28.2.10

Déjà mars




Le mois de février a été à l'image du mois de janvier : un brin vide. Dix posts dans le mois, en comptant celui-ci, pas plus. On est loin du niveau de décembre, hein ? Laisse tomber tes espoirs de midinette qui aurait espéré se taper Emmanuel Moire (nu) à la sortie d'un de ses concerts, c'est pas demain que je vais reprendre un rythme de quarante posts par mois, on est pas chez Mry, ici, on ne puise pas l'inspiration dans tout ce qui passe.



Hier, les César, donc, avec pas beaucoup de surprises et un duo comique pas hyper réussi à la présentation (le gros blanc gêné juste après le "Et est-ce que vous avez déjà vu une Laura Smet en pleine forme ?" restera dans les annales, mais vraisemblablement pas pour les bonnes raisons) (ce qui ne m'a pas empêché d'être bon public sur plein d'autres moments) (comme sur celui de la vanne à Vanessa Paradis). Seule mini-surprise, le doublé de Tahar Rahim : pour l'Histoire, ce n'est pas la pire prestation qui pouvait s'attendre à recevoir pareille distinction.



Et sinon, Isabelle Adjani a été magique, perchée et poétique, à la hauteur de ce qui en fait une icône. Lui coller Gérard Depardieu dans les pattes ne pouvait certainement pas éclipser son habituelle verve de tragédienne.






Isabelle, quelle déesse... Par contre, la pauvre Marion Cotillard était toute crispée sur scène, et toute consternée par les quelques gags bien nazes de Valérie Lemercier et Gad Elmaleh (la tête qu'elle faisait pendant la chanson "Ar-ti-san" était assez drôle) (de même que celle de tout le public d'ailleurs). Charlotte Gainsbourg a fait la gueule toute la soirée, en revanche, elle est peut-être stressée par les Victoires, la pauvre. Ou alors elle s'emmerdait ferme, va savoir.



Rendez-vous pour les Oscars donc. Je ne les verrai même pas, en principe.




Et sinon, autre chose dans ma laïfe à te raconter ? Mais tu es bien indiscret, lectorat, tu sais. J'ai passé quelques jours chez mes parents, j'ai passé des entretiens, j'ai crevé un abcès, j'ai lu, j'ai cherché d'autres entretiens, j'ai résolu de mettre de l'ordre dans mon clapier, à défaut d'en mettre dans mon existence, je me suis surpris à rêver une nouvelle fois d'ailleurs...



Mars sera décisif (ou pas), mais sera avant tout positif. Parce que, là, le visa en Chômagie, il commence à me les péter sévère.

27.2.10

La Pop-Pouffe de février







On n'est pas passés loin de l'oublier, la pouliche gagnante musicale du mois, dites donc. J'ai un peu paniqué, pour être honnête, face à deux ou trois candidates potentielles (genre Karine Dupray nue) (laisse tomber, c'est pour le stats) (en même temps, vu le succès de La Ferme, l'impact sur la fréquentation de ce bloug risque d'être minimal), et au final je n'arrivais pas à me décider. Ma vie est drôlement dure, tu crois pas ?



Donc, après mûre réflexion, j'ai décidé que j'allais sélectionner la Pop-Pouffe du mois selon mes propres critères, et tant pis si elle n'est pas de première fraîcheur. Cascada, donc. Et une siouper chanson, Fever, sortie en janvier. C'est pas tout frais et ce n'est probablement pas aussi tubesque que le très très matraqué Evacuate The Dancefloor, mais perso, j'adore. Il y a tout ce que j'aime : la blonde en tenue de péripatétipute qui s'incruste dans un décor qui n'a rien à voir avec ses sapes, les chorégraphies sur chaises endiablées, la ballade à quatre pattes sur la table, les couleurs criardes, le refrain efficace (si, si, je te jure, écoute le trois fois, et tu verras), les figurants moches, le dancefloor spontané des gens qui sentent la Fever de la dance monter à l'intérieur de leur corps oh yeah, les deux mannequins qui font la tronche (mais avec des paillettes) derrière la chanteuse, l'esprit girl power rebelle façon clip de Vitaa ou de Meuwahia Carey...



C'est autre chose que du David Guetta, ça, hein ? ... Ah nan, tiens, c'est pareil.




Depuis 2006, l'Allemagne, c'est un peu le kiff de ma laïfe, vois-tu. Heureusement pour mon quotient intellectuel, il n'y a pas que Cascada qui m'ait poussé à lorgner outre-Rhin, mais c'est vrai qu'avec ses deux premières daubes tueries dance, Everytime We Touch et Miracle, le groupe teuton montre qu'entre la haïpe anglosaxonne et la putasserie estampillée french touch, il existe un salut pour la dance européenne, et que ce salut est visiblement en Allemagne, à Bonn. T'en connais beaucoup, toi, des artistes allemands qui ont un succès international et qui sont capables de pondre du n°1 en Angleterre ?



...



Tokio Hotel ?



Bon, je reformule : t'en connais beaucoup, toi, des artistes allemands qui ont un succès international, qui sont capables de pondre du n°1 en Angleterre et qui sont AUSSI capables de faire plusieurs sinegueules qui marchent (ouais, parce que Tokio Hotel, à part Durch Den Monsun, excuse-moi...) ?



Bah nan, t'en connais pas.




Et c'est bien le tour de force du groupe de Natalie Horler (c'est le nom de la fille distinguée en guêpière de satin rose dans le clip) depuis 2006, avec des recettes musicales pas forcément hyper novatrices (ça fait un peu penser à de l'europop de la fin des années 90) (Everytime We Touch, notamment, me fait penser aux one hit wonders de l'an 2000 genre ATC), puisque Cascada réussit même à s'incruster dans les charts dance aux Etats-Unis, pays pas forcément archi-ouvert aux groupes et chanteurs européens (encore moins s'ils ne sont pas anglais).



Alors voila, je dis respect, et je rends hommage, avec une chanson plutôt pas trop mal (dans le genre Macumba, hein) et qui m'inspire plus de sympathie que la majeure partie de la haïpe pop actuelle. Comme quoi...

26.2.10

Halte aux featurings frenchies pourris !




Tu sais, ma salade de lentilles, des fois, les logiques de la musique de qualité sont obscures. En ce moment, à la radio, on entend la pourtant pas dégueu' ballade harènebi de Jason Derulo Whatcha Say dans une version "featuring" frenchy, qui rend la chanson carrément pourrave. Et laisse-moi te rappeler qu'ici on est sur un bloug engagé, bordel, on dénonce les injustices mais aussi les fautes de goût, parce que musicalement, je te rappelle qu'entre Lady Gaga, Aqua et Robbie Williams, j'ai des goûts sûrs. Je comprends pas pourquoi la presse musicale ne se bat pas pour m'embaucher, d'ailleurs.




Alors voila, je balance, je n'ai pas peur des représailles des probablement déjà nombreux fans de Fanny J. (qui est-ce ?) : donc, Whatcha Say, dans sa vraie version qu'on a découverte au départ, c'est pas mal, quoiqu'un peu suintant le one hit wonder de gossbô harènebi (R.I.P Mario, Sisqo, Eamon, Mario Wynans, Sean Kingston et leurs copains)... mais Whatcha Say de Jason Derulo featuring Fanny J., l'inconnue qui nique la moitié du refrain en susurrant des paroles complètement creuses en mode pseudo-Vitaa "Tu resteras toujours le même baby tu n'changeras jamaaaaaiiiis"...



Nan mais au secours, quoi !



Discute pas, c'est cheap, point barre.



Je ne comprends pas très bien les logiques qui guident les choix artistiques des maisons de disques et distributeurs français, lorsqu'ils décident de coller un featuring francophone sur un titre pourtant efficace par lui-même dans sa version initiale. Je me rappelle, en 2007, de The Way I Are, le titre de Timbaland qui servait de tête de gondole à l'album Shock Value : alors que le monde entier a pu profiter, en radio, du sinegueule original (Timbaland en duo avec Keri Hilson, dans une petite pépite catchy über efficace quoiqu'éclipsée à l'époque par le Umbrella de Rihanna) (je vais d'ailleurs y revenir), en France, nos stations FM chéries nous ont infligé une version featuring Tyssem, pour un résultat tout aussi naze.


Questions (et réponses) :


- Est-ce que ça rend service au titre (en termes de notoriété ou de ventes en France parce que "wahou, trop bien, le refrain en french", par exemple) ? : Non, sauf dans de rares cas (cf. Moby featuring Mylène Farmer, Slipping Away/Crier la vie, mais Mylène Farmer est CONNUE) (et elle a des fans hystéros qui achèteraient même un sinegueule d'elle sans musique et sans paroles où elle se contenterait de péter dans un micro) (on peut aussi relever le cas de 2003 Bonnie Tyler feat. Kareen Antonn [QUI ???] avec Si Demain / Total Eclipse of the Heart / Je reprends la même chanson mais avec une autre fille et vingt ans après / Je tourne en rooooond, mais là, c'était plus le côté revival 80's qui jouait) (un peu comme quand les Atomic Kitten massacraient reprenaient les Bangles).


- Est-ce que ça contribue à lancer les carrières des gourdes françaises qui posent leur voix sur le featuring ? : Non, puisque ni toi ni moi ne savons qui sont Tyssem et Fanny J.


- Est-ce que ça rend le titre plus intéressant / plus accessible pour le grand public ? : Non, puisque personne n'écoute les paroles de toute façon, qu'une chanson de merde restera une chanson de merde, et que globalement tout le monde est irrité d'entendre une version pourrave d'un titre qu'on avait commencé à entendre dans sa version originale cool il y a un mois...




Mais alors WTF ?



Eh bien j'imagine que cela donne, confusément, l'impression au public français que l'artiste international surkiffe la France (alors qu'il n'a même pas enregistré le titre avec la gourdasse française en studio, c'est plutôt cette dernière qui a posé sa voix sur la chanson originale pré-existante) (d'ailleurs, la plupart du temps, le clip du duo non plus n'est même pas tourné ensemble)... Une sorte de drague nationale en forme de placement produit, quoi.



Et puis bon, au final, même quand on tente quelque chose d'un peu plus classe comme un Lily Allen featuring Ours et qu'on se plante lamentablement, niveau placement produit, ça ne peut pas être pire que le jingle radio collé au milieu d'une chanson. Un jour, avec le Germanique Gallinacée, on était dans la voiture et on est tombés sur Rihanna (dans la radio, pas dans la voiture), et là, comme un cheveu sur la soupe aux vermicelles, au moment du refrain, on entend "Skyrock rocks foreva, eva, eva, eh, eh, eh...".



...



Je crois que c'est la seule fois où j'ai vu le GG se foutre de la goule de la culture française.

22.2.10

Le n'importe quoi de la nuit




Vous savez, mon curry d'agneau, à force de gamberger, je me retrouve avec plein de trucs dans la tête, qui me taraudent jusqu'à des horaires bien sympa genre 4 heures du mat', tu sais le moment où plus personne n'est dispo pour parler et où y'a les rediffs des Nouvelles filles d'à côté (tu sais, celles qui n'étaient plus les obscures comédiennes inconnues du début mais Karen Cheryl et... euh... nan bah en fait c'était la seule un peu connue) (et aussi Adeline Blondieau).


Et à force de penser, de chercher le sens de ma vie en Chômagie, je me suis demandé si je n'allais pas essayer de me lancer dans un gros projet ambitieux. Genre ressortir la Playstation du grenier de mon frère et essayer de finir le premier Resident Evil (je dis ça parce que ce soir, y'a [REC] à la télé). Ou bien lancer un gros vrai bloug sérieux (ou pas) avec une ligne éditoriale crédible et des articles tous les jours plusieurs fois par jour (autant dire un truc super ambitieux, quand on me connaît) (en même temps, je te jure, j'ai du mérite, c'est pas facile tous les jours de satisfaire une audience de quatorze personnes aux désirs aussi divers que "fille à pédé montélimar", "femmes qui sentent la moule" ou "praime 1 star academy 7"). Ou bien... écrire un bouquin.


Alors là, je sais ce que tu vas dire : nan mais attends, l'autre, il a l'angoisse de la page blanche tous les deux jours, il écrit un post par semaine avec la poésie d'un communiqué de presse pour un nouveau modèle de sanibroyeur, et il se voit écrivain, n'importe quoi, lui. Bon, alors, d'abord, je te merde, tu sais. Ensuite, et même si tu as sûrement raison, il faut que tu saches que j'ai eu une existence avant le blougging, avec des rêves d'enfance de ce qu'on veut faire quand on sera grand, des défis de bac à sable et des inclinaisons perverses du genre trouver que les exercices de grammaire du CM2 c'est super et que j'en ferais bien pendant les wacances papa maman vous voudriez pas m'envoyer en camp d'été pour continuer à en faire, dites ?





Et donc, dans cette réalité aujourd'hui parallèle, la grande ambition de ma vie, c'était d'écrire un jour un bouquin (pas forcément un roman, d'ailleurs, un essai, une bio, un bouquin de coaching pour faire plein d'abdos sans perdre de bide, que sais-je), puis deux, puis trois... en commençant de préférence avant mes vingt ans comme cette greluche de Françoise Sagan. Résultat, j'ai vingt-cinq ans et je ne mène même pas la vie de François Sagat (la coupe de cheveux ne suffit pas).


Alors, je me dis : vu que j'ai le temps, l'inspiration de manière hyper sporadique et les insomnies qu'il me fallait, pourquoi ne pas m'y mettre ? Plein de réponses à cette question, tu t'en doutes, car quand il s'agit de procrastiner, je suis pas la moitié d'une bête de compétition, je peux te le dire. Déjà, faire des insomnies et écrire la nuit, ça compromet vachement l'efficacité dans la recherche de boulot le jour. Ensuite, j'ai bien des idées, mais pas UNE idée : en gros, j'ai plein de petites bribes que j'ai envie d'écrire, mais pas de liant, pas de direction précise à donner à un livre ENTIER, bordel. Ce qui m'amène au point le plus important : un livre entier, my god, que c'est ambitieux, ça me bloque, ça me fait super peur depuis l'âge de dix ans (mes débuts d'écrivain raté) (des vieux cahiers, jamais remplis et à mourir de rire aujourd'hui, qui pourrissent chez mes parents).


En fin de compte, je me laisse quand même une marge (semaines, mois, années, hein, soyons larges), mais ça me travaille, cette histoire. Un jour, tu verras, lectorat, tu pourras dire que la Pop-Pouffe du mois, c'était de la littérature.

20.2.10

Et les César, alors ?

Bon, on a fait les Victoires, on a fait les Oscars, on va essayer d'être cohérents jusqu'au bout et on va égrener quelques catégories des César, même si on n'a pas le cinéma français chevillé au corps. "Chevillé au corps", ou la private joke qui a fini par me poser un problème de mémoire, mais bon, c'est une autre histoire, sois pas relou (ah, nan, en fait, c'est moi) (je suis très fatigué).



Donc cette année, les César sont supposés faire un triomphe à Jacques Audiard, car s'ils l'ont fait en 2006 pour De battre mon cœur s'est arrêté, qui était sympa mais pas aussi génialissime que l'on a bien voulu le clamer, il n'y a pas de raison qu'Un Prophète, un film "grosse claque" qui fait office de fleuron hexagonal depuis le dernier Festival de Cannes, y échappe. Je vais donc essayer de pronostiquer sans que ce soit trop chiant, puisque les trophées des différentes catégories sont quasiment attribués d'avance.




Meilleur film






À l'origine de Xavier Giannoli
Un prophète de Jacques Audiard
Welcome de Philippe Lioret
Le Concert de Radu Mihaileanu
Les Herbes folles d'Alain Resnais
La Journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld
Rapt de Lucas Belvaux

Si on fait la revue des troupes, on a deux favoris évidents qui sont Un Prophète et Welcome. A côté, les autres ont un peu l'air d'être là pour faire nombre. Il faudra peut-être se méfier du Xavier Giannoli, qui a dû totaliser 35 spectateurs en salles mais qui s'en sort avec 12 nominations au final, signe que l'Académie a peut-être l'ambition de corriger le bilan bof bof du box-office. L'absence du Mic-macs à Tire-Larigot de Jean-Pierre Jeunet montre que le réalisateur du Fabuleux Destin d'Amélie Poulain ne surprend plus avec son esthétique vieille France et ses filtres jaunes pisseux (et pis bon, Dany Boon, quoi). Les Herbes folles, d'Alain Resnais, était intéressant mais un peu chiant, il est surtout là parce qu'il a eu un prix spécial à Cannes, et parce que si on veut fourguer de nouveaux César à Resnais (87 ans), va falloir se dépêcher. Il n'est pas trop risqué, à mon sens, de parier sur Un Prophète, prix Louis-Delluc et représentant de notre beau pays aux Oscars.




Meilleur réalisateur




Jacques Audiard pour Un prophète
Lucas Belvaux pour Rapt
Xavier Giannoli pour À l'origine
Philippe Lioret pour Welcome
Radu Mihaileanu pour Le Concert



Selon moi personnellement moi-même (du haut de ma grandiloquente pertinence, tout ça), cette catégorie est plus ouverte qu'il n'y paraît : Audiard l'a déjà eu, et comme la compétition est supposée faire rage entre Welcome et Un Prophète, les votants auront peut-être eu à cœur de récompenser Philippe Lioret, trois ans après Je vais bien, ne t'en fais pas (mais pense à prendre le pain avant de rentrer et ne le dis à personne), que tout le monde avait adoré. En plus, comme le film a fait polémique au moment de sa sortie, les César pourront, comme leurs prestigieux cousins de Hollywood, passer pour de vilains artistes gauchistes redresseurs de torts. Par ailleurs, Lucas Belvaux est brillant, et Giannoli est vachement souvent nommé cette année, quand même...

Pour équilibrer avec le meilleur film, peut-être Philippe Lioret y aura-t-il droit...




Meilleur acteur



Yvan Attal pour Rapt
François Cluzet pour À l'origine
François Cluzet pour Le dernier pour la route
Vincent Lindon dans Welcome
Tahar Rahim dans Un prophète


Lorsque Welcome est sorti en salles au printemps dernier, tout le monde (enfin, tous ceux qui pensent aux César dix mois avant) (les pervers comme moi, quoi) se sont dits : ah, bah enfin, Lindon va l'avoir son César, bordel ! Faut dire que ça fait des années qu'il en bouffe, le Vincent Lindon, du rôle de mari dépressif, de père dépassé ou de chef d'entreprise déboussolé. Et tout le monde le trouve sympa, Vincent, en plus, c'est vraiment pas de bol que chaque année un autre acteur ait un meilleur rôle dans un meilleur film ! Mais là, Welcome, c'est le rôle de sa laïfe, il DOIT gagner. Oui mais... Cet été, Un Prophète, déjà auréolé de son Grand Prix cannois et des rumeurs insistantes sur la performance formidable de Tahar Rahim, sort en salles, et dès lors il devient difficile d'ignorer sa prestation. Si l'on se réfère à la jurisprudence Marina Hands (2007, nommée Meilleur espoir féminin pour Lady Chatterley, elle ne l'aura pas mais remportera pour le même rôle celui de la meilleure actrice), on devrait donc être fixés assez vite : si en début de soirée, Tahar Rahim n'obtient pas le César du meilleur espoir masculin (ce qui serait un peu bizarre), il deviendra difficile de ne pas le césariser au moins une fois pour son rôle. François Cluzet est aussi favori, mais avec deux nominations, les voix des votants risquent de trop se diviser. Ou pas.


Meilleure actrice



Isabelle Adjani dans La Journée de la jupe
Dominique Blanc dans L'Autre
Sandrine Kiberlain dans Mademoiselle Chambon
Kristin Scott-Thomas dans Partir
Audrey Tautou dans Coco avant Chanel


Avis à l'Académie des César : Kristin Scott-Thomas VEUT UN CESAR, BORDEL A QUEUE !!! Après Il y a longtemps que je t'aime, elle revient donc cette année avec un autre rôle de femme forte torturée et rongée de l'intérieur. Pas de bol, c'est l'année du come-back d'Adjani qui, dans un film qui est certes filmé comme un épisode de Julie Lescaut, est toujours aussi possédée et déglinguée. Dominique Blanc, l'une des meilleures actrices de sa génération singulièrement peu connue du public, est un outsider intéressant, mais comment résister à l'envie de voir Adjani prononcer un discours de remerciements ?




Meilleur acteur dans un second rôle






Jean-Hugues Anglade dans Persécution
Niels Arestrup dans Un prophète
Benoît Poelvoorde dans Coco avant Chanel
Joeystarr dans Le Bal des actrices
Michel Vuillermoz dans Le Dernier pour la route


Michel Vuillermoz est, lui aussi, trop peu connu du grand public, et un César du meilleur second rôle n'y changera pas grand'chose. Joeystarr n'est pas mauvais dans le par ailleurs très intéressant et malheureusement ignoré Bal des Actrices, et Poelvoorde commence à fatiguer tout le monde à jouer au comique qui prend des rôles sérieux, mais je pense que, cette année encore, c'est Niels Arestrup qui sera récompensé pour le rôle sur mesure que lui a proposé Jacques Audiard.



Meilleure actrice dans un second rôle



Aure Atika dans Mademoiselle Chambon
Anne Consigny dans Rapt
Audrey Dana dans Welcome
Emmanuelle Devos dans À l'origine
Noémie Lvovsky dans Les Beaux Gosses


Catégorie pas évidente, où émergent deux favorites à mon sens : Emmanuelle Devos, que les César aiment beaucoup, et Noémie Lvovsky, en mère marrante (c'est cool, les rôles de mères marrantes). Audrey Dana a échappé au César du meilleur espoir il y a deux ans pour Roman de Gare, de Lelouch, c'est peut-être le moment de lui valider son côté bankable, dans un rôle d'ex-femme sympa et compréhensive qui a plu à tout le monde. Je parie sur Devos, c'est encore ce qui me paraît le moins risqué...



Meilleur espoir masculin



Fyrat Ayverdi dans Welcome
Adel Bencherif dans Un prophète
Vincent Lacoste dans Les Beaux Gosses
Tahar Rahim dans Un prophète
Vincent Rottiers dans Je suis heureux que ma mère soit vivante


Si Tahar Rahim ne l'a pas, donc (ce qui paraît improbable, mais après tout...), il y a de bonnes chances pour que ce soit pour Vincent Rottiers, excellent dans un rôle principal très ambivalent dans le lourd et anxiogène Je suis heureux que ma mère soit vivante.




Meilleur espoir féminin



Pauline Étienne dans Qu'un seul tienne et les autres suivront
Florence Loiret-Caille dans Je l'aimais
Soko dans À l'origine
Christa Theret dans LOL
Mélanie Thierry dans Le Dernier pour la route

Soko ferait un très joli César "belle histoire", de MySpace à la reconnaissance du milieu professionnel. Et pis, c'est une bordelaise, donc ça me ferait plaisir. Toutefois, Florence Loiret-Caille et Mélanie Thierry ne sont pas les premières venues non plus, au point qu'on se demande ce qu'elles foutent encore dans la catégorie espoir. Enfin, je n'ai pas vu Qu'un seul tienne et les autres suivront, mais j'ai entendu dire beaucoup de bien de Pauline Etienne. Si LOL obtient un César genre "On en avait aussi donné un à Sophie Marceau pour La Boum 2, qui raconte exactement la même chose, oh la la, trop rigolo", je saute par la fenêtre. On termine donc sur une petite lâcheté : je ne me prononce pas.



Par contre, comme je suis trop déglingo, je vais quand même parier que Un Prophète aura aussi des César technique et sera couronné Meilleur scénario original. Trop ouf.

19.2.10

A Single Man, vachement mieux

Alors Valentine's Day, on est bien ok, c'était pas top, hein (tu me raconteras quand tu seras allé(e) le voir, z'êtes d'accord ?). Par contre, A Single Man, le film de Tom Ford qui sort mercredi prochain, c'est vachement mieux. Enfin, je te laisse maîtriser ton destin, hein, jeune, tu vas voir ce que tu veux, mais comme on est chez moi ici, on va continuer à parler cinoche, opinions éclairées de ma scintillante personne et critiques dignes des Cahiers du Cinéma (minimum), histoire de t'influer de la sortie ciné. Ne me remercie pas, en vrai, on sait trop bien que je ne suis ni blougueur ciné ni blougueur influent, mais on fait comme si, sinon on arrête encore de pondre des posts pendant quinze jours, à ce train-là, bordel.





Donc, Tom Ford a réalisé un film. Y'en a marre des chanteurs qui veulent faire l'acteur, des comiques qui veulent faire chanteurs, des acteurs qui veulent faire designers, des sportifs qui veulent faire mannequins, des mannequins qui veulent faire acteurs, non ?... On peut pas essayer d'exceller dans un premier métier avant d'aller empiéter sur les plates-bandes des gens qui galèrent à faire le métier d'à côté ?


Cela, c'est ce que je me dis en règle générale : quand on est un vague mannequin people comme Paris Hilton, pouvoir sortir sans problème un disque alors que des vrais chanteurs galèrent à être produits, c'est moche. Pareil quand on s'appelle Anna Kournikova et qu'on préfère jouer les godiches dans les clips d'Enrique Iglesias au lieu d'envisager de gagner des matches de tennis (de toute façon, Anna est juste une retraitée qui n'a pas annoncé sa retraite, maintenant), ou qu'on s'appelle Bernard Tapie et qu'on est convoqué sur des plateaux de ciné pour bouger et parler devant une caméra. Et y'a plein d'autres exemples, rarement heureux, de cette tendance au demeurant bien compréhensible à vouloir "être un artiste polymorphe" (la frime).


Mais, rarement, donc, l'exemple est heureux. Celui de Björk l'était, si tu veux. Et celui de Tom Ford, assurément, l'est. Pour tout te dire, quand je suis allé à l'avant-première organisée hier soir par Yagg (un site qu'il est bien, et que je t'encourage vachement à aller zyeuter), j'étais un peu circonspect. Pour les raisons invoquées plus haut, donc (chacun son métier, et à en faire plusieurs en même temps on risque de n'en faire aucun correctement), et aussi parce que, du peu que j'avais vu filtrer du film (extraits, photos, B.-A...), je me disais que ça avait l'air d'être un peu de l'esbroufe esthético-élitiste chiante, quand même. Premier argument de vente du film à mon sens : Tom Ford (qui est une bombe sexuelle, pour rappel). Deuxième argument de vente : l'interprétation reconnue par la profession, avec une Coupe Volpi du meilleur acteur à Venise pour Colin Firth. C'est bien (il rejoint ainsi au palmarès des petits joueurs comme Jean Gabin, James Stewart, Marcello Mastroianni, Sean Penn, Javier Bardem, bref de vulgaires porte-manteaux, quoi), mais ça ne suffit pas à me convaincre a priori. La simple présence de Colin Firth et de Julianne Moore, en revanche, voila de l'argument de vente qui pèse. Mais pas assez non plus. Et la perspective de voir une intellectualisation du deuil sur fond d'images clipées par un œil modasse, c'était carrément un argument de rejet : non pas que j'ai quelque chose contre l'esthétisme poussé, mais j'avais peur qu'avec seulement de belles images, on s'ennuie un peu ferme, vois-tu.


Et pis...

Et pis, lorsque les lumières se sont éteintes et que le film a débuté, je me suis laissé porter. La beauté formelle des images, qui reflète effectivement les obsessions d'esthète de l'ex directeur artistique de Gucci, n'étouffe pas le film dans une rigueur élitiste m'as-tu-vu, que je craignais vraiment. Les images sont belles, la mise en scène est de très bonne qualité, la stylisation est forte mais ressemble plus à une signature visuelle qu'à une simple volonté de transposer un défilé sur grand écran, la tension provoquée par le scénario est bien plus forte que ce que le synopsis de base laisse supposer, les lenteurs arty qui auraient pu encroûter tout le film sont en fait réservées à de brefs passages oniriques. Les acteurs, comme espéré, sont excellents, dans un registre un peu perché mais finalement assez naturel (on est, ici, chez de riches intellectuels britanniques, pas dans un épisode de Prison Break). Mention spéciale à la déesse Julianne Moore, dans sa très jolie scène principale, et bien sûr à Colin Firth, qui porte tout le film en partageant sa douleur sans l'intellectualiser en permanence, et petit bonus de sympathie pour la présence de la toujours rafraîchissante Ginnifer Goodwin.


L'inconvénient, en général, des films dits "gays" (et je ne parle pas des pornos, hein), c'est qu'il y a toujours un truc qui pêche : dialogues pourris, mise en scène fauchée, scénario bof bof à base d'obsédés sexuels ou d'ados dépressifs, acteurs débutants ou semi-pros... Il y a toujours au moins un de ces paramètres qui merde quelque part. Mais Tom Ford, dans son film (et qu'on ne vienne pas nous endormir avec du "rhoooo, mais nan, c'est pas pareil, c'est pas un film gay, c'est un film sur l'amour universel" : nan, c'est un film gay, point barre), réussit à éviter ces écueils, avec en prime vingt dernières minutes de film qui ont l'agréable atout d'être surprenantes, de ne pas partir dans la direction attendue. Je ne sais pas si ce film peut faire des millions d'entrée en France (j'en doute même fortement), mais pour une fois qu'un film à thématique "gay", donc (même si c'est moins une thématique qu'un cadre d'action), réussit à réunir des qualités de mise en scène et de jeu, un bon potentiel d'exploitation à échelle "grand public" et des têtes d'affiches qui font la promo sans rechigner, j'ai envie de te dire qu'on va pas faire nos mijaurées. Parce qu'en dehors d'une partie des œuvres de quelques réalisateurs connus comme Gus Van Sant, André Téchiné ou Almodovar, des thématiques LGBT traitées de front, avec une belle justesse et sans mièvrerie, dans des films qui ne sortent pas directement en DVD, il n'y en a pas tant que ça.


Donc, voila, ça ne te fera pas passer une chouette soirée pop-corn entre copines devant Jessica Alba en nuisette, certes, mais A Single Man saura probablement toucher quelque chose dans ton cœur de jeune biche, et te fera passer, ce qui n'est pas négligeable non plus, un vrai moment de cinéma. Go for it !

18.2.10

Valentine's Day, bien mais pas top

Bon, je vais finir par tous vous abandonner, tu sais, à force de déprimer tranquillou sur mes candidatures et de voir que MÊME PAS tu viens me supplier de revenir dans les commentaires. Nan mais je te jure, l'ingratitude du lectorat, parfois, ça me rappelle le collège.


Histoire de ne pas t'abandonner complètement, et aussi parce que mes stats ont tellement plongé que, du haut de mon piédestal bien au-dessus de ces basses considérations bloguesques (genre "ouais, ranafout' de mes stats"), je vais tenter de sauver au moins mes sept lecteurs quotidiens avides de décolletés d'animatrices d'émissions de qualité (à propos, si quelqu'un peut m'expliquer ce que signifie la requête "comment complimenter une adolescente sans faire le canard", ça me dépannerait), je te ponds du nouveau post. Du post ciné, hein, parce que le ciné c'est mon seul prétexte pour sortir de chez moi actuellement, en-dehors des courses. La chômeur connexion, qu'ils appellent ça.




Alors voilou, hier, comme je mène une vie d'ermite célibataire chevronné, je me suis dit qu'une bonne tambouille hollywoodienne bien ficelée me ferait du bien au moral. Que nenni, mes autruches en string,  car Valentine's Day, en fait, est une daube sur laquelle j'ai passé deux heures à soupirer entre deux vagues rires. Ouais. Je sais, grosse déception, on s'attendait au minimum à du prix d'interprétation cannoise, et au final, que pouic. Dégoûté. Bon, ok, c'est du Garry Marshall, mais quand même, Pretty Woman ou Princesse malgré elle, c'était pas chiant. Au pire, gnangnan, mais faut aussi savoir ce qu'on veut quand on entre dans une salle de cinoche, non ?



La fausse bonne idée du film, c'est de tout miser sur son casting, et c'est vrai qu'il faut avouer que ça a de la gueule (même si, au final, cite-moi un BON film dans lequel une de ces personnes a joué récemment, hein) : Jessica Biel (nue), Jennifer Garner (nue), Jessica Alba (nue), Julia Roberts (bon, ça suffit, maintenant), Ashton Kutcher, Jamie Foxx, Kathy Bates, Patrick Dempsey, Bradley Cooper, Eric Dane, Taylor Lautner, Anne Hathaway, Taylor Swift, Topher Grace, Queen Latifah, Shirley McLaine...



Ce qui fait qu'on s'intéresse au film au début, c'est qu'on se demande qui va se taper qui, suspense ô combien hametant qui pour certaines intrigues dure jusqu'à la fin, chouette alors. Mais au final, le film pâtit d'un manque de rythme dans le scénario, avec plein de scènes pas très drôles et des liens finalement ténus entre les différentes intrigues. Quand on cherche à faire un film niais romantique choral genre Love Actually (c'est bon, les mecs, on l'a senti), mais avec l'excuse commerciale de la Saint Valentin, autant miser sur les scénaristes plutôt que sur le casting people : certes on fera moins d'entrées le premier week-end, mais sur la durée le film sera reconnu comme pas trop pourri, ce qui à mon sens en vaut la peine. Car dans Valentine's Day, pour deux ou trois scènes à peu près marrantes, quinze scènes bourrées de caractérisations sommaires des personnages, de dialogues pas extraordinaires (la verve des personnages british de Love Actually ou de Good Morning England, ça passe aussi par les dialogues) et des clichés les plus éculés de comédies romantiques, voire de séries sentimentales pour ados fossilisés sur leur canapé. Dans le désordre : coucher ou ne pas coucher pour la première fois avant la fac, pardonner ou ne pas pardonner une vieille infidélité, mon mec est-il secrètement marié ou pas, je suis blasé de la Saint Valentin et c'est donc précisément ce jour-là que je vais trouver l'amour... Bonjour les efforts, Mr Marshall.


On aurait à la limite pu miser sur les clins d'œil tout trouvés proposés par le casting, mais même pas. En effet, et c'est troublant quand ça survient à une échelle pareille, plusieurs des acteurs du film ont en commun le premier film/série qui les a rendus célèbres. Julia Roberts et Hector Elizondo sont les deux rescapés de Pretty Woman, un film qui nous permettait de croire que le tapin pour une gamine fauchée de vingt ans c'est pas du tout sordide (ouais, dans un cinq étoiles avec la carte de crédit de Richard Gerbe, tu m'étonnes, chéri), et réalisé par... Garry Marshall qui a maintenant vingt ans, d'ailleurs, la vache, ça colle un coup de vieux, ça. Ashton Kutcher et Topher Grace étaient respectivement Kelso et Eric dans That 70's Show. Eric Dane et Patrick Dempsey sont Docteur Machin et Docteur Truc dans Grey's Anatomy. Bradley Cooper et Jennifer Garner doivent à peu près tout ce qui leur arrive de bien aujourd'hui à la série Alias... Eh bah tu sais quoi ? Même pas les scénaristes les ont fait se croiser dans le film ! Trop naze.


A la limite, vas-y quand même pour Taylor Swift, qu'on a mis en couple avec Taylor Lautner parce que, hon hon, Taylor et Taylor, trop drôle. La petite Taylor joue en effet un rôle très "Dorothy Doll" dans son genre, quoiqu'elle a été mise dans l'intrigue la moins intéressante. Le petit Taylor, lui, nous montre l'intérêt qu'il y a à le voir dans un film où il n'enlève pas le haut : aucun, apparemment.


Ah, et pis quand même, on appréciera les quelques scènes de Queen Latifah, la seule qui bénéficie de dialogues un peu marrants.


Mais bon, ça fait light, au bout du compte. Je vais peut-être me ressortir de vieux DVDs de Meg Ryan, moi.

11.2.10

L'ironie existe (et la mort, c'est moche)



Cette couv' date de 1998...


Alexander McQueen, le trublion issu du giron de Givenchy, s'est donné la mort aujourd'hui, en plein démarrage de la facheune ouike londonienne... Encore un qu'on a appelé "enfant terrible de la mode" sous prétexte qu'il utilisait des couleurs criardes, de la provoc' et des détournements audacieux des codes vestimentaires ancestraux. Heureusement, il leur reste JPG et John Galliano comme enfants terribles, hein, sinon ils s'emmerderaient grave dans la mode à partir du 11 février 2010.


Ici, c'est pas un blog de modasse. J'y connais pas grand'chose et je n'avais déjà pas les moyens de porter du Alexander McQueen jusqu'à présent (financièrement et stylistiquement, vu que j'ai plutôt tendance à m'habiller comme un inspecteur des impôts en retour de dépression). Financièrement, les sapes de la marque ne risquent pas de devenir plus accessibles aux résidents du beau pays de la Chômagie (dont je suis actuellement, je te le rappelle) (j'ai pris un visa à durée indéterminée, avec option "rigolade au Paul de l'Emploi"), dans les semaines à venir. Mais bon, il m'arrivait de m'attarder sur certaines de ses pièces masculines, de baver et d'aller faire semblant de me consoler chez H&M.



Je fais pareil avec quelques autres de ses copains, d'ailleurs. Si tu as de l'argent, si tu m'aimes à la folie et si tu veux me faire plaisir (et je sais que tu le veux, ma cochonne), tu peux m'acheter des sapes d'Alexander avant qu'elles ne soient frappées par l'inflation. Ou après, d'ailleurs, si t'as vraiment beaucoup d'argent, tu peux carrément casquer l'ultime collection collector, non ?



Ta générosité m'émeut, tiens.



Le monde de la mode est en deuil, donc. Et mon espoir de porter un jour du Alexander McQueen est complètement mort. Je vais continuer à m'en tenir au noir, au bleu marine et au beige, je crois.



Ah, et pis tout ça ne risque pas non plus de nous débarrasser de Lady Gaga, potesse de et sapée régulièrement par...






On ne regardera plus Bad Romance de la même manière. Déjà que c'était pas un clip ordinaire...



C'est quand même moche de mourir à 40 piges. Par contre, le business se chargera de ta postérité, Alex, va (tu permets que je t'appelle Alex, hein ?) (tu t'en fous, t'es mort).

Rest in peace, du coup. Tu ne m'as jamais habillé mais tu vas me manquer, un peu, et tu vas surtout manquer beaucoup à toutes ces garces de l'univers glamour et LDP. Cette année, l'évènement de la facheune ouike, ce sera pas dans les défilés.

9.2.10

Le moral n'y est pas


Une semaine sans post, ça fait presque un sevrage. Presque, j'ai dit. C'est que je me laisse rattraper par la déprime hivernale, mes endives braisées. Mais nullement je ne souhaite abandonner ce bloug. Je suis simplement en panne d'inspiration. Je regarde les jours passer, et je ne vois aucune satisfaction raviver les couleurs de mon tableau.


La bonne nouvelle, si on peut appeler ça une bonne nouvelle, c'est que je me remets à jour de séries US. La mauvaise, c'est que les épisodes de Lost, de DH ou de HIMYM ne provoquent pas de réponses aux candidatures pour des boulots. Plus les jours passent, donc, et plus la sensation de vide m'envahit. Au moment d'ouvrir le formulaire de rédaction de blogger, je me suis demandé ce que j'allais bien pouvoir vous écrire, mes crêpes Gigi, car au-delà de mon appréhension de rédiger un énième post d'excuses sur mon manque d'inspiration, je ne sais tout simplement pas quoi dire, ma tête bourdonne dans le vide.


Alors je vais laisser là mes états d'âme, essayer de reprendre du poil de la bête (que cette expression est moche, bon sang) (de quelle bête était-il question au départ, je te le demande ?) et revenir plus beau, plus fort, plus fringuant que jamais...


Mais je t'avoue que si l'horizon pouvait se dégager un petit peu, ça irait déjà vachement mieux.

2.2.10

Et les Oscars, ils servent à quelque chose ?

Comme c'est la saison des cérémonies et que, décidément, c'est un de mes dadas (j'ai plein de dadas) (comme Guy Lux), je vais m'atteler à un post sur les principales catégories des Oscars, pour lesquels les nominations sont tombées aujourd'hui. C'est pas que je sois un critique ciné hors pair, ni même que j'ai vu tous les films en compétition, mais après tout, on peut se fier à un mélange de flair et de résultats de Golden Globes, SAG Awards et autres joyeusetés, et le petit plaisir des pronostics ne mange pas de pain.




Et pis, bon, au moins, aux Oscars, les choses sont moins courues d'avance qu'aux Césars (mais j'y reviendrai une autre fois). Par nommés, je trouve que le cru 2010 est correct sans être excellent, avec peu de films surnageant, aucun film ne pouvant prétendre, par exemple, gagner les cinq oscars majeurs (film, réalisateur, acteur, actrice, scénario).




Meilleur film


(Loft Story, le film)



Avatar de James Cameron
The Blind Side de John Lee Hancock
District 9 de Neill Blomkamp
Une éducation de Lone Scherfig
Démineurs de Kathryn Bigelow
Inglourious Basterds de Quentin Tarantino
Precious: Based on the Novel 'Push' by Sapphire
A Serious Man de Joel Coen et Ethan Coen
Là-haut de Pete Docter
In the Air de Jason Reitman


Après les Golden Globes et le triomphe en salles, qui en fait désormais le plus gros succès de tous les temps de l'univers intergalactique, Avatar fait figure, mais sans plus, de favori. Le Démineurs de Kathryn Bigelow (l'ex-femme de James Cameron) a également des atouts, avec son sujet über politique, sa mise en scène et sa reconnaissance professionnelle déjà bien établie. Enfin, Là-haut, très bien porté par le public et assez poétique (même si je n'ai pas été aussi emballé que certains), ferait un méritoire premier film Pixar à décrocher l'Oscar du meilleur film.





Meilleur réalisateur




James Cameron (Avatar)
Kathryn Bigelow (Démineurs)
Quentin Tarantino (Inglourious Basterds)
Lee Daniels (Precious: Based on the Novel 'Push' by Sapphire)
Jason Reitman (In the Air)


Cameron le magicien est supposé avoir fait avancer l'industrie toute entière avec Avatar, qui ne manquera pas de provoquer un effet boule de neige d'enthousiasme pour la 3D, technologie pas complètement nouvelle mais dont l'essor devrait révolutionner le cinoche dans les prochaines années. Du coup, le récompenser pour marquer le coup ne sera pas de mauvais goût, même si, en termes de nominations et d'adhésion, on est loin de l'effet king of the world de Titanic. Son ex-femme aussi a des chances, car sa victoire offrirait un juste retour des choses après les Golden Globes (et pis faire gagner une femme réalisatrice pour la première fois en 2010, ce serait pas mal). Les autres, à mon avis, ont bien peu de chances de s'immiscer entre ces deux favoris.




Meilleur acteur




Jeff Bridges - Crazy Heart
George Clooney - In the Air
Colin Firth - A Single Man
Morgan Freeman - Invictus
Jeremy Renner - Démineurs


Jeff Bridges a obtenu le Golden Globe, ça me paraît bien parti pour lui. George Clooney, dans In the Air, est très apprécié de ses collègues de la profession, mais peut-être un chouïa trop en mode cabotinage (en gros, ce serait un peu facile qu'il l'ait pour ce rôle qui est certes sympa et bien écrit, mais qui ressemble trop à l'habituel numéro de playboy assuré et pince-sans-rire de George). Ma sympathie pour Colin Firth (et son Ours d'argent du meilleur acteur au festival de Berlin) me donne envie d'y croire un peu pour lui. Il n'y a qu'à regarder l'année dernière : Mickey Rourke, gagnant aux Golden Globes et ultra favori aux Oscars, s'est fait coiffer au poteau, un peu à la surprise générale, par Sean Penn pour Milk. En même temps, deux rôles gays remportant l'Oscar deux années de suite, ce serait too much. Jeff Bridges est à mon sens ultra favori cette année, donc wait and see.




Meilleure actrice




Sandra Bullock - The Blind Side
Helen Mirren - The Last Station
Carey Mulligan - Une éducation
Gabourey Sidibe - Precious: Based on the Novel 'Push' by Sapphire
Meryl Streep - Julie et Julia


Là, on a un problème : Sandra Bullock, en gagnant le Golden Globe de la meilleure actrice dans un film dramatique, devient de facto la favorite des Oscars. Peut-elle l'avoir, et de ce fait rejoindre Julia Roberts et Reese Witherspoon au rang prestigieux d'actrice bankable reconnue par ses pairs ? Si oui, le cinéma s'en remettra-t-il ?
Bon, sinon, on a Meryl Streep qui n'en peut plus d'être nommée presque chaque année sans jamais l'avoir, mais bon elle en a déjà deux. De son côté la petite obèse de Precious pourrait venir jouer les trouble-fêtes et définitivement transformer son film social en conte de fée. Je vais jouer le conservatisme et miser sur Meryl.





Meilleur acteur dans un second rôle




Matt Damon - Invictus
Woody Harrelson - The Messenger
Christopher Plummer - The Last Station
Stanley Tucci -Lovely Bones
Christoph Walz - Inglourious Basterds



Là, je ne pense prendre aucun risque en pariant sur Christoph Waltz, second rôle particulièrement truculent du dernier Tarantino, tellement salué et récompensé que c'en devient indécent. Les nominations de cette catégorie sont exactement les mêmes qu'aux Golden Globes, il n'y a pas vraiment de raison que le résultat diffère...




Meilleur actrice dans un second rôle




Penélope Cruz - Nine
Vera Farmiga - In the Air
Maggie Gyllenhaal - Crazy Heart
Anna Kendrick - In the Air
Mo'Nique - Precious: Based on the Novel 'Push' by Sapphire


Encore une fois, ici, les Golden Globes ont parlé : Mo'Nique, en jouant les mères tyranniques, semble bien partie pour l'emporter. Dommage pour les autres, notamment Vera Farmiga, charmante et intrigante dans In the Air, dans un rôle désabusé en diable et au franc parler agréable, sans gros truc à Oscar dedans mais quand même assez marquant. Penelope Cruz, qui a gagné dans la même catégorie l'an dernier, a peu de chances avec Nine, film apparemment complètement boudé par les Oscars...




Meilleur scénario original





Mark Boal - Démineurs
Quentin Tarantino - Inglourious Basterds
Alessandro Camon et Oren Moverman - The Messenger
Joel Coen et Ethan Coen - A Serious Man
Bob Peterson, Pete Docter et Tom McCarthy - Là-haut


Tarantino, malgré sa réécriture jubilatoire de l'Histoire, a échappé au Golden Globe. Il faut dire que son film a bien des aspects perfectibles, et que tous les rôles ne sont pas aussi bien écrits les uns que les autres (en même temps, difficile de ciseler des personnages de la même verve que Hans Landa) (mais quand même, le petit ami de Shoshanna...). Voila peut-être pour lui l'occasion de se rattraper, en tout cas, après pas mal de cérémonies où seul Christoph Waltz semble avoir été retenu au palmarès... Démineurs et A Serious Man sont des outsiders intéressants.




Meilleure adaptation





Neill Blomkamp et Terri Tatchell - District 9
Nick Hornby - Une éducation
Jesse Armstrong, Simon Blackwell, Armando Iannucci et Tony Roche - In the Loop
Geoffrey Fletcher - Precious
Jason Reitman et Sheldon Turner - In the Air



Pas vraiment d'idée, ici. Mais comme j'ai vu (et aimé) In the Air, et qu'il a eu le Golden Globe, je vais parier dessus. Les autres, c'est bien simple, j'ai pas vu, alors difficile de juger de la qualité de l'histoire, et a fortiori de la manière dont c'est adapté.



Meilleur film d'animation




Coraline d'Henry Selick
Fantastic Mr. Fox de Wes Anderson
Là-haut de Pete Docter
La Princesse et la grenouille de Ron Clements et John Musker
The Secret of Kells de Tomm Moore



Là-haut, sans équivoque, devrait perpétuer la suprématie Pixar sur cette catégorie. Je n'ai pas encore vu La Princesse et la grenouille, qui a priori me fait bonne impression, mais les images de synthèse sont vachement plus à la mode...





Meilleur film étranger




Ajami (Israël)
El secreto de sus ojos (Argentine)
Fausta (La Teta Asustada) (Pérou)
Un prophète (France)
Le Ruban blanc (Allemagne)


Carton plein pour Le Ruban blanc ? Fausta et Un prophète, dans des registres hyper différents, ont aussi marqué les américains (enfin, un peu, quoi) (il ont fait 50 entrées chacun, quoi), alors pourquoi pas une surprise pour le film d'Audiard ?




Oulala, quel suspense les enfants ! Je vais en faire des insomnies, tiens... Ah, j'en fais déjà. Ah oui, j'en fais déjà.

1.2.10

Old Sluts : Lois & Clark (1993-1997)


Tiens, ça faisait longtemps que j'avais pas écrit de post "old sluts", moi. Faut dire que pour ce qui est du suivi, ici...



L'autre soir, je me suis collé devant la télé, et y'avait des rediffs de Lois & Clark : Les nouvelles aventures de Superman (qui ne sont plus très nouvelles depuis 15 ans, mais bon). Outre le fait que ça a vachement vieilli (effets spéciaux so 1992, brushings et fringues improbables, caractérisation des personnages tellement machiste que l'on se demande si une telle série pourrait voir le jour aujourd'hui...) et que ce n'est franchement plus aussi drôle que dans mon souvenir, j'ai été vachement surpris : les rediffs ont duré jusqu'à 5 heures du mat', et j'ai tout regardé.



Comme quoi, à ce stade, la télé de qualité, c'est de la drogue dure.



Depuis cette époque, Teri Hatcher est passée par la case has been avant de revenir plus forte que jamais dans la peau de Susan Mayer, et Dean Cain... euh, je suis pas sûr, mais d'après wikipedia il fait encore des films (des direct-to-DVD ?). Le temps où il écrivait des sioupeurs articles pour le Daily Planet est bien loin, d'ailleurs je me demande aujourd'hui comment ils faisaient leurs recherches hyper poussées sur les suspects de leurs affaires criminelles improbables en moins de dix minutes, alors qu'ils avaient pas le ouèbe.




Un autre détail rigolo de la VF que je n'analysais point à l'époque, c'est que je me suis mis à reconnaître la voix de Buffy Summers dans la bouche de Lois et celle de Chandler Bing dans celle de Clark. La VF a au moins cet avantage là : créer un lien, voire, si on est pervers, un couple aussi improbable que Buffy et Chandler.




Dingue, non ?




Bon, je te laisse, y'a une rediff d'Hélène et les garçons, et là c'est l'épisode où Laly apparaît dans la série pour remplacer l'autre courge à cheveux courts totalement interchangeable qui l'avait précédée. Elle jouait mal dès le début, apparemment. Les scénaristes ont commis l'exploit de caser Laly avec Sébastien en un seul épisode, pour créer une belle symétrie quatre filles / quatre garçons / quatre couples.



Encore plus déglingo, non ?