30.12.09

Top 40 des 2000's : n°2

n°2 : Gorillaz - Clint Eastwood (2001)









L'année 2001 est elle aussi sur-représentée dans ce classement, j'ai bien peur de ne pas savoir me modérer. Mais my god, quelle claque, encore une fois, en cette réjouissante année, que de découvrir cette perle rock alternative post hip-hop, qui semblait vouloir tout chambouler dans une pop mainstream où elle a débarqué comme par pur hasard ! Il est assez troublant, d'ailleurs, de constater comme ce morceau et ce clip ont peu vieilli.





Clint Eastwood, c'est l'entrée fracassante de Gorillaz dans le panthéon musical des 2000's, avec la surprise dont seul un premier sinegueule est capable. Basée sur un sample plus ou moins assumé du thème musical de Le Bon, la Brute et le Truand (un western que j'ai jamais vu parce que j'aime pas les westerns, connu comme un énormissime classique du genre avec Sergio Leone à la réal et Ennio Morricone à la musique, autant dire qu'ils se choisissent un acte de naissance qui claque), la chanson opère une incursion progressive, habitée (pour ne pas dire hantée) dans notre oreille. Le rythme mid-tempo est assez hypnotique, les deux pauvres accords de basse utilisés font facilement illusion grâce à la voix de jeune adulte mal dégrossi de 2D, et le clip achève d'imposer un univers fantasque et bourré de références over-cohérentes pour pas mal de vingtenaires biberonnés à la TV, aux jeux vidéos et au pop-rock. Les gorilles qui dansent la choré de Thriller de Michael Jackson ont fait date, et les clips suivants (19-2000, Rock Da House, Feel Good Inc., Dare...) se chargent de nous rendre définitivement sympathiques Noodle, Murdoc, Russell et 2D. Y'a pas à dire, Damon Albarn sait y faire en matière de groupes pop.





Accessoirement, l'album de Gorillaz est l'un des tous premiers que j'aie acheté à porter la mention ridiculement peu subversive "Explicit Lyrics - Parental Advisory (lol)", étant donné que j'avais jusqu'alors négligé les quelques passages musicaux obligés de mon âge (Eminem, Dr Dre et autres) (pas mon truc, c'est tout). C'est peut-être un détail pour moi, mais pour moi... euh, aussi, en fait.





Au final, Clint Eastwood est un sinegueule remarquable en ce sens qu'il incarne la fragile coexistence entre le rock alternatif et la pop mainstream, la haïpe et la grosse soupe FM, la démarche indé et le smash hit si insidieux qu'on le croirait involontaire : le même équilibre qui sous-tend de plus en plus les charts mondiaux, aujourd'hui.

29.12.09

Top 40 des 2000's : n°3

n°3 : Estelle feat. Kanye West - American Boy (2008)









Je l'ai déjà dit mille fois, mais je n'ai pas peur de radoter (ça se saurait, sinon) : cette chanson est l'earworm du printemps, pour ne pas dire de l'année 2008. Fais-moi croire que tu ne t'es jamais surpris à la fredonner ou à l'avoir en tête au boulot, si tu y parviens. Cette chanson est une tuerie tellement évidente que j'ai réussi à l'époque à la préférer au Papillon de lumière de Cindy Sander (autant te dire que c'était un exploit). La manière dont elle s'est imposée en télé, sur la bande FM et dans les charts en témoigne : pas de minauderie R'n'B, pas de déhanché ni de décolleté vertigineux (Estelle ne joue pas vraiment sur le côté "bombe sexuelle"), pas de méga-machine industrielle, pas de clip à 8 millions de dollars. Juste une mélodie trop efficace pour ne pas te rester dans la tête pendant toute la journée.




Ce qui est étonnant, avec Estelle, c'est qu'elle ne soit pas instantanément devenue une sorte de Rihanna enchaînant les sinegueules à succès pendant au moins quelques mois, au vu de tous les artistes à qui elle a aspiré de la sympathie et qui lui ont fait l'amitié d'apparaître dans le clip d'American Boy : John Legend, T.I, LL Cool J, Kardinal Offishall, Danger Mouse... Il y avait là de quoi faire quelques featurings made in morue bien juteux, non ? Mais depuis ce morceau de bravoure, la donzelle aux dents quadrillées par des bagues d'ado semble avoir perdu le chemin des stations de radio, ses sinegueules sont restés confidentiels. Pire encore : son retour en grâce risque de venir du One Love de David Guetta...






Bon, en attendant, American Boy reste un des meilleurs souvenir musicaux de l'année 2008, grâce à son rythme subtilement adapté au dancefloor et à son implacable efficacité pop, qui a permis à tous, et même à ceux qui détestent habituellement le harènebi, d'admettre que le harènebi n'est pas fait que de filles en poses suggestives et de shaking de booty, et qu'il n'y a que les cons qui ne changent pas d'avis.

28.12.09

Top 40 des 2000's : n°4

n°4 : Daft Punk - Harder, Better, Faster, Stronger (2001)










L'album Discovery, avec ses références disco, ses couleurs criardes, son vocoder saturé et sa house putassière dans la droite lignée de la fin des 90's (Stardust, Cassius et consorts), avait tout du coup de poker : c'était soit culte, soit ridiculisé à échelle intersidérale.






Thomas Bangalter et Guy-Manuel de Homem-Christo étant des gars très très doués, ce fut la première configuration qui survint, dans un carton instantané préfigurant le revival disco 80's qui nous tomberait dessus quelques années après. Il faut dire, aussi, qu'être ado en 2001 t'amenait nécessairement à surkiffer Discovery (après tout, trois ans avant, on avait bien acheté les sinegueules de Larusso ET de Cher, alors on allait pas cracher sur de la house un peu sirupeuse). Ces sinegueules, portés par des clips de Leiji Matsumoto (en vrai, ces clips se révéleront être des extraits du film Interstella 5555 : The 5tory of the 5ecret 5tar 5ystem, dont l'album Discovery est la bande-son), nous évoquaient forcément les Dragon Ball et autres Lucile, Amour et Rock'n'roll de notre jeunesse. L'évidence pop des mélodies, enfin, allait nous suivre pendant une bonne partie des 2000's.





Je me souviens des boums de l'époque du lycée, chez nous ça se faisait dans les granges ou les garages, ou alors dans des living-rooms recouverts de draps blancs pour ne pas saloper les buffets, pour les malchanceux d'entre nous qui étaient nés en hiver. Les couples officiels s'affichaient fièrement tandis que d'autres couples, improvisés et provisoires, se formaient dans les recoins ou les cuisines, au terme de négociations étranges. Au milieu de tout ça, je m'ennuyais ferme, en fait. Et pis il y avait les deux ou trois mecs qui avaient une table de mixage; il fallait absolument être pote avec au moins l'un d'entre eux pour ne pas avoir à se préoccuper de musique lorsqu'on organisait sa soirée. Si les invités voulaient, ils pouvaient ramener leur musique, mais il s'est assez vite avéré que ça faisait ringard de se ramener avec des CDs aux soirées. Et de toute façon nos DJs du vendredi soir avaient leur stock de musique sur eux.





Quand ils en avaient marre de végéter derrière leur platine, ils laissaient tourner une compil. Ou Discovery. Ce qui leur assurait bien une demi-heure de tranquillité. Je choisis Harder, Better, Faster, Stronger plutôt qu'un autre titre parce qu'il a réussi à avoir du succès tout en étant le quatrième sinegueule extrait de l'album, ce qui n'est pas une mince affaire quand on a été précédé de One More Time, de Aerodynamic et de Digital Love, et aussi parce que Kanye West en a fait le matériau de base de son superbe Stronger en 2007 (c'est donc un matériau de qualité) (même si Stronger a eu pour effet secondaire de parer nos rues de mecs ridicules avec leurs lunettes striées). Et aussi pour la vidéo Daft Hands. Mais en vrai, j'aurais pu choisir indifféremment un des trois autres sinegueules pré-cités, et même d'autres chansons de Discovery, mais bon, le principe ici c'est de choisir des sinegueules.





Bref, Daft Punk, alors que je te parle depuis le début de ce top 40 de french touch et de groupes qui ne leur arrivent pas à la cheville, ne pouvait qu'être dans mon top 5 des 2000's...






Demain, on entame le podium, je suis très émotionné.

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