31.8.09

Le truc matraqué




Il y a un truc auquel il est impossible d'échapper, en ce moment, dans la lignée de tous les tubes pseudo dance R'n'B qui, de manière subtile (quoique très légèrement trop diffusée pour être vraiment neutre) (on sent le parti pris éditorial de quelqu'un, à la programmation, à un moment ou à un autre, c'est pas possible autrement), envahissent les ondes, les chaînes musicales et les établissements de nuit où, fort heureusement, on peut aussi descendre une vodka pour oublier / nourrir l'espoir de devenir un peu plus sourd.






J'appelle ordinairement cela "le truc matraqué".







Le truc qui semble assez innocent, au début. On se dit que ça a une chance de trouver son public grâce à une mélodie vaguement accrocheuse et à des nanas qui se trémoussent en bikini sur fond blanc à côté d'une voiture tunée (comme cela arrive si souvent dans la vraie vie, d'ailleurs). Mais bon, on se dit aussi que ce sera un succès raisonnable, genre un vague passage dans le top 10 des diffusions radio sans plus, avant de disparaître gentiment au détour d'un deuxième sinegueule que plus personne n'achète ni n'écoute (généralement, ça se passe comme ça). Parce qu'il faut quand même se rendre à l'évidence : c'est de la dance de merde, qui reprend la même boîte à rythme entendue 9568 fois depuis 1992 sur fond d'une mélodie plus ou moins pompée sur un truc qui existait déjà.







Là réside toute la fourberie de ce sinegueule : car bizarrement, cela a beau être mauvais comme un sinegueule de Véronika Loubry, la mayonnaise prend, les radios décident de le diffuser huit fois par jour, les gens qui achètent encore des sinegueules adoptent la ritournelle.







Ce qui nous donne des succès incompréhensibles comme ceux de K-Maro, Tribal King, Tragédie, Crazy Frog, Las Ketchup, bref que des trucs dont on s'accorde à dire que ça n'aurait jamais du se vendre autant, et qu'on a fini par détester, si ce n'est dès le début, au moins au bout du deuxième mois de matraquage médiatique intense.






Ce qui m'amène à la question : pourquoi ces titres-là ? Ni bons, ni particulièrement bien produits (clips assez cheap, esthétique beaufisante, paroles tellement abruties que je serais prêt à détester encore plus qu'une chanson de Pep's)... Seraient-ce des succès "second degré" ?... A qui la faute, au final : aux diffuseurs, ou au public ?








Tant de mystère me laisse pantois, surtout face à la régularité du phénomène, pourtant pas systématique (tous les n°1 du top sinegueule ne sont pas des titres de R'n'B) (on n'est pas encore aux Etats-Unis).







Et donc, en ce moment, le titre honni auquel on ne peut échapper et qui fait probablement les beaux soirs des Macumba de province où je n'ai malheureusement pas eu le loisir de prendre des vacances cet été, c'est ça :






Et là je dis : STOOOOOOOOOOOOP !!! PITIE !!! ARRÊTEZ DE DIFFUSER CE TRUC !! J'EN PEUX PLUUUUUUS (Père Dodu) !!! NEXT !




...




Mais bon, au moins, il vendra pas trop d'albums, vu le titre...

28.8.09

Old Sluts : Screech (1989-1993)




Ok, ça va bien, les absents, tu vas rentrer de vacances ou bien ?






Aujourd’hui parlons culture, parlons abstraction, parlons trou noir esthétique des 90's, parlons d’un programme emblématique de ta lointaine jeunesse. Saved by the Bell, si tu essayes de te la jouer "je vivais à New York en 1992" (ringard), ça s’appelait Sauvés par le Gong





Mais si, souviens-toi. C’était diffusé dans Giga






Ah, tu te souviens pas de Giga. Ni de son sioupeur générique. T'es nul.






Bref.








Générique sauvés par le gong









Ça racontait (Sauvés par le Gong, hein, pas Giga) les aventures de cette espèce de fayot de Zack, le petit frère spirituel et mal dégrossi de Brandon Walsh (qui était déjà pas bien dégourdi) et le jumeau spirituel non diabolique de Parker Lewis ne perd jamais, qui racontait à la caméra ses mésaventures lycéennes que, du haut de mes huit ans, je trouvais über palpitantes. Le no life power en CE2, un drame social dont on ne parle pas assez. Engageons-nous, moi je dis.






Bon, et Zack, il avait une bande de potes stéréotypés comme dans toutes les séries américaines qui se passent dans un lycée. Il était amoureux de Kelly, la plus jolie pintade de son lycée qui avait un brushing qui lui nécessitait environ deux bombes de laque par jour et une personnalité de fille à papa. La petite princesse du lycée de Bayside, quoi. Ou la connasse, selon les interprétations (héritières : Kelly Taylor dans Beverly Hills, Cordelia Chase dans Buffy, Summer Roberts dans Newport Beach, Cassie Cartwright dans Greek).







Il y a avait un beau gosse sportif qui remplissait aussi la case latino dans la feuille de quotas de la prod’. Ça arrangeait tout le monde. Ce beau gosse, dont j’ai oublié le nom (mais pas le vrai nom dans la vraie vie : "Mario Lopez l’ex d’Eva Longoria") était amoureux de Jessie, alias Elizabeth Berkley (dont j’ai déjà parlé) (faut suivre, j’t’ai dit) (t’es relou), alias la fille qui est jolie mais un peu moins que l’héroïne parce que plus complexée, qui est systématiquement la meilleure copine de l’héroïne justement (ça alors), et qui finit donc logiquement par tomber dans les bras du sous-fifre du héros. Jessie n’était pas laide, mais elle était grande comme une girafe et elle avait les cheveux frisés (pas de bol) (héritières : Joey Potter dans Dawson, Willow Rosenberg dans Buffy, Donna Martin dans Beverly Hills).








Enfin, pour compléter les quotas, il y avait une jolie black intelligente qu’on avait affublée d’un nom ridicule histoire de lui donner un potentiel comique : Lisa Turtle.







Et Lisa Turtle, elle était poursuivie des assiduités de… Screech.





Screech, qui c’était donc ? Bah c’était le meilleur pote de Zack, celui qui servait de caution comique à presque toute la série, parce qu’il était maladroit, un peu geek, nul en drague, mal sapé, attraction de foire quand il avait le malheur d’expérimenter un truc… Bref, celui qui se retrouve toujours célibataire à la fin, pendant que ses camarades batifolent dans les couloirs du lycée, se roulent des galoches et finissent même par convoler. Lui, il reste là à faire le guignol pendant toutes les années que dure la série (plus de dix ans si on compte les prequels, épisodes spéciaux et suites).




Mais il avait fini par sortir avec Tori Spelling dans la série (la chance !), quand même.





(Car ce qui est rigolo dans tout ça, c'est que Tori Spelling - la Donna Martin sous-fifre de Kelly Taylor dans Beverly Hills - avait un jour joué les guests dans la série et était sortie avec... Screech).







Bref, Screech, c’était un moche de service, quoi.












Comme tous les autres acteurs de ce sitcom cultissime, Dustin Diamond (de son vrai nom) a vaguement essayé de préserver sa gloire passée. Mais bon, ce fut un peu peine perdue. Il a quand même fait une sex tape en 2006, qui aurait fuité plus ou moins indépendamment de sa volonté (mais bien sûr…) sur le ouèbe. Malheureusement, il (ou son agent, peu importe) ne semblait pas avoir réalisé que PERSONNE ne veut voir une sex tape de Dustin Diamond.





Depuis je sais pas trop ce qu’il devient, mais j’ai entendu quelque part qu’il voulait faire un livre plein de révélations sur l’époque de la série (genre qui sautait qui, qui était une bitch en plateau, qui sniffait de la coke dans sa loge… chouette). Mais bon, le temps que ça traverse l’Atlantique, hein...






Tout ça pour dire que Screech, quand j’étais petit, il me faisait plutôt rire.










Et puis lorsque j’ai réalisé plus tard (genre en CM1) que j’avais plus le potentiel d’un Screech que d’un Zack, il a bien fallu que je compense cette triste réalité par un sens aiguisé de la LDP : quitte à ressembler à Screech, autant être son double maléfique.




Merci, Dustin.

26.8.09

Un Prophète (je te jure, parfois je vais les chercher loin, mes titres)

"Il nous a tous abandonnés, le traître ?"





Bah ouais.





C’est que j’ai la crève, ma mignonne.



Enfin, une angine, quoi.



Ou la grippe A.



On sait pas, on s’en fout. Du coup, quand je ne suis pas au boulot en train de me liquéfier entre deux quintes de toux grasse, je compense en glamouritude par un comatage intense.






En résumé je te délaisse pour avoir le loisir de me fossiliser en attendant que les équipes anti attaques bactériologiques de l’armée ne viennent m’arrêter pour me soumettre à divers tests et déminer mon appartement. Je suis le petit singe dans Alerte. Je glande. Je dors. Je souffre. Je me meurs. Adieu.












Mais bon, je vais quand même te parler un peu, parce que je m’ennuie.













Tu l’as peut-être remarqué, si jamais tu sors dans la rue, genre pour aller travailler, ou pour aller faire tes courses, ou pour faire semblant de lire un livre dans un parc alors que tu as seulement envie de bronzer un minimum pour que les gens ne grillent pas trop que tu as passé l’été enfermé au bureau… : aujourd’hui, sort Un Prophète, de Jacques Audiard, le film qui est passé à ça de la Palme d’Or cannoise en mai dernier. Y'a l'affiche partout dans les rues de Paris, en tout cas, donc à moins que tu ne fasse que maison-métro-boulot et boulot-métro-maison, tu l'as vue fleurir partout sur les colonnes Morris.








Pourquoi je t’en parle ?






Parce que j’ai eu la chance de le voir en juillet, et que comme je ne suis pas un gros malin, je n’ai pas pris le temps d’en parler avant.





Alors que te dire du film de Jacques Audiard ? Bon, déjà, on va situer ma connaissance du mec : pas grand’chose, ma bonne dame. J’ai vu Sur mes lèvres (j’ai adoré) et De battre mon cœur s’est arrêté (j’ai pas aimé) (ou alors j’en attendais trop) (surestimé à mon goût, quoi). Un héros très discret et Regarde les hommes tomber, j’ai pas vu. Bref, je ne suis pas un vrai acharné de Jacques Audiard. Son univers est intéressant, un peu sombre et désabusé, j’ai plutôt bien mais il faut être d’humeur, à mon sens, pour aller voir une histoire de voyou mouillant dans des histoires un peu sales avant de se sortir in extremis d’un danger mortel…





Enfin, je sais pas si c’est toujours comme ça chez Audiard, mais j’avais vraiment trouvé que De battre mon cœur s’est arrêté, adulé par tous et césarisé à foisons, frôlait un peu la redite par rapport à Sur mes lèvres : le héros vaguement loser, socialement marginal, en permanence à la limite de la légalité, qui vit/survit de petits coups minables avant de se retrouver ferré par de plus gros poissons que lui qui vont essayer de le manger.





Un scénario de base que semble reprendre, un peu, Un Prophète. A cette nuance près que, cette fois-ci, le héros, Malik El Djebena (Tahar Rahim, excellentissime concentré de tension et de charisme) (qui s’avère être un petit gars tout rigolo en vrai), a une personnalité différente du Tom de De battre mon cœur s’est arrêté et du Paul de Sur mes lèvres, n’est pas une grande gueule qui entre dans le film avec ses gros sabots et son ambition de doubler les caïds d’un système qui le dépasse : son histoire sera plutôt celle d’une initiation et, je vais le dire sans trop en dévoiler, d’une ascension.





Quand il entre en prison au début du film, le personnage de Malik a tout pour se faire dessouder au détour d’un couloir de prison par la première grosse frappe qui passe : il est jeune, il est plus chétif que ses comparses de prison, il est arabe au milieu d’une guerre de gangs entre arabes et corses qui tourne franchement à l’avantage des seconds… Dans un épisode de Oz, il se serait fait sodomiser à sec sous la douche avant de se faire briser la nuque, moi je dis.





Mais pas chez Audiard.






Ici, le jeune Malik va rapidement se retrouver face à un dilemme (en fait, il n’aura pas trop le choix), et la première demi-heure, toute en retenue et en tension, est particulièrement prenante et psychologiquement rude à traverser. Ensuite, l’histoire se déroule, avec certes des moments de flottement et d’autres de mise en place des moments clés, mais sans réel temps mort. Les 2h35 du film ne contiennent pas de superflu, au final, et j’ai vraiment passé 2h35 tendu sur mon siège, à l’affût de chaque scène à suivre…









Par ailleurs, Jacques Audiard ose certains partis pris narratifs et visuels (qui évoquent l’onirique) que j’avais déjà entraperçus avant, et qui donnent ici au film une dimension agréable d’ "objet de cinéma". Parce que n’oublions pas qu’on est dans un film de fiction. Alors certes il y a des polémiques autour de l’image des corses, du message politique sur les prisons françaises ou de la corruption du système, mais ce n’est en définitive qu’un film, qui ne s’inspire d’aucun personnage réel et qui essaye juste d’être réaliste. Donc si la prison de Un Prophète n’est pas un cliché de prison ultra brite façon Prison Break, elle n’offre pas non plus à voir le triste spectacle de 3 détenus dans une cellule de 12 mètres carrés… On pourra toujours trouver à critiquer Jacques Audiard dans sa démarche et dans le décor qu’il a planté, car après tout le sujet des prisons françaises prête le flanc à la critique : il y a toujours quelqu’un qui saura mieux ou qui aura vu autre chose au sein du système carcéral qui est le nôtre (et qui reste, faut-il le rappeler, l’un des pires d’occident, peu importe qu’on soit engagé ou pas) (il y a un moment où les critères de dignité humaine sautent aux yeux).



Au final, il faut prendre Un Prophète comme une fable (après tout, un titre pareil posé sur un tel film, qu’est-ce que ça pourrait être d’autre ?), une histoire fictive dont la morale fait écho à la vraie vie, et dont la ressemblance avec une réalité établie serait un malheureux hasard. Ou pas, hein. Jacques Audiard propose donc une nouvelle version de sa sombre vision de notre société et de la manière dont on peut y tirer son épingle du jeu quand on n’est pas dans le rang…






Car au final, même sans intellectualiser à outrance, c’est un thriller avec un scénario béton dont tu ne décrocheras pas avant la fin. Juste pour savoir si Malik peut s’en sortir. S’il peut sincèrement espérer s’intégrer "normalement" dans la société quand tous les éléments jouent contre une réinsertion propre. S’il peut en sortir vivant, aussi (surtout, en fait)…






Bref, si je résume, ce film est : critiquable, probablement. Réussi, objectivement (à mon goût, hein) (je suis toujours objectif, comme mec, c'est bien connu). Efficace, indéniablement. Et cinématographique en diable, simplement. Ce qui devrait suffire à faire son succès.




En re-résumé : On ne va pas bouder son plaisir, non plus, on est face à l’un des meilleurs films français de l’année. Sans blague. T’es relou, des fois.

21.8.09

The Immaculate Turkey





Ok, après ça, je te laisse tranquille avec mes vidéos pourries.




C'est juste que c'est vachement moins long de pondre un post avec un clip dedans, je trouve.




C'est con, si j'avais su, j'aurais créé un blog clipesque, j'aurais pu être feignasse du blougging à plein temps. Parfois, on se rate, je te jure. En même temps, avoue, si je faisais pas du post à rallonge avec une seule image en 873 lignes pour meubler, tu serais pas là, hein ?




Cette "vidéo" qui n'en est pas une et qui fait juste un peu de promo en ces temps de désert culturel, je la mets en fait juste pour faire un constat un peu déprimant : alors que je possède déjà les deux premiers best of de la Madone (The Immaculate Collection et Greatest Hits Volume 2) (dis-moi que tu connaissais ces deux titres, ça me fera un petit plaisir) (sinon, tu sors) qui contiennent exactement les mêmes chansons que ce futur Celebration (sauf que ce dernier contiendra aussi des chansons de ses trois derniers albums) (que j'ai aussi)...



bah je suis sûr que j'achèterai quand même celui-là.













(Trois achats pas du tout dispensables)




Dinde et fataliste, la combinaison mortelle du bourbier consumériste.

20.8.09

Video Week






Bon, il y a parfois des semaines thématiques chez les gens, chez les blougs, toussa.




T'as qu'à prendre un exemple intéressant, genre moi : la semaine dernière, c'était ma semaine du chapeau, et j'ai porté mon chapeau contre vents et marées, même quand on me jetait des pierres, parce que les principes, c'est hyper important. Et le principe de cette semaine là, c'était la semaine du chapeau. Épicétou.












Je peux être très distingué.






Bah cette semaine, c'est tout pareil.







Sauf que c'est la semaine de la vidéo que je t'inflige.






Oui, c'est la Video Week, au moins aussi cruciale et nécessaire que la Fashion Week.






Mais la vidéo à message, hein, la vidéo à portée politique, pas la simple vidéo "j'ai rien à dire alors je meuble avec une vidéo".












Nan.




Pas mon genre, tu me connais.





Nan, donc, puisque cette vidéo dit plusieurs choses :




- Elle dit : Vas-y, FabulousF., contourne la censure du pays du riz cantonnais (je vais finir par être à court d'expressions culinaires pour éviter de taper les mots qui fâchent) ! Tu as loupé le zizi d'Osmany, mais celle-là tu vas l'avoir !




- Elle dit : Rihanna est toujours vivante. Musicalement, j'entends. C'est que ça faisait six mois (en gros, depuis qu'elle a servi de punching ball à son keum) qu'on ne l'avait plus entendue avec un truc nouveau. Et six mois, en timing rihannien, c'est énorme. T'as qu'à voir à quelle vitesse elle enchaîne les albums et les sinegueules depuis 2005. Ici, ce n'est qu'un sinegueule de Jay-Z où elle apparaît en guest avec Kanye West, mais c'est déjà ça.






- Elle dit : y'a pas à dire, c'est bien produit, du Jay-Z.






- Elle dit : méfie-toi, ce truc-là, dans un mois c'est partout sur nos radios et dans nos iPud (comme d'hab', quoi).




- Elle dit : ce pourri de Vinsh, il a jamais rien à dire, heureusement que les gens de la musique bossent, eux, et que de temps en temps il accroche à l'esthétique d'un clip, sinon il laisserait son bloug moisir pendant des jours et des jours comme le contenu de son frigo.





Navré, mes enfants, mais j'ai beaucoup de boulot en ce moment, tu sais...

18.8.09

Tu veux mon zizi ?

Os-Machin - Mon Zizi from Pingoo on Vimeo.







Encore de la vidéo ?




Ouais, encore. Deux jours de suite, mazette, le mois d'août commence à engluer mon cerveau et ma motivation, que tu sais pourtant légendaire, forte et virile comme un JCVD sous viagra ET stéroïdes anabolisants...





Bref.





Pour une fois, je vais faire court et m'abstenir de commentaire.





Juste, pour ton info, j'ai vu la scène en vrai (j'étais planqué au fond du public conquis, à ricaner dans ma barbe avec la Lilibuzz), et c'était aussi drôle que ça en a l'air.





Evidemment, les vidéos sont aussi et surtout chez Alexiane et Os-Machin, et la reprise spontanée a déjà commencé...




Wait and see, mais je te le dis, moi, Francky Vincent n'a effectivement qu'à bien se tenir !

17.8.09

La Pop-Pouffe d'août






Bon, on va essayer de faire comme si de rien n’était malgré le traumatisme, vu que ce ouikène il a bien fallu que je me rende à l’évidence : je supporte très bien la présence des bébés, en fait.






S’ils sont silencieux.






Et très petits.






Et qu’ils sont sortis du fondement d’une copine que j’aime beaucoup.






Bref, des conditions restrictives qui font que ce n’est pas tellement un drame que je sois resté gaga devant une miocharde de deux mois et demi pendant mes deux journées normandes. Donc pas la peine de me pourrir ma réput’ de mec qui peut pas saquer les mômes, ok ?







Passons donc, comme si de rien n’était, disais-je, à la ligne éditoriale classique du bloug. On est mi-août, ou à peu près, donc l’heure de la pop pouffe, ou à peu près.







Pas la peine d’aller chercher trop loin, le come-back clipesque du mois, il est là… Et c’est un peu un pétard mouillé, mais bon, ça n'a pas d'importance en fait.












Shakira, donc, la Pop-Pouffe du mois, qui qui c’est ?











(Bonjour le niveau culturel, ici)





Euh, bah puisque tu vivais en Sibérie orientale dans une grotte sans télé ni radio pendant les sept dernières années, on va commencer par te dire welcome back à la civilisation, hein, et pis je vais te résumer le CV de la volaille.






Alors Shakira, en deux mots, c’est le hold-up de ce début de XXIème siècle sur la pop mainstream.





Ne cherche pas à comprendre le phénomène sous un angle social ou affectif, tout est calculé au millimètre près et rien n’est spontané dans l’ascension inexorable de cette vraie fausse bomba latina. Je dis vraie fausse car elle est à la fois plus latina qu’une Jennifer Lopez ordinaire et bizarrement moins latina qu’une Eva Mendes qui sert de caution bomba latina aux films hollywoodiens de seconde zone. Ce doit être à cause de sa teinture blonde…




En gros, la Shaki, elle s’est farcie une décennie de fructueuse carrière dans le tiers-monde (ah, pardon, on me souffle dans l’oreillette que l’Amérique du Sud n’est pas le tiers-monde, sorry) avant de se dire : ras-le-bol des pauvres, allons voir les amerloques, ils ont plus de blé.




Elle a donc teint ses cheveux en blond platine über vulgaire histoire de se la jouer Christina Aguilera (qui, je le rappelle, joue aussi sur ses racines latines histoire de ne pas passer pour une simple poupée gonflable du Mississipi) et a appris l’anglais, histoire d’appâter le chaland texan. J’te rappelle qu’aux Etats-Unis d’Amérique, point de salut pour la culture pop en dehors de l’anglais (à quelques exceptions près, évidemment) (mais globalement, un film ou un alboum de mousique en langue étrangère, bah ça marche bof bof).




Le plan machiavélique est lancé, et en 2002 (enfin, fin 2001, plutôt, mais l’exploitation se fait surtout sur l’année 2002) (bref) (arrête de m’embêter avec des détails), la Shakira sort Laundry Service, l’album de la maturité, contenant uniquement des earworms à haut potentiel sinegueulesque qui, pour la plupart, seront matraqués en radio jusqu’à ce que tu kiffes ta mère.





Le clip de Whenever, wherever est cheapissime, mais la mélodie est efficace et la chanson ne quitte plus le sommet des charts mondiaux (il faudra un come back d’Eminem pour la déloger). Pourtant, à la base, la flûte de pan à la façon des faux indiens qui chantent à la station Châtelet en tenues traditionnelles alors qu’ils vivent dans une maison en dur à Levallois, c’est pas trop ma came, comme pourrait le chanter Carla B.





Mais la mayonnaise a pris, trop tard : Shakira est devenue star internationale, il n’y aura désormais plus grand’chose à faire pour effacer ça. Ne reste plus qu’à capitaliser sur les autres chansons de l’album (Underneath your clothes, The One) pour assurer le maintien des ventes, revenir avec un album en espagnol pour rappeler qu’elle est bien colombienne, faire un double album anglais/espagnol en 2005-2006, chanter la chanson de la coupe du monde de foot, faire un duo avec Beyoncé… Bref, lancer la mécanique de la conquête du monde.








Ainsi, quand on revient en 2009 pour un come back étincelant, on n’a pas trop de pression : on n’a plus grand’chose à prouver à ses détracteurs. De toute façon, de détracteurs il n’y a plus, et il n’y a probablement jamais eu. Shakira occupe un créneau qui était à prendre : la bombe latine à carrure internationale qui vit vraiment en Amérique latine (et qui ne se contente pas de banalement venir du Bronx ou de Brooklyn avec sa famille d’immigrés de deuxième génération) (trop has been).





A son émergence correspond le lent déclin de Jennifer Lopez, qui certes semble désormais se ficher de sa carrière musicale comme de son premier jean taille basse avec Juicy écrit en strass sur les fesses, mais qui a quand même fait quelques albums passés bien inaperçus ces dernières années.





Donc, la pression, Shakira ne l’a pas trop, lorsqu’elle revient avec, devinez quoi, un sinegueule décliné en anglais et en espagnol : Loba / She Wolf. Et c’est vrai que la prestation est plutôt quali, quoique vachement moins calibrée "pop latine" que ses précédents forfaits.






La voix si particulière est là, le sens de la choré aussi (sauf à la fin où elle tente un faux haka genre All Blacks pour dindes). Visuellement il y a un univers, même si ce n’est pas une superproduction, le corps ondule énergiquement et les tenues sont affriolantes. Comme pour prouver que, la trentaine désormais passée (date de péremption de la pop-pouffe éphémère), on peut encore assumer le body couleur chair qui suggère de loin la nudité et la combi noire qui dévoile la cuisse galbée et la fesse ferme. Merci du rappel, Shaki.










Sharon Stone, sors de ce corps.







Bref, c’est pop pouffe à souhait, comme toujours, et à la cinquième écoute on finit par trouver ça objectivement réussi (même si le refrain est vraiment naze). Je ne sais pas si ça cartonnera autant que les sinegueules précédents. Mais est-ce bien important tant que le monde continue à crier au génie et que les tournées font salle comble ? Non, ma bonne dame. Tant que le créneau est libre, Shakira est tranquille : la bomba colombienne impeccablement produite pour inonder les ondes FM, c’est bien elle.

14.8.09

Les grands maux de la Grande Moe




Aujourd'hui, c'est séquence pub.





...






Ah, Go*gle Analytics me signale que tous les lecteurs sont barrés. Ouais. Les trois.






Je continue quand même ?







Je continue quand même.









Inspiration, quand tu (ne) nous tiens (pas) !







Certaines personnes insinuent que je me plains... Genre !






N'importe quoi, eux.






Bon, évacuons cette polémique stérile, je ne me plains jamais, je suis un être angélique à la patience tellement affutée que jamais je m'énerve et même pas je transpire des aisselles. Mes aisselles sont tellement parfaites que je suis sûr que tu les draguerais si tu les rencontrais en boîte.






...





On en était où ?





Ah ouais, donc, je ne me plains pas (je constate, comme l'autre) : mais c'est vrai que la blougosphère se meurt de sa paresse estivale comme une fourmi sur laquelle on écrase sa clope pour rigoler (tu fais pas ça toi ?) (rhoooooo, me regarde pas comme ça, je fume pas, d'abord !).



Vise un peu :




Crevette est en pause.


Gauthier est en grève.


Misterbitch fait des clips au lieu de bloguer.


FabulousF. est censuré au pays des nems.


La Figue pourrite est en stand by.


Alexiane s'offre des looses au Scrabble.


Violette est en pré-menstruation.


Sonia est trop occupée par les colombes du Cousin Mimine pour traînasser sur le ouèbe.


La Princesse Pue-du-cul a disparu de la circulation, probablement enlevée aux abords d'une forêt enchantée où un manant quelconque a dû la délester du peu de chasteté qui lui restait.




...







Bref, j'arrête là, c'est trop d'accumulation de degré zéro de la prose, tout ça (enfin de la motivation, surtout) (le rosé au bord de la piscine, ça attaque), je vais pleurer chez ma grand-mère et me mettre à regarder mes VHS de Vivement Dimanche prochain, si ça continue.











Heureusement, au milieu de tout ça, il y a quand même des irréductibles.







Et même...







Du nouveau.







Tu as peut-être remarqué, dans ma blougroll (enfin moi j'ai remarqué, en tout cas), il y a une petite nouvelle, depuis deux jours. En l'occurence ma pote Moe, qui te propose tout un programme : les Grands Moe.





La bougresse officie dans le domaine de la finance (boooooouuuuh, jetez-lui des pierres) et manipule déontologiquement les milliards comme Jérôme K. manipulait frauduleusement les roubles : avec la confondante naïveté de notre douce génération de jeunes diplômés avides de faire de belles choses...



Mouais, on fait ce qu'on peut, à nos âges, pour bosser dans un bureau avec cafetière Nespressu incorporée, hein.






Mais ce n'est pas vraiment de boulot qu'elle parle (sauf dans les passages où on comprend rien).





En vrai, à la base, elle est blogueuse depuis deux siècles, puisqu'elle avait une newsletter d'humeur et de réactions plus ou moins épidermiques, destinée à une poignée de privilégiés (et que même pas elle m'avait mis dans sa mailing list) (connasse)... Mais bon, voici venu le temps de partir à la conquête d'une plus large audience qui, j'en suis sûr, ne manquera pas d'arriver sur son bloug à coups de requêtes Go*gle de type "Nietzsche à poil" ou "sodomie et bovarysme".





C'est tout le bien que je lui souhaite (ça vaut bien la célébrité de Shauna Sand), en tout cas.






Alors autant te le dire, je suis fan de sa plume complètement allumée, donc tu me fais plaisir, et comme d'hab' quand j'essaye piteusement de faire de la pub à un bloug que j'aime bien, tu vas lui rendre visite, tu rigoles un coup et tu t'inscris au casting de Moundir, l'aventurier de l'amour en hommage à Lady Moe...





Bon, ok, l'inscription au casting, je ne te le demande pas à chaque fois, mais il faut aussi s'adapter aux occasions. Cela s'appelle l'opportunisme conjoncturel, un concept pour temps de crise.





Pendant ce temps, moi, je me barre en ouikène avec, justement, ladite Lady Moe, le GG et quelques autres joyeux lurons pour deux jours de folaïe à (boire, bouffer et cuver) bronzer et s'oxygéner l'esprit loin de Paris.





Moi aussi, je me mets en stand by estival.






Prout.

12.8.09

Il Cretino




Salut, c'est Claire Chabitch !






Bon, c'est pas qu'on s'ennuie mais de quoi qu'on cause, en blougosphère profonde, en ce beau jour d'août où, il faut bien l'avouer, on bulle ferme en faisant traîner ses deux tâches de la journée ?





Bah de rien, tiens.






Je boude.






Y'a personne qui commente, y'a personne qui écrit, il se passe rien de chez rien. Je t'ai déjà dit que sans prompteur j'étais bonne à retourner bosser sur France Truie Auvergne, bordel ! Et bah mon prompteur, c'est toi.







Histoire de t'inspirer du post à haute valeur ajoutée intellectuelle, je sais pas, moi, regarde la télé, va au cinoche, essaye d'entrer au Dépôt en étant vaginalement équipée, fais du kite surfing en string avec Kamel Ouali, surprends-moi, quoi !




Bon, allez, quand même, je fais un petit effort, histoire de montrer l'exemple. Mais excrément alors, reviens donc de tes vacances en Corrèze, y'en a qui bossent et qui dépérissent, ici !



Hier soir, comme on est vaguement intello hype mais pas trop et qu'on est un peu fauchés donc toujours à l'affût des plans estivaux qui font genre "j'ai une vie sociale et j'essaye d'exploiter les possibilités offertes par Paris, moi qui me plaignais qu'il n'y avait rien à faire en province lorsque j'y habitais" (le genre à rallonge), nous nous rendîmes, frais comme des gardons et dispos comme le wonderbra de Cathy Guetta à six heures du matin, à La Villette.





"WHAT ? LA VILLETTE ? Mais c'est la zone !!", entends-je au fond de la salle.





Nan, ta géographie parisienne a besoin d'un coup de Swiffur, laisse-moi te le dire : La Villette, certes c'est le nord est de Paris, mais comme Belleville, ça peut occasionnellement virer à l'oasis bobo. Tu me connais, je ne suis pas du genre à m'aventurer dans les arrondissements à deux chiffres sans prétexte sérieux, bordel à queue.





Donc, quoi donc qu'on faisait ?





Bah on a pique-niqué en terre faussement champêtre pour fêter l'anniversaire de la grosse Macha, et à 22h on a vu un film.





Parce que La Villette, l'été, c'est aussi chaque soir le cinéma en plein air, et c'est drôlement chouette.






On s'était promis, l'année dernière, d'essayer d'y passer un soir pour voir ce que ça donnait. Finalement on aura attendu un an avant de remuer nos cellulites et autres ceintures lourdes jusqu'au carré d'herbe qui fait salle de ciné.



On a vu ça :








Et c'était fort bien, ma bonne dame, dans le genre film italien des années 60 avec du frimeur, de la voiture décapotable, de la jolie pépée et un soupçon de satire sociale. Je n'avais jamais vu de film de Dino Risi.





Même que le regretté Vittorio Gassman était dangereusement mon type en 1960. Vachement plus que son fils Alessandro. Les trentenaires sont la meilleure raison de vieillir quand on est dans la vingtaine, moi je dis.




Ou pas.




Mais bon, c'était point le propos.





Donc cet été, comme tous les étés, et jusqu'au 16 août (en fait, jusqu'à dimanche), il y a des films en plein air à 22h juste à côté de la Halle de la Villette, là où il y a plein de gens qui pique-niquent et qui picolent en loucedé devant des vieux films. Et ça, tu peux pas le faire au cinéma. Tu peux aussi enlever tes chaussures et puer des pieds tranquilou, faire des "oh" pendant le film, manger, piquer un somme, jouer avec ton téléphone, sans gêner personne.





En plus, le thème de cette année, c'est "les traversées" : les voyages, les road movies, les parcours métaphoriques, la bougeotte, l'envie de partir, la rencontre de l'inconnu...







Bref, ça me rappelle que j'ai envie de vacances. Ce qui est à la fois grisant et déprimant. Mais c'est un chouette thème quand même.







Nan, vraiment, c'est sioupeur, le cinéma en plein air.






Juste un conseil, si tu y vas et que, comme moi, tu ne réfléchis pas trop souvent et que ton cerveau ne te sert qu'à diffuser les messages basiques de tes connexions nerveuses (genre "j'ai faim", "j'ai sommeil" et "tiens donc, elle brûle, cette plaque électrique") :







...







Pense à prendre un pull.

10.8.09

Old Sluts : Phili Connors (1993)





Comment ça, les old sluts ne sont pas que des femmes ??





Bah nan, qu'est-ce que tu croyais, malheureux ! C'est vrai qu'on a un peu l'impression que je ne m'intéresse qu'à Britney, Rihanna, Madonna, Nelly, Beyoncé, Nicole, Julia, Jane, Cher, Meuwahia...





Mais c'est un mauvais procès, je m'inscris en faux, votre honneur.





Évidemment qu'il y a eu aussi des mecs, dans la fiction ou dans la chanson (ou même dans la vraie vie, mais bon, depuis quand on parle de la vraie vie sur le ouèbe, hein) (ah non, pardon, je confonds avec la télé), qui ont su marquer ma jeunesse et ma culture d'énarque sur le retour.





Et je parle pas de ceux que j'avais inconsciemment envie de me taper, hein.






Donc, Old Slut du jour : Bill Murray dans Groundhog Day (traduire par Le Jour de la Marmotte) (ou comme l'ont fait les traducteurs professionnels, par Un jour sans fin).





Pourquoi lui ? Parce que Phil Connors, quoi !









1993, j'avais huit ans et12 de Q.I (j'aurais pu faire Secret Story), et voila-t'y pas que cet espèce de gros blaireau de classe internationale devient mon héros !





Pourtant, pas cool au départ, le garçon : si tu te souviens bien de l'histoire (moi je m'en souvenais mal), Phil était présentateur de la météo sur une chaîne locale à Pittsburgh et devait se fader la présentation du jour de la marmotte à Punxsutawney, en Pennsylvanie. Pourquoi le présentateur de la météo doit-il aller faire semblant de s'intéresser à cette fête au saucisson ? Parce que si la marmotte est bien réveillée et sort de son trou en faisant la tronche qu'il faut (en gros), alors l'hiver va vite se terminer et le beau temps va revenir. Mais Phil Connors, se coltiner la fête à neuneu à Plouc-City loin de tout chaque année, ça le gave (certes, c'est le trouduku des Etats-Unis, mais c'est quand même le trouduku du oueurld ouaïd pas ouèbe). D'autant que la marmotte mascotte de cette riante tradition se nomme Phil également. Bonjour le chambrage à deux balles.





Le soir venu, pas de bol pour Phil, toutes les routes sont bloquées par la neige, il est coincé à Punxsutawney (qu'est-ce qu'il est chiant à écrire ce nom, ma parole, faudra que j'essaye de le taper au clavier sans me relire un soir où je serai imbibé)... La mort dans l'âme, il se décide à rester dormir une nuit de plus dans son Bed & Breakfast miteux.




Et le lendemain matin, encore moins de bol pour Phil, il se réveille... le même jour que la veille, revivant exactement la même journée, entendant la même émission sur son radio réveil, croisant les mêmes gens, trébuchant sur les mêmes obstacles, et se coltinant le même jour de la marmotte. Et pareil le lendemain. Et le lendemain. Et encore, et encore, et encore.





Bon, t'imagines bien que les questionnements métaphysiques qui en découlent, à l'époque, ils m'échappaient (j'avais 12 de QI, je te dis) (tu suis ou bien ?). Aujourd'hui, ils me dépriment. Je te déconseille ce film, en fait.





Mais Phil Connors, il était vachard comme j'aime bien aujourd'hui, et c'était un peu mon tout premier héros de film pas vraiment gentil (voire un peu vicelard et profiteur), et je l'ai surkiffé. J'ai dû voir la cassette vidéo une trentaine de fois avant de passer à autre chose.







Depuis, Bill Murray fait des films hype avec Jim Jarmusch et Sofia Coppola, Andie MacDowell (apparemment la it girl bonnasse du début des 90's) est mannequin vieille pour L'Oréul, et le réalisateur du film, Harold Ramis, a réalisé des daubes et va sortir mercredi prochain un film qui s'appelle L'an 1 : des débuts difficiles (Parce que Year One comme en V.O ou juste L'an 1, c'était trop court, comme titre).





Ouais, bon, et la morale de cette histoire passionnante ? Y'en a pas, mais il y a un petit constat : quand on est petits, il y a un héros de fiction qui réussit à nous sortir de la torpeur des Winnie l'Ourson et autres héros trop gentils et trop niais, et ce héros, on lui doit un peu de la grosse LDP qu'on a réussi, par bonheur (ou pas), à devenir.




Bah moi, ça a été Phil Connors.

7.8.09

R.I.P. John Hughes







Alors là, mes enfants, je suis hyper tourneboulé depuis ce matin, tu sais.





John Hughes est mort. Et, comble de l'hébétude, personne autour de moi ne semble s'en soucier. Du coup, j'ai l'impression de ressembler à un fan de Michael Jackson le 26 juin dernier, sauf qu'il n'y a personne autour de moi pour compatir à coups de "ah ouais, c'est dingue" et de "oulala, j'arrive pas à réaliser"...




Nan mais John Hughes, quoi !!



Tu peux me dire ce que tu serais devenu si tu n'avais jamais vu Maman, j'ai raté l'avion, toi ?? Et Beethoven, c'est du boudin ?




(ah oui, c'est du boudin, pardon)...





Et plus encore, mais tu ne t'en rends pas compte, c'est John Hughes qui a créé les stéréotypes adolescents que tu as pu voir dans tous les teenage movies et séries débiles que tu kiffais comme une grosse collégienne (que tu étais) dans les années 90 : d'une certaine manière, Sauvés par le gong, Code Lisa, Parker Lewis ne perd jamais, les American Pie, les Elle est trop bien, les Buffy, Daria, The Faculty, etc., c'est indirectement à John Hughes que tu les dois !







...







( qui a dit "Ah, bah c'est pas une grande perte, alors" ??? Je dis sacrilège !!! Tu sors, impie !)








Car par le truchement magique et superficiel de quelques comédies cultes (et aujourd'hui totalement oubliées), parmi les premières du genre, il a imposé les archétypes de teen movies qui t'ont permis de croire, au collège, que le lycée et/ou la fac, ça allait être super cool. Le nerd, la prom queen, le rebelle anarchiste, le sportif de service... : la réduction du monde des djeunz selon John Hughes.







Tu ne te souviens pas, par exemple, de Sixteen Candles :









Ni de Ferris Bueller's Day Off (ou comment Matthew Broderick a existé avant de tourner des navets genre Addicted to love, Inspecteur Gadget ou Godzilla puis d'épouser Sarah Jessica Parker) :







Ni de Pretty in Pink (ou pourquoi les rousses ont le droit de porter du rose) :








Ni de Breakfast Club (et sa chanson culte que tu connais forcément):







Ni de Weird Science (ou comment Code Lisa a d'abord été un film, avant d'être une série qui a super mal vieilli) :





...




Bon, bah moi, j'en ai vu la plupart. Je suis un peu un nerd, il faut dire.





John Hughes a aussi lancé plein de carrières éphémères ou plus ou moins ratées (Jennifer "Dirty Dancing" Grey, James Spader, Matthew Borderick...).







Quintessence du genre : Molly Ringwald, l'actrice qui a eu du flair, puisqu'elle a, suite à ses films avec le grand John, refusé : le rôle de Vivian Ward dans Pretty Woman (Julia Roberts), le rôle de Molly dans Ghost (Demi Moore) et le rôle de Sidney Prescott dans Scream (Neve Campbell)...







Une vraie visionnaire, quoi.






Bref, si Molly Ringwald avait été moins gourde, on aurait aussi pu dire que John Hughes avait découvert l'actrice la plus populaire des années 90. Ou pas, en fait.






Alors, certes, par la suite, John Hughes a réalisé / produit / scénarisé des nanars sans noms (je n'aurai pas l'inélégance d'en citer) (mais bon, Flubber, quand même...) (et pis Les Visiteurs en Amérique, aussi...) (bouh, jetez-lui la pierre, Pierre). Mais avec sa mort, c'est un peu de ton enfance qui s'en va, lecteur. Et un peu de ta culture ciné qui perd son papa.






Je sais pas toi, mais moi ça m'angoisse.






Je retourne regarder Denis La Malice, tiens...

6.8.09

Manu Joucla et Eric Massot s'engagent... presque ! au Petit Palais des Glaces



Remets-toi de tes émotions, lectorat ! On ne va pas faire grève pendant une semaine au motif que je t’ai épuisé avec mon dernier post à rallonge, nan ?















Youhou ? Y’a encore quelqu’un ?







Pfff, ‘sont tous partis, ces nazes…







Ok, tant pis. Pour ceux qui restent (mais si Marine, je t’ai vue) (elle va être belle, la rentrée, si tu passes l’été à traînasser sur le ouèbe, tiens) (n’importe quoi, toi), parlons culture. "Encoooore ???". Ouais, encore. La culture mainstream, c’est fondamental. Si t’as pas compris ça, t’as rien compris.







Et donc, de quoi qu’on va causer ?












(consterné)






Tu lis même pas les titres, en fait.







L’autre jour, avec les jeunes cadres dynamiques qui me servent de potes en attendant que je sois assez riche pour m’acheter des comédiens à qui je ferai subir des opérations de chirurgie esthétique pour qu’ils ressemblent aux héros de Dallas (ou de Dynastie) (j’hésite encore), on s’ennuyait ferme sur le ouèbe. Normal, me diras-tu, on est des jeunes cadres dynamiques, c’est un peu notre boulot de pourrir nos Fessebouc et nos boîtes mail en attendant de faire une dépression et de chercher un sens à nos vies en allant construire une ferme pédagogique en bouse au Togo.






Ouais, bon, ça va bien, le faux sentimentalisme anti-capitaliste, qu’est-ce qu’on racontait donc ?







Bah on se disait qu’on allait pas assez au théâtre, et que pour des aspirants CSP++ wannabes comme nous, bah c’était fort dommage. Rien que samedi dernier, en soirée mondaine, on avait rien d’autre à se raconter que nos histoires de boulots, il a fallu péter le menton du Meilleur d’entre nous pour animer un peu la soirée. Bonjour la déchéance sociale.







Alors on a vachement hésité. Il faut dire qu’en se moment Danièle Gilbert fait la grève des animations d’hypermarché, et que pour gagner son pain elle joue dans une pièce de théâtre qui s’appelle Presse Pipole.




Moi, je dois dire que ça me faisait rêver (tu me connais), parce que finalement, au-delà de La Ferme Célébrités (qui doit revenir en Afrique d’ici la fin de l’année, si j’ai bien suivi) (en l’occurrence, je suis pas sûr que la caution "c’est dans les vieux pots qu’on fait la meilleure soupe" soit aussi évidente pour La Ferme que pour le recyclage du Juste Prix, mais bon)… bref, donc, je disais (il faut que j’arrête les parenthèses) (ou pas) qu’au-delà de La Ferme Célébrités, Danièle Gilbert c’est une animatrice que j’ai toujours trouvée fort marrante quand je l’apercevais à la télé. La légende urbaine veut que ce soit une vieille peau de quatre-vingt-dix balais, genre Régine, mais elle n’a pas l’air si liftée que ça. J'ai jamais vu de près les photos dénudées qu'elle avait fait dans les années 80 pour se racheter une image moins cruche dans le magazine Lui, mais rien que la démarche, je trouve ça funky. Et pis revoir son brushing 70’s (hyper trendy, d’ailleurs) dans les bêtisiers qui reprennent ses grands instants de solitude à l’antenne, c’est un vrai bonheur. Bref, tu l’auras compris, Danièle Gilbert (nue), j’adore, j’adhère… au concept, au moins. J’ai donc milité sec en sa faveur.






Mais bon, personne ne m’écoute, je suis un être incompris, alors la chaîne de messages a décrété qu’elle était plus puissante que ma seule volonté (je croyais pourtant que le ouèbe, c’était la théocratie) (ah, mais on me souffle à l’antenne que Dieu, ce n’est pas moi mais Go*gle), et finalement on est allés voir…










Manu Joucla et Eric Massot s’engagent… presque ! au Petit Palais des Glaces.






Je vais t’avouer un truc : au-delà du fait qu’aucun de ces deux mecs n’est Danièle Gilbert (même en louchant dans le noir), j’étais un peu sceptique avant d’y aller.






Déjà, les deux sont des anciens des Nous C Nous. Je sais pas si tu te souviens des Nous C Nous, mais c’était une troupe d’humoristes découverts par Graines de Star (l’ancêtre de la Nouvelle Star, programme dont l’avènement sonna la mort de la carrière de Laurent Boyer [nu] sur la six)… Et les Nous C Nous, sous leurs dehors de boys band comique, ils me soûlaient plus qu'autre chose (mais pas trop non plus) (parce que j'évitais de trop m'exposer à leurs sketches) (je t'ai déjà parlé de ma phobie des groupes de mecs ?).





Bref.






Si tu regardes ce qui reste de Graines de Star aujourd’hui, bah tu t’aperçois qu’en fait c’était un plan à peu près aussi foireux que de gagner la Star Ac’ en 2005, ce truc.


Les Poetic Lovers : portés disparus.

Jenifer : éliminée et imposée par la chaîne rivale quelques années après.

Alizée : en voie de has-beenisation façon Mireille "je n’ai de fans qu’au Japon" Mathieu.

Grégory Lemarchal : bon bah c’est politiquement incorrect de le rappeler, mais il est quand même décédé, ce malheureux garçon.

Nâdiya : euh, amie ennemie au fil de la mélodie ?

Sandy Valentino : Pooooourquoi pourquoi tout ça n'arrive qu'à mooooouaaaaa, et pourquoi est-il tombé sur mooooouaaaaa ?...

Tilly Key : qui ça ?

Eve Angeli : au secours…



...




Bref, Graines de Star, avec le recul, on ne la remercie pas trop.





Et les Nous C Nous, donc ? Bah la troupe est dissoute, à l’époque elle me faisait moyennement marrer, mais elle a livré à la postérité un certain Jean Dujardin, comédien plein d’avenir qui construit peu à peu son trou dans le cinéma d’auteur français un peu confidentiel. Et Bruno Salomone, aussi, dont le sketch pas très drôle du cochon dinde devait, pour la postérité également, pourrir mon année de troisième.







Re-Bref, en résumé du résumé, pas un souvenir impérissable, les Nous C Nous.







Et Manu Joucla et Eric Massot ? Bah ils ont l’air de ramer un peu plus que leurs potes, mais ils se donnent toujours à fond sur scène, même dix ans plus tard, les petits, et c’est assez stimulant.






Bon, je craignais un peu leur spectacle, donc, à cause du lourd passif Nous C Nous, et aussi un peu à cause d’un article d’Alexiane qui sous-entendait gentiment (parce que c’est une fille terriblement gentille) (écoutez, Thérèse, je n’aime pas dire du mal des gens, mais effectivement elle est gentille) que c’était pas über drôlissime de sa race qui déchire, au final.






Je suis assez d’accord avec elle, après avoir laissé passer une nuit de sommeil là-dessus, pour dire qu’il y a comme un semblant de climat "GO du Club Med" dans l’humour de ces deux garçons. Avec tout ce que cela implique de défauts (certaines blagues un peu faciles) et de qualité (un public vraiment cool, bon enfant, et une impression générale d’avoir passé un très bon moment, parce que la sincérité et la simplicité de Joucla et Massot ne peut qu’emporter l’adhésion).







Alors voila, j’ai globalement passé un très bon moment, j’ai vraiment rigolé à gorge déployée, et avec mes potes on a convenu qu’on se referait des soirées théâââââtre parce que c’est drôlement cool d’aller à la rencontre de comédiens comme ces deux-là.





Le problème vient surtout du fait que, si j’y réfléchis, j’ai du mal à resituer un sketch ou un gag précis que j’aie trouvé marrant (tu sais, comme quand on reparle d'un spectacle après l'avoir vu, et qu'on dit "ah ouais, et tu te souviens du passage sur la coiffeuse ? rhaaaaaa, excellent [rire gras] !" : bah là, presque rien). J’ai par ailleurs trouvé le spectacle un peu court (bon, ok, c’était annoncé, mais une heure vingt, ça fait un peu light) (le spectacle aurait gagné à durer un ou deux sketches de plus) (et à en raccourcir un ou deux de ceux qui existent)… Enfin, j’ai plus été marqué par les blagues que je trouvais un peu faciles ou déjà entendues que par celles qui m’ont fait rire comme une baleine (au passage, si quelqu’un sait d’où vient l’expression rire comme une baleine, je suis preneur).



...





Euh, je sens que je te le vends mal, là, mon pestacle.






Bon, en gros, en termes d’écriture, c’est peut-être améliorable mais les événements s’enchaînent bien et sans temps mort (s’ils font un nouveau spectacle, j’irai le voir avec plaisir). En termes de mise en scène, c’est assez simple (on est dans une petite salle) et c’est très bien comme ça. En termes de personnalité des comédiens, c’est plus difficile à évaluer : ils sont diablement sympathiques et mettent clairement l’ambiance dans la salle (le côté "GO"), et on a un peu l’impression de voir deux potes à nous qui se démènent sur scène. Et c’est peut-être là que réside le problème : si deux potes à toi font un spectacle sous tes yeux, toi, est-ce que tu aurais le courage de leur dire que leurs vannes sur Régine, sur le cannabis ou sur les banquiers, tu les as déjà entendues cinquante fois ?






Non, tu n’en aurais pas le courage (espèce de p’tite b*te, va).





Et moi non plus, je n’en ai pas eu le courage. Parce que ce spectacle, il est juste touchant, avec de vrais morceaux de bravoure dedans (dont un passage mémorable en slip) (bonjour le niveau, hein) (mais quand même, Eric Massot est bien foutu, sache-le) et une sincère bonne ambiance, et que quand tu en ressors avec tes potes toxicos qui se rallument vite vite vite leur première clope depuis 90 minutes, non, vraiment, tu n’as pas réussi à trouver ça nul.





Alors que ton côté "vieille connasse élitiste" aurait bien voulu, quand même.

4.8.09

Mind the Coming out (© Vinnie & Brice)




En vrai, mes endives, je ne vous parle pas très souvent de ma vie privée. Ça fait partie de ce qui rend ce bloug si indéfinissable (enfin, ça et sa ligne éditoriale toute pourrave, hein). Ce qui fait qu’à chaque fois que quelqu’un découvre que j’ai un bloug et qu’il/elle me demande de quoi ça cause, je réponds que euh, bah, comment dire, de plein de conneries, de sociologie des cultures païennes aux XXIème siècle et de pratiques sexuelles extrêmes avec des animatrices TV, mais qu’en fait c’est pas vraiment un journal intime, plutôt un défouloir ou une réserve de billets d’humeur, ou alors c’est juste un grand n’importe quoi, je sais pas, j’arrive pas à définir, fous-moi la paix et reprends une vodka cranberry…








M’enfin tout ça pour dire que c’est pas trop un bloug intime, quoi. Parce que bon, mes états d’âme et mes coucheries, ça ne regarde que moi, ça m’appartient, et je préfère les partager en direct live avec des gens que je connais en vrai, tu comprends ? Ça me donne une rassurante (quoiqu’absolument fausse, je le sais bien) impression de maîtrise des flux d’information qui circulent. Et même si les 9/10èmes des personnes qui passent sur ce bloug me connaissent en vrai (je parle de ceux qui lisent, hein, pas des 90 pervers qui débarquent chaque jour avec une requête Go*gle dégueu’), bah ceci est un espace public sur le ouèbe, il y a des gens que je ne connais pas qui le lisent, et aussi des gens avec qui je bosse ou avec qui je peux être amené à bosser, des blougueurs influents qui surveillent la concurrence et des agences ouèbe qui cherchent la future nouvelle star de la blougosphère (on peut rêver, hein) (quoique je suis souvent ravi de ne pas être influent) (mais tu me connais, je crache pas sur les thunes) (youhou, gentille agence de buzz, ne cherche plus, tu m’as trouvé !).



















Bref. En gros, donc, je préfère rester évasif sur ma vie privée en général, parce qu’elle m’appartient, qu’elle est déjà assez transparente comme ça et qu’elle implique des gens qui n’ont pas forcément envie de se voir exposés ainsi aux commentaires et jugements de fans érotomanes de Marie Drucker (nue).












Mais bon. Aujourd’hui c’est la fête du slip, et pis j’avais envie de vous raconter une histoire, suite à un post sur le bloug de Vinnie et Brice. Le bloug de Vinnie et Brice, je l’ai découvert il y a relativement peu de temps, et j’aime bien le concept éditorial de conversation en ligne qu’ils mettent en scène pour chaque post. Ça parle vachement de vie privée, quand même, et je dois dire que du point de vue d’un semi-parano de l’identité numérique comme moi, c’est admirable.








Bon, certes, t’as dû remarquer que j’étais homosessouel (ou alors faut vraiment que tu me dégages de tes favoris sur Netvaïbes, hein, parce que tu fais semblant de lire et que tu ne viens que pour les illustrations Ugly Betty, en fait) (vilain), mais bon, je reste quand même sobre et élégant et je ne te parle pas galipettes, j’ai des restes d’éducation bourgeoise, moi, Madame.








Ouais, bon, c’est pas bientôt fini cette intro ?







Si, si, ça va, pas la peine de t’exciter ! Si j’avais l’esprit de synthèse tu serais plus là depuis longtemps, de toute façon ! Donc, Vinnie et Brice, ils ont fait un post sur le coming out, et ils ont encouragé leurs lecteurs à en faire autant pour, potentiellement, aider du djeunz sensible qui saurait pas trop comment s’y prendre. Comme j’ai rien à dire en ce moment, que c’est la crise d’inspiration générale sur le ouèbe 2.0 et que ce soir y’a les nouveaux épisodes de Mon incroyable fiancé avec le faux coming out de Christopher le barman breton, cette proposition est finalement du pain béni, au mépris de ma praïvète laïfe (tu admireras l’abnégation et le renoncement à ses principes auquel peut amener un bloug). En plus, ce que je vais écrire est bien trop long pour finir en commentaire sur leur bloug. Alors je leur dis yes, et je dis accroche-toi à ton slip, djeunz de quinze ans un peu pédé (mais pas encore complètement pédé, hein, je sais à quel point ça rassure de se croire bi, va), laisse-moi te guider dans les méandres de mes souvenirs de jeune déviant !









Fin de l’intro. Re-Bonjour aux 3,2% du lectorat qui n’ont pas encore sauté par la fenêtre en hurlant.










Ça va te paraître bien niais, mais une partie de moi à toujours su que j’étais rien qu’un gros pédé. Une petite partie, hein, celle qu’on appelle inconscient, ou sur-moi, ou je ne sais quel terme psy que je ne voudrais pas détourner de son sens réel. Mais cela ne m’est apparu qu’assez tard, parce que je refoulais vraiment très fort cette partie de ma personne (une apparition bizarrement peu torturée, d’ailleurs) (mais on en reparlera plus tard).








Donc, quand j’étais en maternelle, pour commencer (on ne va pas essayer de remonter plus loin dans la socialisation, hein), je ne traînais qu’avec… des filles. Mais alors vraiment QUE des filles, hein. J’avais bien conscience d’être un garçon et que j’étais supposé leur tirer les cheveux et leur déglinguer leur sable doux au bord du bac à sable (tu faisais pas du sable doux en maternelle, toi ?), mais que pouic, ouais, c’était mes coupines et je les trouvais vachement plus rigolotes que les garçons. J’ai bien essayé de me la jouer amoureux d’une fille en grande section, mais j’ai rien concrétisé, et pis franchement hormonalement j’étais au niveau zéro de la testosérone à cette époque. Donc jamais la fifille en question n’est devenue mon amoureuse (mais mon regard d’adulte sur les choses y voit désormais un épisode freudien un peu tordu de ma tendre enfance) (je ne te raconterai jamais en quoi c’est tordu, par contre).




Pis y’a eu le primaire : même topo, mon groupe de copines fans de Sauvés par le Gong puis de Beverly Hills encore plus cruches que dans Totally Spies, le refus de jouer au foot, les cours de danse classique, pas de potes garçons (ou alors très peu) (avec le recul, je me demande même si je ne draguais pas inconsciemment les rares garçons auxquels je parlais) (bref), les jeux d’équipes "filles contre garçons" où j’étais le traître de service (tu m’étonnes que j’étais l’archétype de l’anti-virilité), la corde à sauter. Franchement, les gens sont aveugles, parfois, je te jure.





Le collège, ça se complique. Il commencerait à être temps que je tombe amoureux d’une fille, non ? Bon, les hormones d’adolescence commencent à me titiller (oui, même moi l’asexué de service) (je t’emmerde), je me lance dans des rapports conflictuels avec mes coupines du primaire, me fais de nouveaux amis (devine quoi : encore des filles) et jette mon dévolu sur une de ces nouvelles potes. Et là, c’est… le râteau. Enfin, pas vraiment, disons que ce qui a le plus ressemblé à une approche s’est très mal passé. Une autre veut sortir avec moi, mais je n’arrive pas à me sortir la première de la tête. Et pis un jour, je réalise que je n’ai jamais vraiment essayé de concrétiser (alors qu’on est en quatrième, merde, tous les mecs parlent de nichons, de chatte et de mouille pendant les récrés) (beurk) (oui, ça aussi, ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille : jamais eu aucune envie de parler de ces trucs-là). Il faut se rendre à l’évidence : je l’aimais d’un amour platonique, ma coupine, et d’une certaine manière aujourd’hui c’est toujours le cas, même si nos chemins se sont séparés, mais alors, vraiment, ça allait pas être possible que je cherche à la pécho en soirée.







Merde alors.








Crois-tu qu’à ce moment-là j’ai la révélation ? Bah nan, même pas. Je me cherche des excuses, j’ai idéalisé la fille, j’en ai une perception tellement pure et virginale que je veux pas me comporter avec elle comme les autres cochons de ma classe, c’est ma pote et nos rapports sont forcément un peu brouillés à notre âge, etc. Et pis je suis moche aussi, c’est normal qu’elle veuille pas de moi, lâche l’affaire, mec.







J’ai toujours été doué pour me trouver des excuses. C’est une des bases de la procrastination (fondement de ma personnalité).







La révélation, elle me vient en troisième. D’un rêve. Pas spécialement érotique, mais clairement gay (je suis un grand romantique, au fond) (même si ici, j’essaye de me la jouer grosse raclure).






Le matin, je me réveille. Je suis homo. C’est une évidence. Elle me frappe, mais ne me traumatise pas. Tout est clair désormais. Je ne le vis ni bien, ni mal : c’est un fait, je suis pédé. Il va falloir faire avec, bien sûr, mais j’ai désormais l’impression de me comprendre, et de savoir ce que j’ai à faire.









Le déclencheur, comme ce sera à nouveau le cas plus tard, est un mec. Logique. Tous les pédés ont été secrètement amoureux de leur meilleur ami du collège. Moi aussi. Pas de dramatisation à outrance de mon côté : la révélation tranquille de ma sexualité m’a aussi donné beaucoup de calme et de recul sur ma condition. Non il n’est pas amoureux de moi. Non il n’y a pas de raison de se torturer en espérant inutilement. Oui, ça fait mal. Mais il n’y a désormais plus qu’une chose à faire : attendre.







Comme avec la coupine dont j’étais "amoureux", j’arrange même les histoires de cœur de mon pote (j’suis bien con, hein ?), à cette différence près que dans ma tête c’est vachement moins platonique, pour le coup ! Hu hu. (La vérité, aujourd’hui, il projette de l’épouser, la fille dont il était question) (et je suis ravi pour eux).







Voila pour mon coming out auprès de moi-même. C'est le plus important, en fait.







Mon recul et ma froideur naturels me permettent de traverser le lycée dans un état de dépression relativement vivable (même si je savais que ce n’était pas une fin en soi, j’étais quand même un pédé placardisé dans un lycée catho de province, quoi) et d’arriver à l’université sans encombre. Comme prévu, ça fait mal mais j’oublie mon pote (mine de rien, quatre ans d’amûûr non partagé) (et non su de son côté). J’ai volontairement choisi une option qui s’est présentée à moi : me barrer à Bordeaux. 600 km me séparant de mon lycée, des gens qui m’ont connu, de ma vie d’avant. C’est comme ça que je pense être le mieux à même de tourner la page : ne pas rentrer tous les ouikènes en Seine-et-Marne, ne pas continuer à voir les mêmes gens et à sortir dans les mêmes boîtes hétéros, faire ma vie ailleurs sur de nouvelles bases.












Le bac, donc. Avant de quitter la Seine-et-Marne, il y a eu un vague flirt pendant des vacances scolaires. A peine un bisou, un vague touche-pipi, le truc naze quoi. Mais bon, ça me donne matière à me confier à ma cousine. Elle se montre hyper ouverte, m’annonce que la cousine qu’on a en commun est lesbienne (ce qui aurait dû me mettre la puce à l’oreille) (bah oui, cela revenait à me cafter le secret de notre cousine, quoi). Ah. Bah je me sens moins seul, alors. Quelques mois plus tard, toute la famille est au courant, sauf mon père et ma mère : ça s’est répandu comme une traînée de poudre, constituant même le potin de l’année dans les conversations téléphoniques avec les bourgeoises catho de la famille éloignée. Je n’ai jamais vraiment pardonné à ma cousine, même si d’autres soucis familiaux ont eu un impact plus important sur la dégradation de nos relations.







Fin de première année universitaire. Les examens sont passés, j’ai un copain. A cette époque je suis hyper heureux. J’ai mis en place à Bordeaux une nouvelle manière d’aborder mes relations avec les gens : je leur fais savoir assez vite que je suis homo (au bout de quelques jours ou semaine, selon l’occasion). Si ça leur convient, tant mieux. Si ça les débecte, tant pis pour eux (au moins, l’attachement entre nous n’aura pas été de trop longue durée, ce qui facilite la séparation). Avec mes potes de primaire-collège-lycée (oui, j’ai tout fait dans le même établissement) (mon parcours de vie est d’une linéarité déprimante), je ne pouvais pas faire ça : se bouffer une réaction homophobe d’un pote de toujours, ce doit être dur. Perso, j’ai contourné ce risque au maximum, ne dévoilant l’information qu’à ceux que je "sentais" et que j’ai continué à fréquenter, même à 600 bornes de distance… A la fac, sans le crier sur tous les toits ni m’engager dans le militantisme, c’était une donnée affirmée, non cachée. Point barre.







Bref, fin de première année, donc, j’ai des potes, une vie sexuelle, du soutien, toussa : le coming out parental est proche, tout proche, je le sais, je le sens, et surtout je le souhaite. Mais comme souvent lorsque ma génitrice est impliquée, ça va prendre des proportions drama queen grotesques. La fin de l’année étant là, Mère est descendue à Bordeaux en voiture pour me remonter en Seine-et-Marne avec mes quinze tonnes de valises (et ses trente cartouches de clopes espagnoles). Elle fait un peu la tronche parce qu’elle me sent un peu distant ces derniers temps (j’appelle moins souvent qu’au début de l’année, quoi) (normal, je sors, je bois et je baise) (fils indigne). Ce matin là, alors qu’elle soulève ma couette pour que je lève mon gros derrière de feignasse, elle hurle. Merde. J’avais pourtant réussi à lui cacher mon tatouage pendant presque un an (je suis un peu puéril) (et j’ai un peu peur de ma mère aussi). Mouhahaha. Elle n’est vraiment pas contente.





Elle fait la tête toute la journée. Le soir, chez des amis à elle (oui, elle a des amis en Gironde) (elle a des amis partout en fait) (ma mère, c’est un peu la mafia), elle me prend à part et me demande… si j’ai rejoint une secte.






WTF ???







Euh…







"Bah nan, pourquoi ?" Apparemment, je n’appelle plus aussi souvent qu’avant (ouais, enfin bon, deux fois par semaine, pour moi ça va), j’ai l’air absent, je suis bizarre, je parle tout le temps de gens qu’elle n’a jamais rencontré mais qui ont l’air vachement plus déjantés que mes potes de lycée (oui, en effet, et… ?), et à l’occasion des européennes de cette année là (2004) elle a su que je ne votais pas à droite. Bref, elle veut savoir ce qui m’arrive, si j’ai été enrôlé dans un mouvement, si j’ai été ensorcelé, si j’ai une copine, un copain, un mentor, une bande qui me menace, un dealer, bla bla bla.






Bon, moi, quand elle a émis l’hypothèse d’un copain, je me suis dit qu’elle était prête et que ça allait la rassurer… Que nenni, ma fripouille, sitôt la (bonne) nouvelle annoncée, elle s’effondre, me dit qu’elle avait déjà eu des doutes mais qu’elle n’aurait jamais sérieusement pensé… et puis elle se met à me sortir des horreurs.






Gna gna gna, poignard dans le dos, gna gna gna, j’ai raté ma vie, j’ai plus de fils, j’ai perdu un deuxième enfant maintenant, tu me dégoûtes, gna gna gna, tu pouvais rien me faire de pire, d’imaginer que tu couches avec des mecs ça me débecte, gna gna gna, aller voir un psy, c’est pas normal, ce qui est normal c’est un homme et une femme, gna gna gna, et tes potes ils t’encouragent, et le sida, gna gna gna, tu sors avec un mec plus vieux que toi parce que tu as un père absent, gna gna, tu es pervers, tu t’es fait enjôler par un vieux pervers (sachant que c’était moi qui avais dragué mon copain de l’époque en premier, en fait) (et il était pas vieux, d’abord)…






Bref, diarrhée verbale dégueulasse du parent déboussolé qui obéit à son instinct primaire de rejet / protection.






Bon, là, je dois avouer que je n’ai pas été très poli avec elle. Ce qui est une chance pour moi : elle n’a pas réussi à me faire culpabiliser, ni flancher. Hors de question. Cinq ans que je me retenais de vivre en honnêteté avec moi-même. Presque vingt ans depuis que j’avais commencé à refouler ce que j’étais. Elle n’allait pas me pourrir, la vieille. Comment pouvait-elle me sortir des saloperies pareilles, lieux communs sans aucune originalité, elle en qui j’avais tellement plus confiance qu’en mon père pour accueillir cette nouvelle. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle le prenne hyper bien (sinon je lui en aurais parlé quand j’étais au collège), mais là, j’étais scié.





Elle n'est pas très contente non plus que je me sois confié à ma cousine et que toute la famille soit au courant sauf elle et Père (ça, à la limite, je comprends, mais au milieu de tout ça c'est vraiment un détail).





La veille, les mariés de Bègles s’étaient unis (juin 2004, donc). Les potes de Mère et leurs invités s’en donnent à cœur joie au sujet de leur indignation. Je réagis un peu, mollement : je sais qu’on ne change pas ce genre de pensée quand elle est ancrée depuis des années chez quelqu’un qui a déjà trop construit et pensé sa vie selon des schémas hétéronormés. Ma mère, elle, demeure dans un silence glacial.






Après cette éprouvante soirée, je suis allé dormir chez mon copain (avec un commentaire charmant de Mère lorsque je suis parti). Le lendemain je revois Mère, elle est toujours furax. Ça tombe bien, je ne suis toujours pas prêt à transiger. J’ai reçu mon relevé de notes de première année : je passe en deuxième année, je suis assez content (quoique pas hyper surpris) (mon côté modeste) (et pis bon, j’avais bossé, quoi). Je montre le sésame à Mère "Tu crois que ça me console ?", qu’elle me répond.






On ne s’est plus parlé pendant deux mois. Ce qui ne s’est pas avéré hyper facile puisque je séjournais chez elle (bah oui, je rentrais chez mes parents pour l’été je t’ai dit). Mais ça ne s’est pas trop vu (je bougeais pas mal, et on est une famille où on ne se parle que très peu).








Quelques mois plus tard, Mère a rencontré mon copain de l’époque, ce qui l’a rassurée (c’était le gendre idéal). Entretemps, elle avait parlé de "mon cas" à mon père, qui contrairement à ce que je craignais s’en fichait complètement (il a juste tiqué parce que mon copain était un peu plus vieux que moi). Je n’ai jamais ouvertement parlé de ça avec lui, c’est juste naturel et sans gêne. Quand mon copain vient à la maison, il est charmant avec lui, lui parle et s’intéresse à ses projets. Aucune chambre d’ami n’est préparée pour mon visiteur, on dort ensemble (y’a pas de raison, mon frangin ramène des copines à la maison depuis ses treize ans, après tout). Bref, les choses se sont débloquées toutes seules. Je crois que Mère a compris que j’étais sûr de moi et qu’elle devait choisir entre m’accepter ou me zapper de sa vie.







Elle est devenue un peu ambivalente sur le sujet de l’homosessoualité : si jamais elle entend quelqu’un dans son entourage faire une réflexion homophobe, elle lui saute à la gorge, elle ne supporte plus d’entendre quelqu’un dire du mal des pédés ; parallèlement, de temps à autre, elle me demande si je ne compte pas essayer les filles un jour, genre "quand tu auras largué [ton copain]". Conn*sse. Tu crois toujours que c’est un choix, hein, et que je fais ça pour t’emmerder ? Ça fait un moment maintenant qu’elle ne m’a plus tendu ce genre de perche ridicule, je crois qu’elle a compris que c’était cuit. Hu hu. La pauvre, quand même, j'ai pas été cool avec elle (mais elle ne m'a pas laissé le choix, zéro regret, zéro pitié)...






Alors voila, petit djeunz, c’était l’histoire de mon coming out, elle n’est pas poétique et encore moins évidente, même si j’ai veillé à en sortir aussi indemne que possible : ce n’était peut-être pas la meilleure façon de procéder, j’ai peut-être été lâche d’attendre la fin du lycée pour parler de ma sexualité, j’ai probablement préféré des conditions confortables pour moi (soutien, sexualité active, copain : autant de filets de sécurité et de preuves à agiter sous le nez de mes parents au cas où ils ne me prendraient pas au sérieux)…








Mais que veux-tu, c’est comme ça, je suis un peu froid et calculateur, dans mon genre, et ces conditions m’ont permis de traverser la tempête sans plier, de faire céder les résistances de ma mère, et de me placer, aujourd’hui, à un niveau plus honnête de relation avec elle. Je ne suis pas un militant, j’ai juste essayé de ne pas trop morfler. Prends-le comme tu veux. C’est juste moi.