oeuvres.


M'enfin bon, tu fais ce que tu veux, hein !

15.9.10

Heureusement, il y a Gaga

Lecteur de l'Internet, ma chère carotte vichy, bienvenue sur ce blog en état de coma avancé. 



Je sais pas toi, mais en ce qui me concerne, ces histoires de rentrée, ça commence à me les chauffer. D'abord parce que la moitié de mes contacts Fessebouc ne sont pas du tout en phase de rentrée, mais plutôt en phase "août à Saint-Tropez c'est tellement surfait, partons plutôt à Perpète-les-Oies en septembre, en prenant bien soin d'étaler notre bonheur, nos photos et nos instants de grâce à la face du monde, à grand coups d'update Fessebouc, occultant complètement (ou au contraire, en nous en frottant les mains avec un rire sardonique) les malheureux pouilleux restés à Paris tout l'été et encore coincés à leur bureau le 15 septembre sans perspective de wacances dans les huit prochains mois".



T'chulés.




Tu remarqueras que leur perfide pensée est également particulièrement complexe à décrypter et à formuler. C'est ça qu'on appelle le vice, je crois.




Ensuite (pour faire suite au "d'abord" d'il y a environ 25 lignes), c'est un peu la mort de la blogosphérie ces temps-ci. Entre les blogueurs chômeurs qui préfèrent déprimer tranquilou devant des rediffs de Friends ou changer la moquette de leur chambre plutôt que d'étaler leur dépression online (pas grave, les gars, je comprends, j'ai connu ça) et les gens qui sont partis se faire un petit concours de b!te sur Touitteur, c'est un peu la décédation généralisée, mes poireaux !




Heureusement, il y en a une qui fait encore du bruit dans ce silence étourdissant, pour que même quand tu n'as envie de rien raconter, même quand tu n'as aucune idée de ce que l'actualité nationale et internationale pourrait bien t'inspirer au niveau de ta prose poétique et éclairée, tu aies du grain à moudre. Cette muse, que dis-je cette sainte femme prête à tout pour nous les casser chaque jour que Dieu fait même quand elle a zéro actualité fournir des trucs à dire, c'est la mascotte de ces lieux, accessoirement mascotte d'un peu tout le ouèbe tellement il est impossible de faire trois clics sans tomber sur elle : Lady Caca, of course.





Ouais, ouais, elle a porté une robe en viande aux MTV VMA, ok, on s'en fout, c'est has been, ça, c'est soooo week-end dernier, bordel !


Nan, la vraie actu, tellement early adopting que ça sort genre deux ans avant, c'est ça : Lady Gaga va sortir un parfum... en 2012.


Comme Britney, Céline, Beyoncé et consorts (qui ça ?), toi aussi tu pourras bientôt un jour acheter du parfum bas-de-gamme au Carrouf' et te prendre à rêver que tu sens comme Lady Gaga (donc, tu sentiras la viande crue, non ?).


Mais ce genre de non-actualité, autour d'une future opération de rentabilisation marketing du nom le plus touitté de notre jeune siècle, vaut-il vraiment la peine d'être déballé DEUX ANS en avance ???


Bon, je dis ça, je dis rien. C'est peut-être mieux si je dis rien, d'ailleurs.

9.9.10

Kaboom (Shebam ! Pow ! Blop ! Wizz !)

Salutations, mes tartelettes à la rhubarbe, c'est encore moi.






Lundi soir, je suis allé au cinéma. C'est passionnant, n'est-ce pas ? Mais pas pour une séance basique, mes agneaux. Nan nan nan, c'était pour l'avant-première de Kaboom, le nouveau film de Gregg Araki, au cinéma UGC des Halles (où, comme chacun sait, c'est la zone) (mais là, on pouvait plutôt jouer malgré notre déplorable absence de gaydar à "Y a-t-il un hétérosexuel dans la salle ?"). Ce film, qui était en sélection officielle au Festival de Cannes 2010, y a obtenu la Queer Palm, un prix remis à un film à thématique LGBT qui pose de bonnes questions et fait avancer le schmilblick. Une manière comme une autre pour le Festival de Cannes de s'aligner sur ses concurrents, au premier rang desquels le Festival de Berlin et son Teddy Award. Dit comme ça, ça sonne un peu lobbying, de caser un prix "communautaire" au beau milieu d'un festival de cinoche, et on pourrait se demander, dès lors, pourquoi pas un prix du meilleur film avec une héroïne blonde, un autre du meilleur film sur les questions de racisme, ou encore un autre du meilleur film européen de la sélection, histoire de diluer complètement la compétition et de transformer la Cérémonie de Clotûre en gigantesque numéro de L'Ecole des Fans (mais en robes de gala et smokings) où tout le monde finit par avoir un prix.


Mais après tout, ça n'a pas beaucoup moins de sens que les Festivals entièrement consacrés aux films LGBT (films qui ont une fâcheuse tendance à être quand même bof bof, d'un point de vue cinématographique, avec des acteurs souvent inconnus voire semi-pro qui jouent comme des fourchettes, des dialogues gnan-gnan sur la solitude et le "je veux seulement être aimé" et/ou du cul à tout va).




Lundi soir, donc, on a eu droit à une petite remise de prix improvisée pour Gregg Araki. Même pas il était allé chercher son prix à Cannes, l'autre. C'est trop Pialat de l'attitioude ! C'était rigolo de le regarder recevoir son prix et causer de son film, tout petit et tout intimidé devant la salle de ciné (pleine comme un oeuf) : on aurait dit qu'il était encore étudiant en cinéma il y a cinq ans. Alors qu'en fait, trop pas (ouais, aujourd'hui je parle comme quand j'avais 18 ans, que j'étais beau comme un enfant fort comme un homme, tout ça) : le Gregg Araki, d'après sa fiche Wikipediu, il est né en... 1959. Il a cinquante piges, quoi. Je suis sur le séant, mes rutabagas, je suis sur le séant.




Ouais, bon, on en vient au fait, ou bien ?? Donc, Kaboom, qu'est-ce que ça pouvait bien donner ? Alors déjà, on a le CV de Gregg Araki pour se rassurer. Mysterious Skin, notamment, est cultissime. Et traumatisant. Certes, son cinéma est plutôt gay (Totally F***ed Up, The Doom Generation), mais sur l'ensemble de sa carrière, il semble y avoir un vrai projet, un ton, une patte. Et pis il y a cette sélection cannoise, aussi. Certes, ce n'est pas la garantie d'un bon film (loin de là), mais au moins la garantie d'un VRAI film, pas une espèce de sous-téléfilm destiné au rayon direct to DVD.




Et concrètement ? Bah je ne peux pas trop te parler du film, parce que te raconter ce que j'ai pensé de l'intrigue, de la narration et de la mise en scène, c'est déjà en dire trop. Le climat général est très "Arakien" (quand on adjectivise ton nom, pour un réalisateur, c'est quand même plutôt bon signe), avec sa manière habituelle de mêler des corps jeunes et farouches, du surnaturel, du bizarre, du queer et du sexe. Je ne peux que te conseiller d'y aller :



1) parce que sans être un excellent film, Kaboom est un exercice très amusant et réjouissant qui joue avec les règles du cinéma, avec les identités de ses personnages et avec la complémentarité des styles. Titillé, désarçonné, inquiet, j'ai quand même bien rigolé. Et je vois mal comment tu pourrais ressortir du film dans un autre état que : A/ enthousiasmé par tant d'audace et de délirium tremens, ou B/ scandalisé d'avoir raqué pour une telle daube ("Remboursay !!").





2) parce que j'y ai rencontré ma nouvelle idole de la semaine du mois, Juno Temple, sorte de néo-Renee Zellweger cochonne et FAP perdue enchaînant les répliques biatch-cultes et les poses boudeuses savoureuses, et que je suis sûr que toi aussi tu vas l'aimer.






... et surtout :

3) parce que tu ne vas quand même pas te contenter de mon avis pour décréter qu'un film est bien ou pourrave, nan ??? Feignasse, va.

8.9.10

Agyness Deyn est-elle encore vivante ?



Mes pignons de pin,



Je me rends compte que ça fait des mois que je n'ai plus entendu parler d'Agyness Deyn. Je veux dire, sans chercher à avoir de ses nouvelles non plus hein, mais quand même : il y a deux ans, il était devenu quasiment impossible de croiser une affiche, une vitrine de magasin ou un magazine sans tomber sur sa tronche et ses coupes de Steph' de Monac' / Desireless, à celle-là !



Sorte de it-girl ultime (enfin, en gros, une maigrichonne trop grande qui devait être méga-complexée et raillée au collège mais qui en grandissant s'est habillée n'importe comment a pris du grade fashion parce qu'elle est so décalée, so chic et so pas comme les autres t'vois), elle était de tous les podiums, de tous les magazines, de toutes les nights de la haïpe. Le conte de fée, quoi. On la déteste.



Et puis ces derniers mois, plus rien. Certes, un rôle dans Le Choc des Titans en début d'année, histoire de prouver, avec Natalia Vodianova aussi présente au générique, que OUI, la nouvelle génération de top models vaut bien la génération sur-starisée du début des 90's (Naomi, Claudia, Linda, Christy... tu sais, celles dont tu n'as même plus besoin de préciser le nom de famille) (remarque, à ce niveau-là, Agyness elle est tranquille, elle a bien marketé son personnal branding) (ouais, parce qu'en fait, elle s'appelle bêtement Laura, son nom c'est quasiment une marque créée de toutes pièces) (remboursez le mythe !!). Mais sinon, rien.




Je ne doute pas qu'on puisse encore croiser régulièrement Agyness en train de faire du chopingue avec un béret sur la tête, un jean boyfriend sur les fesses et un macaron dans la main quelque part à Londres, New York, Los Angeles, Dunkerque dans des photos mal cadrées de la presse people/féminine de qualité.




Mais tout de même, quel contraste avec son omniprésence passée, mes kebabs, quel contraste ! Pour une nouvelle Kate Moss, ça la fout mal.



Quelqu'un a-t-il des nouvelles de la malheureuse ?

7.9.10

Le tube d'il y a 10 ans : Modjo - Lady (Hear me tonight)



Mes enchilladas,


Je suis vachement dépressurisé du moral, ces temps-ci. Peut-être parce que c'est la rentrée. Ou alors parce que c'est la guerre civile grève aujourd'hui, et que la retraite me semble dans mon c** encore bien loin. Mais on s'en fiche. C'est juste une intro pour causer nostalgie. Et pour lancer une nouvelle rubrique sur ce bloug parce que, 1) si si, je peux tenir une rubrique avec un minimum d'assiduité et de cohérence éditoriale (même si les Old Sluts et les Pop-Pouffes ne témoignent pas en ma faveur), et 2) comme c'est la rentrée, tu vas bien finir par rentrer de tes vacances à Saint Barth' et COMMENTER, non ?


Non ?


Ah bon.


Donc nouvelle rubrique, today. Mode émotion on. Nouvelle rubrique publiée tous les quand je veux, hein, cela va sans dire, je veux pas te perturber par rapport au non-rythme qui sévit ici. Je suis un garçon très prévenant.



Il y a dix ans, j'en avais quinze, et ... comment te dire, je le vis super mal, d'avoir traversé ces années comme une seule et de ne plus avoir le droit d'être un ado boutonneux qui stagne sur son canap' et commence à faire ses devoirs à 22h devant des épisodes en VF d'Ally McBeal sur la six. Dix ans de plus, des progrès notables dans bien des domaines, mais vu d'ici, je ne suis pas du tout arrivé là où je pensais me trouver à vingt-cinq piges.


Je vois en cela une illumination occasion de causer tubes. Parce qu'on n'est pas mainstream pour rien, dans ces lieux de perdition intellectuelle. Et pis parce que je m'étais vraiment bien amusé à faire un top 40 des 2000's en décembre dernier, alors je vais t'en administrer des doses homéopathiques (chouette alors).


Il y a dix ans, le truc incontournable en radio, en télé et en sûrement plein d'autres choses qu'on n'appelait pas encore le ouèbe 2.0 (normal, z'avaient pas Youteub ni Dailymocheune à l'époque) (les nazes), c'était ça :





Le sinegueule de Modjo, Lady (Hear me tonight), était une espèce d'insupportable déferlement quasi-permanent dans nos mirettes pas forcément consentantes. Faut dire qu'on était bien contents d'avoir trouvé une nouvelle preuve flamboyante du succès de la French Touch à envoyer à la face du monde. Parce que bon, niveau musique mainstream, à part Daft Punk, les artistes clairement identifiés, capable de pondre du sinegueule à succès ET de durer, ça courait pas les couloirs dans la French Teutche...




Mais les gars de Modjo, ils avaient l'air bien partis, avec leur chanson matraquée dix fois par jour en radio et leur clip un peu fauché façon "ode à l'hédonisme de la jeunesse", avec caméo des deux musiciens pour faire cool. Après tout, qui n'a jamais tripoté deux de ses potes dans la douche d'un motel, je te le demande ?




Au final, l'histoire allait nous détromper puisque, suite à Lady, le deuxième puis le troisième sinegueule de Modjo allaient avoir de moins en moins de succès, jusqu'à voir le groupe se dissoudre discrètement, disparaissant comme il était apparu. J'ai vaguement entendu parler de Yann Destagnol, le chanteur, quelques années après (il revenait avec un nouveau projet) (qui a fait pschitt apparemment parce que j'en avais plus trop entendu parler après), mais sinon, Modjo aura été un groupe de plus au sein du large cercle des one hit wonder.



Ce qui les différenciait, donc, à l'époque, c'est que c'étaient des frenchies, et que comme Daft Punk ou Mister Oizo, ils avaient réussi le miracle d'être numéro 1 des ventes de sinegueule au Royaume-Uni. En gros, un cocorico de base comme on sait en faire de ce côté-ci de la Manche, lancés à la conquête du monde dès qu'un truc français marche un peu à l'étranger.


Pas de quoi devenir fan, en ce qui me concerne, mais c'est dommage qu'ils n'aient pas duré un peu plus. Le deuxième sinegueule, Chillin', moins matraqué et plus décalé, était assez rigolo. Et puis bon, si vraiment il n'y a qu'avec la house et la dance que les français ont des chances de s'exporter, j'aime autant que ce soit avec Modjo qu'avec David Guetta.

6.9.10

Michael "Bad Ass" Cera

Bonjour les calamars, c'est encore Margaret Thatcher.


 
Hier, peut-être parce que je n'étais pas inspiré par grand-chose des sorties de la semaine (Krach - lol, Oncle Boonmee que j'irai voir quand je serai d'humeur intellectuelle, Piranha 3D que j'irai voir quand j'aurai envie de voir un mec se faire bouffer les testicules, Avatar Édition Spéciale "Pressons le citron jusqu'au bout" que je serais déjà allé voir il y a neuf mois si ça m'intéressait vraiment de revoir Pocahontas), ou peut-être parce que les affiches et teasers étaient prometteurs, ou peut-être qu'on s'en fout, bref, je suis allé voir Be Bad (nouvelle traduction pourrie de titre anglais de film, cette fois-ci appliquée à Youth in Revolt). J'ai déjà abordé cette irritante habitude de traduire un titre anglais sympa (genre The Hangover ou Get Him to the Greek) en déclinaison "anglais pour les franchouillards nuls" (Very Bad Trip ou American Trip, pfff), qui me donne envie de jeter des chats infestés de puces aux visages des diffuseurs français. Mais passons.







Pour peu que l'on considère que la carrière de Jason Biggs fait envie, on peut, par raccourci et donc par facilité, se dire que Michael Cera est un peu le Jason Biggs des années 2010. Autrement dit le néo-héros de films pour teenagers, figure paroxystique du loser un peu paumé mais cool, dont la principale préoccupation est de perdre son encombrant pucelage, mais contrairement au héros d'American Pie, sans l'option trash des multiples gags pipi-caca-masturbation-nichons. Un Jason Biggs sensible, quoi. On ne sait pas trop si c'est parce que le trash, à force, on a fini par tous en revenir et qu'aujourd'hui un film sur des losers qui veulent n!quer n'offusque plus personne, ou bien si Michael Cera a vraiment une touche de poésie qui faisait défaut à Jim Levenstein et à ses potes Stiffler et Pause-Caca.


Toujours est-il que désormais, à 22 ans, Michael Cera ne tardera plus à atteindre l'âge des rôles un peu moins systématiquement ados losers et obsédés sexuels.


Ce qui nous laisse probablement deux ou trois films dont Scott Pilgrim vs. The World en fin d'année, et peut-être ENFIN le film Arrested Development en 2011, dans lequel il reprendra son rôle mythique de George-Michael Bluth, avant de voir si Michael Cera continuera à convaincre une fois sorti de son registre d'ado puceau.


Bon, et Be Bad, alors, c'est comment ? Ne te laisse pas avoir par l'affiche française du film, qui reprend grosso modo le visuel exposé plus haut, mais en accolant à Michael Cera sa co-vedette du film, l'héroïne Sheeni, alias Portia Doubleday (qui ressemble à s'y méprendre à une autre actrice d'American Pie pas du tout passée à la postérité, j'ai nommé Natasha Lyonne). Sur l'affiche, elle a l'air d'une lolita vaguement nympho, qui te ferait presque imaginer qu'on va avoir affaire à un film de bimbos, ambiance bikinis et bords de piscine, avec des gags dégueu' et des rires bien gras. Que nenni, mon ami. Portia Doubleday incarne dans ce navet film une figure virginale et un peu perverse, dans une ambiance "Etat reculé du Middle West". Michael Cera, alias Nick Twisp, lui, est effectivement puceau et envisage de se la faire. Mais en toute poésie romantique, hein. Et avec cette habituelle drôlerie qui réside dans le décalage entre son sex-appeal et ses ambitions sexuelles. Ou entre son allure de gentil garçon pataud et ses ambitions à être un bad ass.


Là où le film déçoit, en revanche, c'est dans ses longueurs. Bordel, que c'est long par moments, que de séquences mal amenées ou mal liées ! On sent bien qu'en dehors de quelques idées marrantes (Steve Buscemi en papa de Michael Cera, c'est tellement logique que c'est presque étonnant que personne n'y ait pensé avant) (et Ray Liotta en bad cop aussi), l'essentiel du sel de cette histoire vient du bouquin dont c'est tiré (Youth in Revolt : The Journals of Nick Twisp, de C.D. Payne) (qui date de 1993, quand même). Et c'est un peu dommage, parce que dans ce cas, autant lire le livre, nan ? En poche, ça doit coûter moins cher qu'une place de ciné, d'ailleurs.



Sinon, et comme expliqué dans la parodie ci-dessous, ça ne cause pas comme des vrais ados, ça ne se comporte pas comme des vrais ados, et ça se prend la tête un peu à tort et à travers (mais en drôle)... un peu comme les vrais ados.





Si tu es fan du français parlé avec un accent américain à couper au couteau mais so chic, de Michael Cera et de cette veine d'humour hétéro-beauf-sensible-poético-trash plus ou moins officieusement estampillé "humour coolos de Judd Appatow", tu peux y aller. Sinon, tu peux t'abstenir. Il y a de grandes chances que tu n'aies même pas lu ce post jusqu'au bout, de toute façon.

1.9.10

Old Sluts : le come-back de la lose d'Ace of Base





Bon, bah apparemment les Sugababes ne sont pas les seules à se dire en dépit de l'évidence que si les membres d'origines se barrent, ça reste le même groupe.



Ace of Base, qui comme Corona, Gala, Haddaway ou les organisateurs des soirées Dance Machine, compte sur ta nostalgie 90's, ton consumérisme de dindon et le souvenir ému de tes premières boums pour te refourguer ses nouvelles galettes (parfois exactement la même chanson qu'en 1994, mais remixée façon 2010), propose donc aujourd'hui un come-back en forme de foutage de gueule.



Ainsi, et dans la même logique absurde qui voudrait que ce soit le même groupe si ses piliers fondateurs qui en ont été membres depuis le début ne sont plus là, exit les deux chanteuses "historiques" du groupe, les sœurs Linn et Jenny Berggren (qui méritent probablement ce qualificatif du fait qu'elles sont désormais des reliques ménopausées), et bienvenue à Clara et Julia, deux mannequins aux prénoms d'actrices porno à qui on ne demande même pas de savoir chanter. Nan, nan, faire un défilé lingerie et prendre des poses lascives en talons aiguilles et nuisette, tout en susurrant vaguement des paroles creuses sur la passion amoureuse, suffit amplement. Bienvenue dans le reboot Ace of Base 2010. Au secours.



Pendant que ces deux donzelles s'étirent et s'extasient dans les draps de soie d'une chambre d'hôtel quatre étoiles louée pour le tournage, les deux mecs du groupe, eux, sont les mêmes qu'en 1992. Autant dire qu'ils sont nettement moins frais que les deux bonnasses qu'ils utilisent désormais comme argument promotionnel. Leurs faux airs de DJs organisateurs de soirées à Ibiza (bagnole de kéké, coiffures peroxydées gélifiées de quadra sur le retour, lunettes Rayb*n et veste de créateur) n'en sont que plus tristes.



Car Ace of Base, c'était les 90's, bordel : des clips approximatifs à base de mixes noir et blanc/couleur, de scénarisations sommaires et de plans chantés au premier degré face caméra ; des textes et ambiances bucoliques et naïfs qui ne pouvaient pas survivre aux années 2000 ni au retour en grâce du rock et de la hype ; des mélodies sirupeuses au synthé que les grues de la pop actuelle cherchent encore à reproduire...



Ce sous-produit intitulé All for you, si par bonheur il passe un peu inaperçu, ne devrait pas trop entacher  de sa verve post-Ocean Drive feat. DJ Oriska l'aura niaiseuse et easy-listening d'Ace of Base. Parce que, franchement, si ça cartonne, je vais avoir beaucoup de mal à comprendre.



Allez, un petit coup de "c'était mieux avant" pour se remettre de toutes ces ondes négatives (mode vieux con Francis Cabrel on), et on ouvre les chakras :






Du coup, et toujours dans la veine de l'europop scandinave, je peux te dire que j'attends avec impatience (et appréhension) le come-back d'Aqua... ou mieux, tiens, celui de The Bucketheads.